Arnaud Desjardins

Arnaud

Arnaud Desjardins/Passeur de Sagesses


Il a rendu les traditions spirituelles orientales accessibles aux esprits occidentaux en quête de sens. Il a également fondé le premier ashram français, puis est devenu l’un des grands médiateurs de la quête intérieure.Bien qu’il ait écrit une vingtaine de livres de référence, Arnaud Desjardins se veut plutôt homme d’images : réalisateur télé pendant vingt-deux ans, ce sont sa capacité à observer le monde et son âme de journaliste qui lui ont permis de s’immerger dans les grandes traditions spirituelles.Participation aux groupes de réflexion et d’enseignement ésotérique créés par G. I. Gurdjieff, séjours en ashrams, retraite dans un monastère trappiste, périples au cœur du bouddhisme tibétain : ce fils de protestants, diplômé de Sciences Po, multiplie les expériences intérieures. Sa rencontre avec le maître indien Swâmi Prajnanpad sera décisive : cet ancien professeur de physique, au fait de l’œuvre de Freud, l’initie à la voie d’une transformation intérieure inéluctable.De retour en France, il publie ses “Chemins de la sagesse”, qui transmettent son expérience personnelle et l’essence des textes sacrés...


La connaissance de soi
Grande leçon issue de l’adyatmayoga, l’enseignement de Swâmi Prajnanpad : le fondement de ce qu’on appelle « vie spirituelle » n’est autre que la psychologie, c’est-à-dire la connaissance du mental, qui englobe pensées et émotions. Mais la comparaison s’arrête là, car si le but en psychologie est de se connaître et d’essayer de devenir ce que l’on est, dans l’adyatmayoga, on recherche la disparition de l’ego. Dans les deux cas cependant, le propos reste de mieux vivre.

L’état sans ego ou la non-dualité
Essentiel, mais difficile, car il est inadmissible pour l’homme moderne de concevoir une réalité où son individualité n’aurait plus de place. Le paradoxe est le suivant : chaque être est unique, mais chacun voudrait inconsciemment que l’autre lui ressemble, qu’il agisse en conformité avec ses désirs, donc son ego. De cette dualité naît la souffrance. Le travail consiste donc à rechercher l’unité, à ne faire qu’un avec l’univers, car l’énergie est unique. Pour cela, il ne faut pas tenter de « tuer » l’ego mais, au contraire, assumer tous ses désirs, puis réaliser que la plénitude parfaite et durable ne peut être atteinte dans cette voie. Alors, seulement, les désirs tombent d’eux-mêmes. « La disparition de l’ego consiste en une mort à soi-même tel que nous nous connaissons aujourd’hui, une mort et une résurrection déjà si totales, que la mort du corps physique n’y enlève rien. »

L’état sans émotions
Les émotions définissent l’ego. Distinguer entre ce que l’on aime ou pas est source de joies et de souffrances. La libération consiste à s’affranchir de ces réactions : une chose n’est ni belle ni laide, elle est seulement à sa place. Sans émotions, est-on encore vivant ? « Oui, répond Arnaud Desjardins, car la mort de l’ego est la véritable naissance, la découverte de ce qui est au fond de nous. » C’est l’éclatement de la prison étroite du « je » qui libère une perception plus juste du monde.

La vigilance
Etre présent, attentif, conscient, savoir à chaque instant ce qui se passe en nous et autour de nous. Cette aptitude se développe et croît peu à peu par l’exercice de la méditation. Seule la vigilance permet de ne plus se laisser emporter par les émotions. Cette attitude n’a rien de spectaculaire, mais elle change tout. Ces moments de conscience, Arnaud Desjardins les appelle des « souvenirs » : on se souvient de soi-même, de son but, dusens de sa vie, et on reste maître de soi. Ainsi, on n’est capable de sentiments qu’en abandonnant les émotions.

Trouver son maître
Comme en thérapie, on ne peut s’engager sur les chemins de la sagesse sans être guidé par un être d’expérience ayant fait le chemin. Il stimule, bouscule, écoute et répond aux questions. « Si une personne ne réunit pas ces compétences, elle n’est en aucun cas un maître, mais un de ces aveugles guidant les aveugles… » Le maître ne révèle pas sa qualité par des prodiges spectaculaires, mais par sa réponse à une demande juste. Comment trouver son maître ? Par recommandation, en lisant des livres sur le sujet, au gré de retraites, etc. Puis le disciple s’arrête à celui qu’il reconnaît comme tel...

