J.Krishnamurti

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J. Krishnamurti

L'essence de son enseignement :

L'essence de l'enseignement de Krishnamurti est contenu dans sa déclaration de 1929 où il dit "la Vérité est un pays sans chemin". Aucune organisation, aucune foi, nul dogme, prêtre ou rituel, nulle connaissance philosophique ou technique de psychologie ne peuvent y conduire l'homme. Il lui faut la trouver dans le miroir de la relation, par la compréhension du contenu de son propre esprit, par l'observation et non par l'analyse intellectuelle ou la dissection introspective. L'homme s'est construit des images religieuses, politiques ou personnelles, lui procurant un sentiment de sécurité. Celles-ci se manifestent en symboles, idées et croyances. Le fardeau qu'elles constituent domine la pensée de l'homme, ses relations et sa vie quotidienne. Ce sont là les causes de nos difficultés, car, dans chaque relation, elles séparent l'homme de l'homme. Sa perception de la vie est façonnée par les concepts préétablis dans son esprit. Le contenu de sa conscience est cette conscience. Ce contenu est commun à toute l'humanité. L'individualité est le nom, la forme et la culture superficielle que l'homme acquiert au contact de son environnement. La nature unique de l'individu ne réside pas dans cet aspect superficiel, mais dans une liberté totale à l'égard du contenu de la conscience.

La liberté n'est pas une réaction; la liberté n'est pas le choix. C'est la vanité de l'homme qui le pousse à se croire libre par le choix dont il dispose. La liberté est pure observation, sans orientation, sans crainte ni menace de punition, sans récompense. La liberté n'a pas de motif; la liberté ne se trouve pas au terme de l'évolution de l'homme mais réside dans le premier pas de son existence. C'est dans l'observation que l'on commence à découvrir le manque de liberté. La liberté se trouve dans une attention vigilante et sans choix au cours de notre existence quotidienne.

La pensée est temps. La pensée est née de l'expérience, du savoir, inséparables du temps. Le temps est l'ennemi psychologique de l'homme. Notre action est basée sur le savoir et donc sur le temps, ainsi l'homme se trouve toujours esclave du passé.

Quand l'homme percevra le mouvement de sa propre conscience il verra la division entre le penseur et la pensée, l'observateur et l'observé, l'expérimentateur et l'expérience. Il découvrira que cette division est une illusion. Alors seulement apparaît la pure observation qui est vision directe, sans aucune ombre provenant du passé. Cette vision pénétrante, hors du temps, produit dans l'esprit un changement profond et radical.

La négation totale est l'essence de l'affirmation. Quand il y a négation de tout ce qui n'est pas amour - le désir, le plaisir - alors l'amour est, avec sa compassion et son intelligence.

Cette déclaration a été rédigée, à l'origine par Krishnamurti lui-même le 21 octobre 1980, pour figurer dans le second volume - "Les années d'accomplissement" - de la biographie de Krishnamurti par Mary Lutyens (Editions Arista (1984) , épuisée, pour la traduction française). En la relisant, Krishnamurti a ajouté quelques phrases au texte ci-dessus.

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Seule l'innocence peut être passionnée.

Les innocents ignorent la douleur, la souffrance, même s'ils ont vécu des milliers d'expériences.
Ce ne sont pas les expériences qui corrompent l'esprit, mais les traces qu'elles laissent, les résidus, les cicatrices, les souvenirs. Ils s'accumulent, s'entassent les uns sur les autres, c'est alors que commence la souffrance.

Cette souffrance, c'est le temps. Le temps ne peut cohabiter avec l'innocence.

La passion ne naît pas de la souffrance. La souffrance, c'est l'expérience, l'expérience de la vie quotidienne, cette vie de tortures, de plaisirs éphémères, de peurs et de certitudes. Nul ne peut échapper à ces expériences, mais rien n'oblige à les laisser s'enraciner dans le terreau de notre esprit. Ce sont ces racines qui suscitent les problèmes, les conflits et les luttes incessantes. La seule issue, c'est de mourir chaque jour au jour précédent. Seul un esprit clair peut être passionné.Sans passion, on ne voit ni la brise qui joue dans le feuillage, ni l'eau scintillante dans le soleil. Sans passion, point d'amour.

