La Balance Cosmique

Balance cosmique

La Balance Cosmique – Le Nombre 2 - Chapitre V

Dieu Par-Delà le Bien et le Mal

 Les termes "loge" et "instance" ont été indifféremment employés puis, afin qu'il n'y ait pas de confusion dans l'esprit des lecteurs avec les notions de loges maçonniques, le terme instance a été préféré.

Pour la Science initiatique, nous l’avons vu, le 2 est le résultat de la polarisation du 1, ce qui signifie que ces deux pôles, que l’on considère comme opposés, sont en réalité contenus dans le 1. Nous les nommons masculin et féminin, positif et négatif, mais nous pouvons aussi les nommer le bien et le mal, à condition de bien garder présent à l’esprit qu’ils sont l’expression du 1 qui est Dieu, car ils ont la même origine.

Une tradition fait de Lucifer, l’archange qui s’est révolté contre Dieu, le frère du Christ. Elle rapporte que lorsque Lucifer fut précipité du haut du ciel, il perdit dans sa chute l’émeraude qui ornait son front, et ce serait dans cette émeraude tombée sur la terre que fut taillée la coupe où Joseph d’Arimathie recueillit le sang de Jésus au moment de la crucifixion. C’est cette coupe qui est devenue le Saint-Graal, symbole qui a joué un très grand rôle dans l’histoire de la chrétienté. Les Initiés qui ont établi cette relation entre Lucifer et le Christ ont voulu nous enseigner que le bien et le mal sont les deux pôles d’une seule et même réalité.

Notre existence sur la terre est tout entière conditionnée par l’alternance des jours et des nuits. Cela vient, direz-vous, de ce que la terre est ronde et qu’elle tourne sur elle-même. Oui, mais quelle qu’en soit la raison, cette alternance du jour et de la nuit qui règle la vie de toute la nature, règle aussi notre vie physique ainsi que notre vie psychique. Nous ne saurions pas ce qu’est la lumière si les ténèbres n’existaient pas, ni ce que sont la sagesse, la justice, la beauté, la joie, si nous n’étions pas obligés de nous heurter à la sottise, à l’injustice, à la laideur et à la tristesse. C’est dans les comparaisons et les confrontations que se trouve la compréhension. Si les contraires n’existaient pas, nous vivrions dans l’indifférenciation.

Qu’il y ait la beauté et la laideur, les vertus et les vices, la faiblesse et la force, ce n’est pas cela qui doit tellement nous préoccuper. L’important, c’est d’apprendre à se comporter vis-à-vis des deux pôles de l’unité. Au lieu de cela, les humains ne cessent de se demander pourquoi Dieu permet que le mal existe. Il faut cesser de se poser ce genre de question. Le bien et le mal sont intimement mêlés; entant que pôles complémentaires ils ont des affaires à traiter ensemble, et il est préférable de ne pas vouloir se mettre entre les deux ou tenter de les séparer. C’est comme s’immiscer dans les affaires d’un couple. Quand un homme et une femme sont attachés l’un à l’autre, quelle que soit votre opinion sur leur liaison, ne cherchez pas à les séparer. Et quand ils s’affrontent, ne vous mettez pas non plus entre les deux, tenez-vous à distance.

Les voitures sur la route circulent les unes dans un sens et les autres dans le sens opposé. Tout va bien si la route est large et si les voitures restent bien alignées sur leur file respective. Ces voitures vont en sens contraire mais peut-on dire qu’une file représente le bien et l’autre le mal ? Non, le mal apparaît s’il n’y a plus de distance suffisante entre les deux files : c’est la collision.

Dans l’absolu, rien n’est bon et rien n’est mauvais, tout dépend du point de vue auquel on se place. Prenons seulement l’eau et le feu : si on ne sait pas s’en servir, on peut provoquer des inondations et des incendies ; si on sait s’en servir, quelle bénédiction ! Ce qui est mauvais, c’est l’ignorance qui nous empêche de nous servir utilement de l’un ou de l’autre. Ou même de nous servir des deux ensemble, et dans ce cas il faut connaître la bonne distance, sinon le feu sera éteint et l’eau évaporée. Quelquefois, cette distance prend la forme d’une casserole… et c’est ainsi qu’on peut faire bouillir l’eau pour le café !