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EXTRAITS/La Voie de la réconciliation : Témoignages et textes inédits,
Question de N° 111, Éd. Albin Michel, 1998. :
Dans cette partie du texte intitulée La Voie de la réconciliation, Arnaud nous invite à rassembler ce qui est séparé en nous." Je crois pouvoir dire que la réconciliation c'est la voie, ou que la voie c'est la réconciliation, écrit Arnaud Desjardins. […] Réconciliation pourrait donc s'entendre comme le fait de réunir, de rassembler à nouveau ce qui a été séparé mais qui originellement ne l'était pas, même si cette origine est métaphysique.
" Cette réconciliation avec le monde commence par la réconciliation avec notre passé, quel qu'il ait été pour pouvoir vivre instant après instant, en communion avec notre présent tel qu'il est dans la réalité de l'instant, de l'ici maintenant. On pourrait aussi évoquer une réconciliation par avance avec notre futur. Plus de crainte : le futur sera ce qu'il sera, à chaque jour suffit sa peine, à chaque minute suffit son oui. Et pour pouvoir être réconcilié avec ce futur que nous ne connaissons pas mais que nous pouvons pressentir, il est indispensable d'être réconcilié avec son passé. Se réconcilier avec le passé implique que ce passé ne nous tienne plus dans ses griffes, qu'il ne vienne plus colorer, déformer l'instant présent.
" Si nous lisons des ouvrages de spiritualité, qu'ils soient hindous, soufis ou chrétiens, nous retrouvons cette idée fondamentale : être libre du passé. - C'est avant tout papa et maman dans les conditions les plus courantes. - […] Combien d'êtres humains ne sont pas et peut-être ne seront jamais réconciliés avec leur père, ou leur mère, ou avec les deux. Que de souffrances pour l'enfant face à l'incompréhension des parents, leurs maladresses, que de blessures... […] Ce moule de la petite enfance va colorer plus ou moins toutes nos relations dans l'existence, notamment les relations amoureuses, d'où la nécessité de cette réconciliation avec les parents, pour permettre une vie conjugale harmonieuse. Ce thème de la réconciliation en touche un autre bien connu, celui du pardon des offenses, le pardon à ceux qui nous ont offensés : une vie réconciliée est non plus une vie dans l'hostilité, et donc dans la souffrance - tant en ce qui concerne notre relation passée que présente avec notre destin à chacun. C'est le thème de l'acceptation de ce qui est, y compris l'acceptation de l'inacceptable, le non-conflit avec la réalité telle qu'elle se présente d'instant en instant. "Le pardon est nécessaire pour se réconcilier avec les autres, mais avec soi-même également.
Comme le rappelle plus loin Arnaud, " un être spirituel est avant tout un être qui vit dans le climat général du oui. Oui à soi-même d'abord ce qui ne veut pas dire qu'on ne peut pas, à partir de là, progresser. " Il est nécessaire de partir de ce que l'on est pour commencer à progresser. " Le chemin commence avec l'amour de soi-même, continue-t-il plus loin. Cela n'a bien entendu aucun rapport avec la vanité, l'orgueil, la susceptibilité, et l'hypertrophie de l'ego qui sont justement la réaction à l'impossibilité de nous aimer tels que nous sommes et de nous pardonner ce que nous avons été. […]
" J'ai été ce que j'ai été. Vu le nombre de conditions, de circonstances, de chaînes de causes à effets, de jeux d'action et de réaction à l'œuvre, je ne pouvais pas être autre que ce que j'ai été. Les reproches, la culpabilité sont une forme de mensonge, de refus de la vérité ou de la réalité relative telle qu'elle est. Et aujourd'hui, de même, je suis ce que je suis. C'est seulement à partir de cette si difficile réconciliation pleine et entière avec soi-même que la croissance intérieure peut commencer. Il n'y a pas de technique yogique de méditation, de jeûne, d'ascèse, même difficile, qui puisse être fructueuse sur la base d'un refus de soi-même. Or trop souvent, l'engagement dans la démarche spirituelle se met au service de ce reniement […]. C'est forcément une impasse. "
Pour illustrer la réconciliation de l'un et du multiple, il emploie cette très belle image : " Nous pouvons aspirer à une communion qui irait jusqu'à la découverte qu'un fondement unique sous-tend le monde multiple, que nous sommes tous les vagues d'un même océan. " Chacun a son autonomie, chacun est lui-même, chacun est une vague, mais une vague d'un même océan. C'est une métaphore qui est utilisée fréquemment lorsqu'on veut signifier que nous participons tous de la même conscience. La conscience est une comme l'océan, mais n'empêche qu'il y a des vagues, des vaguelettes, des lames de fond qui peuvent se prendre pour des manifestations uniques et qui ne sont pas associées à la grande manifestation de l'océan...
" Si nous nous engageons sur cette voie sans avoir d'abord accompli la première tâche qui consiste à nous réconcilier complètement avec nous-mêmes, toutes nos approches seront récupérées par l'ego et le mental. […] Ne l'oublions pas, pour le mental c'est toujours l'un ou l'autre, je choisis l'un contre l'autre, et sur la voie ce sera l'un et l'autre. […] Il n'y a pas de succès sans échec. Il n'y a pas d'arrivée sans départ. Il n'y a pas d'union sans séparation, de haut sans bas, ni de chaud sans froid, il n'y a pas de naissance sans mort, il n'y a pas de mort sans naissance. À partir de la naissance, l'ego et le mental se structurent sur l'opposition naturelle de tout ce qui paraît au bébé agréable, désagréable, plaisant ou déplaisant. Nous avons divisé le monde en deux, ce que nous aimons et n'aimons pas : attraction et répulsion. Le Bouddha disait lui-même que tout le mal venait de l'attraction, de la répulsion et de l'illusion ou de l'ignorance. "
" Pour pouvoir dépasser, passer au-delà - de la dualité, du conflit - il faut d'abord accepter, assumer, intégrer, réunifier ", dit Arnaud Desjardins à l'aide d'une formule concise que je trouve bien intéressante. Puis, pour appuyer son propos, il rappelle cette phrase qu'on peut lire dans l'Évangile de Thomas : " Celui qui fera du deux Un… Arnaud Desjardins
Source/ http://radio-canada.ca/par4/vb/vb990128.html

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