Jiddu Krishnamurti (12 mai 1895 Inde - 17 février 1986 Californie) fut un orateur bien connu sur les sujets philosophiques et spirituels fondamentaux. 
Krishnamurti rencontra C.W. Leadbeater sur la plage privée du siège de la Société Théosophique à Adyar, Chennai, Inde. Il fut ensuite élevé sous la tutelle de Annie Besant et C.W. Leadbeater, dirigeants de la société à cette période, qui le voyaient comme le « véhicule » de « l’Instructeur du Monde » qu’ils attendaient. Jeune homme, il désavoua cette idée et dissout une organisation mondiale (l’Ordre de l’Etoile) constituée pour le soutenir. 
il passa sa vie à voyager autour du monde en expliquant aux gens le besoin de se transformer par eux-mêmes au travers de la connaissance de soi. Bien qu’il ait été très sensible aux questions contemporaines aux cours des décennies, ses réponses étaient enracinées dans sa vision intemporelle de la vie et de la vérité.
Refusant de jouer le rôle de gourou, il a exhorté ses auditeurs à observer les questions fondamentales de l’existence avec honnêteté, persistance et ouverture d’esprit.
A l’âge de 91 ans il s’est adressé aux Nations-Unies sur le sujet de la paix et de la conscience, et s’est vu décerner la médaille de la paix des Nations-Unies pour l’année 1984. Sa dernière conférence publique eut lieu à Madras en Inde en janvier 1986, un mois avant sa mort à son domicile à Ojai en Californie.

-§-

"Si l'on perd le contact avec la nature, on perd le contact avec l'humanité.
 Coupé de tout rapport avec la nature, on devient un tueur. On peut alors massacrer les bébés phoques, des baleines, des dauphins ou des hommes, pour le profit, pour le "sport", pour sa nourriture ou au nom de la science. 

La nature se sent alors menacée par vous et vous prive de sa beauté. Vous pourrez effectuer de longues promenades dans les bois ou camper dans des endroits merveilleux, vous resterez un tueur et tout rapport d'amitié avec ces lieux vous sera refusé. Vous n'êtes probablement proche de rien ni de quiconque, qu'il s'agisse de votre femme ou de votre mari. Vous êtes bien trop occupé, pris dans la course des profits et des pertes et dans le cycle de votre propre pensée, de vos plaisirs et de vos douleurs. Vous vivez dans les ténèbres de votre propre isolement et vouloir le fuir vous plonge dans des ténèbres encore plus profondes. Vous ne vous préoccupez que d'une survie à court terme, irréfléchie, que vous soyez accommodant ou violent. Et des milliers d'êtres meurent de faim ou sont massacrés à cause de votre irresponsabilité.

Vous abandonnez la marche de ce monde aux politiciens corrompus et menteurs, aux intellectuels, aux spécialistes. Etant vous-même dépourvu d'intégrité, vous édifiez une société immorale, malhonnête, qui repose sur l'égoïsme absolu. Et quand vous tentez de fuir cet univers dont vous êtes seul responsable, c'est pour aller sur les plages ou faire du "sport" avec un fusil. Il est possible que vous sachiez tout cela, mais la connaissance ne peut nullement vous transformer. Ce n'est qu'en éprouvant le sentiment de faire partie intégrante du tout que vous serez relié à l'univers."  
(Extrait du "journal" de Krishnamurti - Ed. Buchet/chastel)

Krihnamurti 2

Extrait...La Première et la Dernière Liberté...



Introduction

Communiquer l'un avec l'autre, même si l'on se connaît très bien, est extrêmement difficile. Il se peut que j'emploie des mots dans un sens qui n'est pas le vôtre, mais il ne peut y avoir de compréhension entre nous que si nous nous rencontrons au même niveau, au même instant. Un telle entente comporte, une affection réelle entre une personne et l'autre, entre mari et femme, entre amis intimes. C'est cela la vraie communion : une compréhension réciproque et instantanée qui se produit lorsqu'on se rencontre au même niveau, au même instant. Cette communion spontanée, effective et comportant une action définie est très difficile à établir. J'emploie des mots simples, qui ne sont pas techniques, car je pense qu'aucun mode spécialisé d'expression ne peut nous aider à résoudre nos problèmes fondamentaux. Je ne me servirai donc d'aucun terme technique utilisé employé soit en psychologie, soit en science. Je n'ai, heureusement, lu aucun livre de psychologie ou de doctrine religieuse. Je voudrais transmettre, au moyen des mots très simples de la vie quotidienne, un sens plus profond que celui qu'on leur accorde habituellement ; mais cela me sera difficile si vous ne savez pas écouter.

Il existe un art d'écouter. Pour écouter réellement, il faut pouvoir abandonner, ou écarter, tous les préjugés, les expressions toutes faites et les activités quotidiennes. Lorsque l'on est dans un état d'esprit réceptif, l'on peut comprendre aisément; vous écoutez aussitôt que vous accordez réellement votre attention à ce que l'on dit. Mais malheureusement, la plupart d'entre écoutent à travers un écran fait de préjugés, religieux ou spirituels, psychologiques ou scientifiques, ou composé de nos soucis quotidiens, de nos désirs et de nos craintes. Et, abrités derrière tout cela, nous écoutons. Donc, nous n'entendons en réalité que notre propre bruit, notre son et non pas ce que l'on nous dit. Il est extrêmement difficile de mettre de côté notre formation , nos préjugés, nos inclinations, nos résistances, et, allant au delà de l'expression verbale, d'écouter de façon à comprendre instantanément ce que l'on nous dit. Ce sera là une de nos difficultés.

P.29.