Encore un autre exemple. Dans la mesure où notre organisme produit des déchets, on peut voir là une manifestation du mal ; mais dans la mesure où il possède le moyen de les éliminer, où est le mal ? Le mal commence au moment où le système éliminatoire ne fonctionne plus. La santé, ce n’est pas que notre organisme ne produise pas de déchets, mais qu’il possède le moyen de les éliminer. Le bien, le vrai bien, est une coexistence harmonieuse de deux processus contraires. Le bien, le vrai bien, c’est cette Intelligence qui a su concevoir comment les deux processus participeraient à la conservation de la vie. Vous voyez, les réponses aux questions les plus ardues, c’est dans le Livre de la nature que nous les trouverons.

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C’est grâce au mal que le bien est soutenu, et le bien aussi, sans le savoir, aide souvent le mal. Tous deux sont attelés à la roue de la vie et la font tourner. Le mal n’existe pas en soi. Le mal, c’est un bien qu’on n’a pas su comprendre. Même ce qui est le meilleur devient mauvais quand on n’en a pas une bonne compréhension. Par contre, celui qui comprend l’enfer et le diable arrive à les faire servir aux desseins du bien. Il faut savoir se servir des méchants, car ils sont résistants, infatigables. Rien ne marcherait sur la terre s’il n’y avait que des gens de bien. Tout est utile, mais il faut trouver les combinaisons convenables. Ceux qui ne l’ont pas compris passent leur temps à lutter contre ce qu’ils appellent le mal, sans savoir que lorsque le mal se manifeste, le bien se renforce aussi de l’autre côté, et que s’ils arrivaient à supprimer le mal, ils supprimeraient aussi le bien.

Le mal n’existe que dans le manque de lumière, d’intelligence et de force, qui nous conduit à devenir sa proie. Mais le mal est serviteur de Dieu, il a son rôle à jouer sur la terre et nous devons le comprendre. Avez-vous lu le Livre de Job dans la Bible ? Il y est écrit : « Or, les fils de Dieu vinrent un jour se présenter devant l’Éternel et Satan vint aussi au milieu d’eux. » Vous vous rendez compte, Satan est au milieu d’eux ! Il pourrait être derrière, à côté, non, il est au milieu comme s’il occupait le même rang que les esprits de la lumière. Il apparaît donc ici comme un fils de Dieu, c’est même à lui seul que Dieu s’adresse, et quelle conversation !

« L’Éternel dit à Satan : D’où viens-tu ? Et Satan répondit à l’Éternel : De parcourir la terre et de m’y promener. L’Éternel dit à Satan : As-tu remarqué mon serviteur Job ? Il n’y a personne comme lui sur la terre ; c’est un homme intègre et droit, craignant Dieu et se détournant du mal. Et Satan répondit à l’Éternel : Est-ce d’une manière désintéressée que Job craint Dieu ? Ne l’as-tu pas protégé lui, sa maison et tout ce qui est à lui. Tu as béni l’œuvre de ses mains et ses troupeaux couvrent le pays. Mais étends ta main, touche à tout ce qui lui appartient et je suis sûr qu’il te maudit en face. L’Éternel dit à Satan : Voici, tout ce qui lui appartient, je te le livre ; seulement ne porte pas la main sur lui. Et Satan se retira de devant la face de l’Éternel. » La suite du récit montre comment Dieu utilise Satan pour l’évolution, l’élévation de Job. Quant à Satan, il obéit à Dieu, il ne fait que ce que Dieu lui permet. Celui qui a écrit ce texte avait compris que le bien et le mal sont soumis à une instance supérieure, qu’ils sont deux courants attachés au Trône de Dieu.