N'est-il pas possible d'être conscient de tout, tel que cela est ? Et, en commençant ainsi, ne doit-on pas parvenir à l'entendement ? Admettre ce qui "est", y parvenir, en être conscient, met fin aux luttes. Si je sais que je suis un menteur, si c'est un fait que je reconnais, la lutte cesse. Admettre ce qui "est", en être conscient, c'est déjà le commencement de la sagesse, de l'entendement qui nous libère de la durée. Introduire, la notion du temps - non du temps chronologique, mais de la durée en tant que moyen, en tant que processus psychologique, en tant que pensée - est destructeur et engendre la confusion. Mais il est possible de comprendre ce qui "est", si on le reconnaît, sans justification, sans identification. Savoir que l'on est dans une certaine condition, dans un certain état, est déjà un processus de libération ; mais l'homme qui n'est pas conscient de son conditionnement, de sa lutte, essaie d'être autre chose que ce qu'il est, ce qui engendre des habitudes. Tenons donc présent à l'esprit que nous voulons examiner ce qui "est", observer l'actuel, en être exactement conscient, sans lui donner un biais, sans l’interpréter. Cela exige une acuité extraordinaire de l'esprit et un cœur extraordinairement souple ; car de qui "est", est sans cesse en mouvement, constamment en transformation, et si l'esprit est enchaîné par des croyances, par des connaissances, il cesse sa poursuite, il cesse de s’adapter au rapide mouvement de ce qui "est". Ce qui "est" n'est évidemment pas statique, accroché à une croyance, à un préjugé, ainsi que vous pouvez le voir si vous l'observez de près. Pour le suivre dans sa course, il faut avoir un esprit très prompt et un cœur souple, qui vous sont refusés si votre esprit est statique, accroché à une croyance, à un préjugé, à une identification. Un cœur et un esprit secs ne peuvent pas suivre aisément, rapidement, ce qui "est".

P.39.

Quel est l'objet de notre recherche ?

Quel est le but que poursuivent la plupart d'entre-nous ? Quel est notre désir le plus profond ? Dans ce monde agité, où tous s'efforcent, d'une façon ou d'une autre, de trouver une paix, un bonheur, un refuge, il est important, n'est-ce pas, que chacun de nous sache le but qu'il veut atteindre. L'objet de ses recherches. Nous sommes probablement, presque tous, à la poursuite d'une sorte de bonheur, d'une sorte de paix. Dans un monde où règnent le désordre, les luttes, les conflits, les guerres, nous voulons trouver un peu de paix dans un refuge. Je crois que la plupart d'entre nous ont ce désir. Et nous le poursuivons en passant d'une autorité à une autre, d'un sage à un autre.

Mais, est-ce le bonheur que nous cherchons, ou une sorte de satisfaction dont nous espérons tirer du bonheur ? Le bonheur et la satisfaction sont deux choses différentes. Peut-on "chercher" le bonheur ? Le bonheur est un dérivé ; c'est le sous-produit de quelque-chose. Et avant de consacrer nos esprits et nos cœurs à une recherche qui exige beaucoup de sincérité, d'attention, de réflexion, de soins, nous devons savoir si c'est le bonheur que nous voulons ou une satisfaction. Je crains qu'il s'agisse en général de satisfaction. Notre recherche a pour but de satisfaire notre désir de plénitude.

Après tout, si c'est la paix que l'on cherche, on peut la trouver. L'on n'a qu'à se dévouer entièrement à une cause quelconque, à une idée, et y prendre refuge. Mais il est évident que cela ne résout pas le problème. S'enfermer dans une idée ne libère pas du conflit. Il nous faut donc savoir ce que nous voulons obtenir intérieurement et extérieurement. Si nous avons une perception claire de nos intentions nous n'avons plus besoin d'aller consulter qui que ce soit à ce sujet, ni maître, ni Églises, ni organisations. Notre réelle difficulté et de clarifier notre intention. Et la question se pose : la clarté est-elle possible ? Et peut-on aller à sa recherche en écoutant de que disent les uns les autres, depuis le plus grand sage jusqu'au prédicateur du coin de la rue ? Vous faut-il aller chez quelqu'un pour être éclairé quant à vos intentions ? Et pourtant c'est ce que vous faites. Vous lisez d'innombrables livres, vous assistez à des réunions, vous adhérez à toutes sortes d’organisations, en vue de trouver un remède à vos conflits, à la misère de vos existences. Ou encore, sans vous livrer à toutes ces activités, vous déclarez avoir trouvé la lumière, que telle organisation, tel livre, tel sage vous satisfont, que vous y avez trouvé tout ce que vous cherchiez ; et vous demeurez là-dedans, cristallisés, enfermés.

Ce que nous cherchons à travers toute cette confusion, n'est-ce point quelque chose de permanent, de durable, quelque chose que nous appelons le réel, Dieu, la vérité ou autrement ? (Car le nom importe peu, le nom n'est pas la chose ; ne nous laissons pas prendre par des mots, laissons cela aux conférenciers professionnels.) Il y a une recherche de quelque chose de permanent, n'est-ce pas, en chacun de nous, de quelque chose à quoi nous accrocher, qui nous donnera une assurance, une espoir, un enthousiasme durable, une certitude permanente, car, au plus profond de nous-mêmes, nous sommes si incertains ! Nous avons beaucoup de faits et ce que les livres ont dit, mais nous n'avons pas de connaissance directe, d'expérience directe.

P.57.

De la connaissance de soi

Les problèmes du monde sont si colossaux, si complexes, que pour les comprendre - donc les résoudre - on doit les aborder d'une manière très simple et directe ; cette simplicité est celle d'un jugement qui ne dépend ni d'influences extérieures ni de nos préjugés ou de notre humeur. Ainsi que je l'ai déjà dit, la solution ne doit pas être cherchée auprès de conférenciers, ni dans des théories, ni ne mettant de nouveaux chefs à la place des anciens. La solution est dans le responsable du problème, dans le responsable de la catastrophe, de la haine, de l'énorme incompréhension qui existe entre les hommes. Ce responsable est l'individu, vous et moi, et non le monde tel que nous nous le représentons. Le monde est l'état de nos relations mutuelles, et non quelque chose en dehors de vous et moi. La société est faite des relations que nous établissons, ou que nous cherchons à établir entre nous.

Ainsi, le problème n'est autre que vous et moi et non le monde, car le monde est la projection de nous-mêmes et pour le comprendre c'est nous que nous devons comprendre. Il n'est pas séparé de nous ; nous sommes lui et nos problème sont les siens. Cette vérité ne sera jamais assez répétée, car nous sommes si apathiques qu'il nous plaît de penser que les problèmes du monde ne sont pas notre affaire, qu'ils doivent être résolus par les Nations Unies ou par un changement de dirigeants. Cette mentalité est bien obtuse car c'est nous-mêmes qui sommes responsables de cette effroyable misère, de cette confusion générale, de cette guère sans cesse menaçante. Pour transformer le monde nous devons commencer par nous-mêmes ; et dès lors ce qui importe, c'est l'intention : notre intention doit être de nous comprendre vraiment et non de laisser à d'autres le soin de se transformer ou de provoquer une modification extérieure pour une révolution de la droite ou de la gauche. Il est important de comprendre que là est notre responsabilité, à vous et à moi, car quelque petit que soit notre monde, si nous pouvons nous transformer, introduire un point de de vue radicalement différent dans notre existence quotidienne, peut-être pourrons-nous affecter un monde plus vaste, par l’extension de nos rapports avec autrui.

P.58.

Il nous faut donc essayer de comprendre le processus de la connaissance de soi. Ce n'est pas un processus d'isolement qui nous retirerait du monde, car il est impossible de vivre isolé. Être c'est être en relation : il n'y a pas de vie isolée. Ce sont les relations dont la base et erronée qui provoquent les conflits, les malheurs, les luttes. Si nous parvenons à transformer nos rapports dans notre monde, fût-il très étroit, cette action sera comme une vague qui ne cessera de s'étendre. Je pense qu'il est important de comprendre que notre monde est celui de nos relations, quelques limitées qu'elles soient, car si nous pouvons y provoquer une transformation, non superficielle mais radicale, nous commencerons alors, activement, à transformer le monde. La vraie révolution n'est jamais conforme à un modèle donné, de gauche ou de droite, à une révolution dans les valeurs sensorielles et dans celles qui sont créées par les influences du milieu. Pour trouver les vraies valeurs, qui ne sont ni celles des sens ni celles du conditionnement extérieur, et qui, seules, régénèrent, transforment et produisent une révolution radicale, il est indispensable de se connaître soi-même. La connaissance de soi est le commencement de la sagesse, c'est-à-dire la régénération.

Mais pour se comprendre, il faut que l'intention y soit, et c'est là qu'est la difficulté. Certes, nous sommes mécontents, nous aspirons à un changement immédiat : mais notre mécontentement est canalisé par le désir de parvenir à un certain résultat : nous cherchons un nouvel emploi ou nous succombons au milieu. Le mécontentement, au lieu de nous enflammer, de nous pousser à mettre en question la vie entière, la totalité du processus de l'existence, aussitôt, qu'il est canalisé, nous rend médiocres, nous fait perdre toute intensité. Et c'est tout cela qu'il nous faut découvrir en nous, par nous-mêmes, car la connaissance de soi ne peut être enseignée par personne ni par aucun livre. C'est à nous de la découvrir. Et cette investigation, cette profonde enquête, doit être soutenue par une intention constante. Aussitôt que celle-ci faiblit, le simple acquiescement quant à l'utilité de se connaître, ou le souhait exprimé de parvenir à cette connaissance, n'ont que peu d'intérêt.

P.60.