Le Trône de Dieu est symbolisé dans l’Arbre séphirotique par la séphira Kéther. La puissance qui règne dans la séphira Kéther dirige l’univers à l’aide de ces deux courants opposés que nous appelons le bien et le mal. Le bien et le mal sont donc comme ses deux mains, et parfois une main frappe l’autre… Le problème du bien et du mal ne pourra jamais être résolu dans le plan physique, car l’origine de ce qui unit ces forces contraires est en haut. En regardant ces forces depuis le plan qui est le nôtre, on voit seulement qu’elles s’opposent, et on ne comprend pas. Notre travail est donc de nous élever jusqu’à cette troisième instance qui sait utiliser les deux autres, dans un but que ces deux autres justement ne connaissent pas. Oui, le bien ne connaît pas tout, et le mal non plus, évidemment. Celui qui connaît tout est au-dessus du bien et du mal. C’est le Seigneur. Alors adressez-vous à Lui et dites-Lui : «Seigneur, Toi qui as créé tant de choses si vastes et si profondes, Tu me vois perdu au milieu d’elles. Je ne peux pas y voir clair à l’aide de mon intelligence limitée. Envoie-moi tes Anges afin qu’ils me disent comment comprendre et comment agir. »

Celui qui a recours au Seigneur se lie à la troisième instance. Pourquoi la religion ne mentionne-t-elle jamais cette troisième instance ? Elle présente toujours le bien comme l’équivalent de Dieu. Non, le bien comme le mal n’est qu’un serviteur de Dieu. Parce que nous connaissons un peu quelque chose du bien nous croyons connaître Dieu. Mais Dieu est plus que le bien. Je vous le dis, Dieu est au-delà du bien et du mal. De même que la force mentale et la force sexuelle sont la polarisation d’une même force, le bien et le mal ne sont eux aussi que la polarisation d’une même force. Vous direz : « Comment, la force mentale et la force sexuelle ne sont qu’une même force ? C’est la même force qui pousse une brute à se jeter sur une femme pour abuser d’elle et qui inspire les plus hautes œuvres de la pensée ? » Oui. Et si vous dites que cela vous dérange qu’il en soit ainsi, je vous répondrai que le Seigneur n’a pas fait les choses pour nous arranger, Il les a faites pour que nous travaillions...

Je sens combien il est difficile de me faire comprendre sur ce sujet, car cela bouleverse toutes les conceptions que les humains se font généralement sur le bien et le mal. Ces conceptions, on dirait qu’elles sont inscrites dans leur propre chair, impossible de les déraciner. Mais tant qu’ils ne changeront pas de point de vue, ils ne pourront pas pénétrer dans le Temple de l’Éternel. Or, justement comment figure-t-on l’entrée d’un temple ? Par deux piliers surmontés d’un fronton, et ce fronton fait le lien entre le pilier de droite et le pilier de gauche. Symboliquement, le fronton est la troisième force qui travaille avec les deux. De la même façon notre existence est placée sur deux piliers, et ces deux piliers quoique distincts ne doivent pas être séparés mais dominés par un troisième principe qui fait le lien entre eux. Le fronton est en quelque sorte l’équivalent de Kéther et du pilier central dans l’Arbre séphirotique. On retrouve la même signification dans le bâton du caducée d’Hermès ; même si l’apparence matérielle est différente, le bâton, au centre, joue le même rôle.

Le mal, c’est de vouloir séparer les polarités, mais on peut dire également que le mal, c’est de vouloir les joindre. Il est tout aussi mauvais de trop les rapprocher que de les séparer ; une certaine distance doit rester entre elles. Le temple s’écroule quand on veut rapprocher les deux piliers et les souder. Et il s’écroule aussi si on les éloigne trop ou si on ne veut conserver que l’un des deux. Un spiritualiste qui veut chasser de lui tout ce qui est inférieur afin d’être absolument lumineux et pur pour se rapprocher de Dieu, attire à lui toutes les catastrophes intérieures et extérieures.