Ainsi, se transformer soi-même c'est transformer le monde, parce que le moi est à la fois le produit et une partie intégrante du processus total de l'existence humaine. Pour se transformer, la connaissance de soi est essentielle, car si vous ne vous connaissez pas, votre pensée n'a pas de base. L'on doit se connaître tel que l'on est, et non tel que l'on désire être ; l'on ne peut transformer que ce qui ‟est”, tandis que ce que l'on voudrait être n'est qu'un idéal, une fiction, une irréalité. Mais se connaître tel que l'on est exige une extraordinaire rapidité de pensée, car ce qui ‟ est ” subit de perpétuels changements et si l'esprit veut adhérer à cette course il ne doit évidemment pas commencer par s'attacher, par se fixer à un dogme ou à une croyance. Pour vous connaître, il vous faut avoir l'agilité d'un esprit libéré de toutes les croyances, de toutes les idéalisations, lesquelles pervertissent le perception en projetant sur elle leurs colorations particulières. Si vous voulez vous connaître tel que vous êtes, n 'essayez pas d'imaginer ce que vous n'êtes pas : si je suis avide, envieux, violent, mon idéal de non-violence aura bien peu de valeur. Mais savoir vraiment que l'on est avide et violent, le savoir et le comprendre, cela exige une perception extraordinairement aiguë, et de l'honnêteté, et une pensée claire. Tandis que poursuivre un idéal éloigné de ce qui ‟ est ” est une évasion qui nous empêche de découvrir ce que nous sommes et d'agir directement sur nous-mêmes.

La compréhension non déformée de ce que vous êtes - laid, beau, malfaisant ou élément de désordre – est le commencement de la vertu. La vertu est essentielle, car elle confère la liberté. Ce n'est qu'en vertu que vous pouvez vous découvrir, vivre. ‟ Cultiver ” la vertu engendre la respectabilité mais certes pas la compréhension et la liberté. Il y a une différence entre être vertueux et le devenir. L'être, c'est comprendre ce qui ‟ est ” avec ce que l'on voudrait être et renvoyer la solution indéfiniment. Ce processus qui consiste à éviter ce qui ‟ est ” en cultivant un idéal passe pour être vertueux ; mais si vous l'examinez de près et d'une façon directe, vous verrez qu'au contraire de ce que l'on dit, il n'est qu'un perpétuel refus de se trouver face à face avec ce qui ‟ est ”, laquelle nous libère de ce qui ‟ est ”. Et la vertu est essentielle dans une société qui se désintègre rapidement. Pour créer un monde nouveau, une structure nouvelle sans rapport avec l'ancienne, il faut être libre de découvrir et liberté implique vertu : sans vertu il n'y a pas de liberté. L'homme immoral qui s'efforce de devenir vertueux, peut-il connaître jamais la vertu ? L'homme qui n'est pas moral ne peut jamais être libre et par conséquent ne peut jamais découvrir ce qu'est la réalité. La réalité ne peut être découverte qu'en comprenant ce qui ‟ est ”, et pour comprendre ce qui ‟ est ” on doit être libre : libre de la peur de ce qui ‟ est ”.

P.61.

Pour comprendre ce processus, il faut qu’il existe l’intention de savoir ce qui ‟ est ”, de suivre chaque pensée, chaque sentiment, chaque acte. Et, ainsi que je l’ai dit, cette poursuite est difficile, car ce qui ‟ est ” n’est jamais immobile, statique, mais toujours mouvant. Le ‟ ce qui est ” est ce que vous faites, ce que vous pensez et ressentez réellement d’un instant à l’autre, et non ce que vous voudriez être, l’idéal fictif. Ce qui ‟ est ” est l’actuel et pour le saisir, il faut un esprit aigu, rapide, toujours en éveil. Si nous commençons à condamner ce qui ‟ est ”, à le blâmer ou à lui résister nous ne comprenons plus son mouvement. Si nous voulons comprendre une personne, nous ne devons pas la condamner, mais l’observer, l’étudier. Il me faut aimer la chose même que j’étudie. Si vous voulez comprendre un enfant, aimez-le, ne le blâmez pas, jouez avec lui, observez ses mouvements, ses caractéristiques personnelles, son comportement. De même, pour comprendre ce qui ‟ est ”, vous devez observer ce que vous pensez, ressentez et faites d’instant en instant. Cela c’est l’actuel. Tout autre action, tout action idéologique, tout idéal n’ont rien d’actuel ; ce ne sont que des souhaits, des désirs fictifs d’être autre chose que ce qui ‟ est ”.

La compréhension de ce qui ‟ est ” exige un état d’esprit en lequel il n’y a ni identification ni condamnation, ce qui implique un esprit vif et pourtant passif. Nous sommes dans cet état lorsque nous voulons réellement comprendre ce qui ‟ est ”, c’est-à-dire l’état même de notre esprit, nous n’avons guère besoin de le forcer, de le discipliner, de le contrôler ; au contraire, nous devenons le lieu d’une observation vive et passive. Cet état de lucidité surgit avec l’intérêt, avec l’intention de comprendre.

La compréhension fondamentale de soi-même n’est pas le fruit d’une accumulation de connaissances ou d’expériences. Celles-ci s’appuient sur la mémoire, tandis que la connaissance de soi est d’instant en instant….

p.63

Existe-t-il un moyen, un système pour se connaître ? Toute personne habile, tout philosophe, peut inventer un système, une méthode, mais ne pensez vous pas que le résultat d’une méthode est créé par la méthode elle-même ? Si j’adopte un certain système pour me connaître, j’obtiendrai le résultat qui découle de cette méthode, mais je ne me connaîtrai pas pour autant. Car la méthode, le système, le moyen, façonnent la pensée et l’activité, mais cette forme particulière qu’elles assument n’est pas la connaissance de soi.

Il n’y a donc pas de méthode pour se connaître. La recherche d’une méthode implique le désir d’obtenir un certain résultat – c’est cela que nous voulons : nous nous soumettons à l’autorité d’une personne, d’un système ou d’une idéologie car nous désirons obtenir un résulta qui nous fasse plaisir et qui nous apporte la sécurité. En vérité, nous ne voulons pas nous connaître ; voir clairement nos impulsions, nos réactions, tout le processus conscient et inconscient de notre pensée ; nous préférons adopter un système et poursuivre le résultat qu’il comporte…

L’autorité, au contraire, nous empêche de nous connaître. Sous l’égide d’un guide spirituel nous pouvons temporairement éprouver un sens de sécurité et de bien-être mais qui n’est pas la connaissance du processus total de nous-mêmes. L’autorité, de par sa nature, nous empêche d’être lucide quant à notre être intérieur et détruit de ce fait la liberté, la liberté en dehors de laquelle il n’y a pas de création. L’état créateur n’existe qu’en la connaissance de soi. La plupart d’entre nous en sont privés…. Le culte de l’autorité écarte les périls que nous craignons et détruit la compréhension, cette tranquille spontanéité de l’esprit qui est l’état créatif.

Notre difficulté est que le plupart d’entre nous ont perdu cet état. Être créatif ne veut pas dire nécessairement peindre, écrire, devenir célèbre, en somme avoir la capacité d’exprimer une idée, puis se faire applaudir ou rejeter par le public. Il ne faut pas confondre le don de s’exprimer avec l’état créatif. En celui-ci le moi est absent, l’esprit n’est plus centré sur ses expériences, ses ambitions, ses poursuites, ses désirs. L’état créatif est discontinu ; il est neuf d’instant en instant ; c’est un mouvement en lequel le ‟ moi ”, le ‟ mien ” n’est pas là, en lequel la pensée n’est pas fixée sur un but à atteindre, une réussite, un mobile, une ambition. En cet état seul est la réalité, le créateur de toute chose. Mais cet état ne peut pas être conçu ou imaginé, formulé ou copié ; on ne peut l’atteindre par aucun système, aucune philosophie, aucune discipline ; au contraire, il ne naît que par la compréhension du processus total de nous-mêmes…..

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Une manière d’agir totalement différente
Par Krishnamurti

Nous observons ce qui se passe dans le monde. Nous observons l’extrême violence à l’œuvre dans le monde : les guerres, la menace de la bombe atomique, les dissensions religieuses, les divisions nationalistes avec leur panoplie d’armements. L’univers dans lequel nous vivons est un univers dangereux, et la plupart des gens ne se rendent pas compte, je le crains, de l’immense dégradation, de l’immense dégénérescence en marche dans le monde entier. Et nous nous efforçons d’appliquer à ces problèmes des solutions politiques, économiques, sociales ou évangéliques — ce qui, bien entendu, ne fait qu’accroître encore la confusion, la séparation, la division et donc le confit.
Ce ne sont ni la politique, ni les religions en place, ni l’accumulation de connaissances scientifiques qui vont résoudre nos problèmes — pas plus que les psychologues, les prêtres, les spécialistes. La crise, elle est dans notre conscience, c’est-à-dire dans notre esprit, dans la manière que nous avons de considérer le monde sous un angle étriqué et limité. C’est là qu’est la crise. L’esprit humain a évolué sur des millions et des millions d’années, il est conditionné par le temps et l’évolution. Un esprit conditionné de la sorte, avec la conscience étroite, limitée, exclusive qui est la sienne — considérant la crise qu’il traverse dans le monde actuel — peut-il jamais être changé ? Peut-il amener un changement radical au sein de ce conditionnement ?
Identifier cette conscience comme étant la mienne et la vôtre, est une erreur totale, car notre conscience est la conscience de l’humanité. L’homme, la femme, où qu’ils se trouvent dans l’univers, sont en perpétuel effort, en perpétuel conflit, sans jamais résoudre aucun des problèmes tels que la peur, la souffrance, la solitude, mais toujours en quête de plaisir. Cette solitude, ce chagrin, cette douleur, cette souffrance, ponctués d’éclairs occasionnels de joie et d’amour, sont le lot commun de l’humanité. C’est une réalité psychologique patente, mais la plupart d’entre nous répugnent à la voir, tant nous nous identifions à notre conscience spécifique, à notre chagrin spécifique, à notre félicité spécifique. Mais la réalité psychologique — pour peu que l’on observe attentivement, avec toute la finesse d’une conscience aiguisée — le fait, donc c’est que partout dans l’univers, aux quatre points cardinaux, les êtres humains passent par des épreuves, des expériences rigoureusement identiques aux vôtres.

Cette conscience est donc commune à l’humanité toute entière. Ceci doit être clairement compris. Il n’y a là nulle contradiction ; il ne s’agit pas d’un point de vue, de quelque invention de l’auteur. Si nous examinons les choses très à fond, d’une manière objective et non personnelle, nous constatons que, psychologiquement, tel est bien le fond commun de l’humanité toute entière. Cette nouvelle ne nous réjouit pas forcément, car nous croyons tous êtres des individus, distincts de tous les autres, et nous nous efforçons de nous identifier à quelque chose, de nous réaliser, de devenir. Nous sommes tous individualistes, étriqués, limités. Mais la réalité, sur le plan psychologique, c’est que nous ne sommes pas des individus. Vous êtes le collectif. Nous sommes le résultat de ces millions et millions d’années. Notre conscience est la conscience commune de toute l’humanité. Et si nous ne comprenons pas cela très clairement, nous ne serons pas en mesure de poursuivre cette investigation de manière lucide.

Où que l’on vive dans le monde, ce sentiment d’individualité a toujours été mis en valeur. Les religions l’ont soutenu, l’éducation l’a maintenu. Et cette liberté, censément individuelle, a suscité dans l’univers un formidable chaos. La constatation est claire. Nous nous croyons libres parce que nous pouvons choisir ; mais le choix implique l’incertitude, le manque de clarté. La clarté ne peut apparaître qu’en l’absence de conflit, et cette clarté-là ne relève pas du choix. Seul un esprit obscur, confus, incertain entreprend de choisir.

Je vous en prie, menez votre propre enquête à mesure que nous avançons. Nous n’édictons pas la loi ; nous ne vous menons nulle part ; il ne s’agit ici ni d’acceptation ni de soumission ; il s’agit en fait d’une réflexion commune que nous menons ensemble. En matière d’esprit, en matière d’investigation psychologique approfondie, il faut être libre de tout sentiment d’allégeance envers qui que ce soit. Car c’est un royaume où il n’y a ni chef ni guide. Il faut observer, constater, voir de soi-même avec lucidité qui l’on est vraiment — sans suivre les vues d’aucun philosophe, psychothérapeute ou psychologue. Eux aussi sont des êtres humains, eux aussi connaissent la souffrance, l’angoisse, le désespoir de la solitude. Ils contribuent donc eux aussi à cette confusion. Eux aussi partagent cette conscience commune.

Sans vous laisser imposer quoi que ce soit par un tiers, ou par l’orateur, observez vous-même, en toute lucidité, en toute objectivité, observez les faits, d’une manière qui ne soit ni personnelle ni émotionnelle. Nous ne sommes pas identiques physiquement — on peut être homme ou femme, plus ou moins clair ou foncé de peau, avoir des yeux de couleur différente, et ainsi de suite, mais intérieurement, tout au fond de nous, nous sommes exposés aux mêmes phénomènes que le reste de l’humanité. C’est une constatation logique, raisonnable, sensée. Et si l’on comprend, si l’on perçoit en profondeur ce fait, alors nous sommes totalement responsables de tout ce qui se passe dans le monde. Nous abordons là une situation extrêmement sérieuse ; car en effet les êtres humains sont en voie de dégénérescence, en passe de se détruire.

Cette conscience, où la crise a son siège — et nulle part ailleurs — est une élaboration de la pensée. Notre conscience, avec tout son contenu, est le produit de la pensée. En Occident, la pensée a accepté une propagande religieuse vieille de deux mille ans. En Orient, tout comme à l’Ouest, la pensée a créé des images, des rituels, des symboles, des superstitions religieuses, des croyances dogmatiques, une foi, etc. C’est irréfutable, la raison en prend note. On peut constater les limites de la raison, mais il faut être capable de raisonner de manière très claire.

Krishnamurti à Ojai le 9 mai 1981.

 

La mort et la maladie

Nous savons ce qu’est la mort, ainsi que la peur extraordinaire qu’elle suscite.
C’est un fait que nous mourrons tous, que cela nous plaise ou non.
Alors nous rationalisons la mort ou nous nous évadons dans des croyances, Karma, réincarnation, résurrection ou autre chose, qui ne font qu’alimenter la peur au cours de notre fuite.
Et la question est de savoir si nous sommes résolus à aller jusqu’au bout et à voir si il est possible d’être complètement libre de la douleur, non pas dans l’avenir, mais maintenant dans le présent. 
Pouvons-nous, chacun de nous, voir la réalité en face, d’une façon intelligente et saine ?
Puis-je voir en face le fait que mon frère, ma sœur, mon mari, ma femme, un ami est mort et que je suis dans la solitude ?
Puis-je voir ma solitude face à face et ne pas fuir au moyen d’explications, de croyances et de théories, etc. ?
Puis-je regarder un fait, quel qu’il soit ?
Voir que je n’ai aucun talent, que je suis obtus, inintelligent, que je souffre de ma solitude, et que mes croyances, mes structures religieuses, mes valeurs spirituelles, sont autant de systèmes de protection ?
Puis-je voir en réalité et ne pas chercher des voies et des moyens d’évasion ?
Est-ce possible ?

Je crois que cela n’est possible que si l’on ne fait pas intervenir la notion de temps, l’idée de demain.
Nos esprits sont paresseux et c’est pourquoi nous demandons du temps : du temps pour surmonter notre douleur, du temps pour acquérir des qualités. Le temps n’efface pas la douleur ; il peut nous permettre d’oublier une souffrance particulière, mais la douleur est toujours là, dans les profondeurs.
Et je pense qu’il est possible de balayer la douleur dans sa totalité, non pas demain, non pas au cours du temps, mais de voir dans la réalité et d’aller au delà.

Après tout, pourquoi devrions-nous souffrir ?
La souffrance est une maladie.

Nous allons chez le médecin pour nous débarrasser de nos maladies, mais pourquoi nous croyons nous obligés de demeurer dans une affliction, quelle qu’elle soit ?…
Veuillez croire que je ne parle pas théoriquement, ce serait trop superficiel.
Pourquoi devrions-nous être dans un état psychique douloureux, et pouvons-nous nous débarrasser complètement de la douleur ?

Cette question revient à nous demander : « Pourquoi devrions-nous vivre dans un état de conflit ? » Car la douleur est un état de conflit.
On pense que cet état de contradiction est nécessaire, qu’il fait partie de la vie, que dans la nature, que partout autour de nous, cette lutte existe, bref, qu’il est impossible de vivre sans conflits. On accepte donc cet état comme étant inévitable, à la fois dans nous même et dans le monde.
 A mon sens, aucun conflit d’aucune sorte n’est nécessaire.
Vous pouvez me répondre : « C’est une idée bizarre, qui vous est toute personnelle : vous êtes seul, vous n’êtes pas marié, et il peut être facile pour vous de vivre sans conflits ; mais nous devons lutter contre nos voisins, lutter dans notre travail : tout ce que nous touchons engendre l’opposition. »

Je crois qu’ici intervient une question d’éducation.
Celle qu’on nous a donné est défectueuse ; nous avons été entraîné à penser en termes de compétitions, en terme de comparaisons.
Je me demande si l’on peut comprendre, si l’on peut voir quoi que ce soit par comparaison.
Ou ne voit-on clairement, simplement, que lorsque toute comparaison a cessé ?
Il est évident que l’on ne peut voir avec clarté que lorsqu’on n’est plus ambitieux, qu’on n’essaye plus d’être ou de devenir quelque chose.
Je ne veux pas dire qu’il faut se satisfaire de ce que l’on est, mais que l’on peut vivre sans se comparer aux autres, et sans comparer ce que l’on est à ce que  » l’ on devrait être » .
Voir à tout instant  ce qui est   élimine tout évaluation comparative et, je pense, peut par conséquent aussi éliminer la douleur.
Je crois qu’il est très important que l’esprit se débarrasse de la douleur.
La question est donc :  » L’esprit peut-il vivre, fonctionner sans abri psychique, sans refuge? » Peut-on vivre de jour en jour, en faisant face à chaque fait, au fur et à mesure qu’il surgit et ne jamais chercher une évasion ?
« Affronter  « ce qui est  » chaque minute de la journée ?
Je pense que nous découvrirons alors, que non seulement la douleur prend fin, mais que l’esprit devient étonnamment simple, clair, capable de perception directe, sans mots, sans symboles.

Je ne sais pas si vous avez déjà jamais pensé aux mots.
Existe-t-il une pensée sans langage ?
Ou toute la pensée est-elle uniquement des mots, des symboles, de l’imagination ?
Je pense que tous les mots, tous les symboles, toutes les idées sont préjudiciables à la clarté de la vision.
Pour parvenir à l’extrême fin de la douleur et savoir s’il est possible d’être libre immédiatement, de vivre chaque journée en étant affranchi de la douleur, on doit pénétrer très profondément en soi-même pour se débarrasser de toutes ces explications, de ces mots, de ces idées, de ces croyances, de sorte que l’esprit soit réellement purifié et capable de voir « ce qui est ».

 

Pour en savoir plus sur J. Krishnamurti   http://www.kfa.org/ (site officiel en anglais)

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