Les plus grandes tragédies de l’humanité n’ont pas pour origine un mal en soi qui serait venu on ne sait d’où, mais la mauvaise compréhension des humains qui ont décidé d’appeler certaines choses « bien » parce qu’elles les arrangent, et d’autres « mal » parce qu’elles les dérangent. Et comme ce qui arrange les uns dérange souvent les autres, et vice versa, le problème n’est jamais résolu. On ne pourra jamais mettre tout le monde d’accord sur ce que sont réellement le bien et le mal.

Et de la même façon que le bien n’est pas Dieu Lui-même, les qualités et les vertus n’ont pas une valeur absolue. Combien de gens possèdent de grandes vertus ! Eh oui, mais que font-ils avec? Rien. Tandis que d’autres ont toutes sortes de défauts, mais ils veulent s’améliorer, et en travaillant chaque jour sur eux-mêmes ils deviennent capables d’accomplir de grandes choses. S’ils n’avaient pas ces défauts, ils ne feraient peut-être rien. Mais oui, on a vu des gens réaliser des exploits en travaillant sur leurs défauts, tandis que d’autres, satisfaits de leurs qualités, ne faisaient rien. Eh bien, sachez que le Ciel donne deux centimes de ce que vous êtes, il ne considère que ce que vous réalisez avec ce que vous êtes. Il faut donc, au-dessus, une troisième instance qui sache aussi bien utiliser les défauts que les qualités. Et cette troisième instance existe en nous, c’est notre Moi supérieur.

Ce qui importe, c’est uniquement le travail que nous faisons sur nous-mêmes pour mettre nos défauts comme nos qualités au service d’un haut idéal. Combien de gens se lamentent sur la nature humaine pécheresse et porteuse des germes du mal ! Mais il n’y a pas à se lamenter, il y a uniquement à travailler. Que ce soit la vanité, l’orgueil, la colère, la jalousie, la sensualité, tous les défauts doivent être mis au travail.(2) Voilà le seul bon point de vue, la seule bonne solution.

C’est le travail qui compte, ne vous occupez pas du reste ; vos qualités, vos défauts, c’est secondaire. Quand vous aurez trouvé quel est le meilleur travail et que vous aurez décidé de vous y consacrer sincèrement, les uns et les autres deviendront vos meilleurs serviteurs. Prenons un exemple très simple. Vous voulez soulever un poids. Toutes les énergies contenues en puissance dans votre corps physique sont là pour vous donner un coup de main : les muscles, le cœur, les poumons et même le cerveau participent à cet acte. Mais si vous n’avez pas le désir de faire quoi que ce soit, tous vos organes sont démobilisés. C’est le travail qui mobilise toutes vos potentialités. Par le travail un criminel peut finir par dépasser en générosité, en patience et en bonté, les hommes les plus vertueux. Tandis que ceux qui sont considérés comme les meilleurs capitulent, parce qu’ils ne pensent pas au travail.

Alors, je le répète : il faut cesser de se demander pourquoi le Ciel permet que le mal existe. Dites-vous bien que le Ciel permet tout ; et il permet tout parce qu’il utilise tout. Et vous aussi, vous devez comprendre comment utiliser ces deux aspects, le «bien» et le «mal», dans vos travaux, exactement comme le chimiste qui ne rejette rien parce qu’il sait utiliser tous les produits contenus dans son laboratoire, même les poisons, car il faut de tout dans un laboratoire. Le chimiste doit être pour nous un modèle : puisque dans notre laboratoire intérieur nous possédons le pur et l’impur, le lumineux et l’obscur, ce qui nous tire vers le haut et ce qui nous tire vers le bas, il faut que nous apprenions à tout utiliser pour réaliser les desseins de Dieu. Alors, ne détruisez rien en vous, mais remerciez le Ciel de vous avoir créé tel que vous êtes, et travaillez...Omraam Mikhaël Aïvanhov

Notes

1. Cf. De l’homme à Dieu – séphiroth et hiérarchies angéliques, Coll. Izvor n° 236, chap. XVII: « Iésod, Tiphéreth, Kéther : la sublimation de la force sexuelle ».
2. Cf. Le travail alchimique ou la quête de la perfection, Coll. Izvor n° 221.

 

 

La Balance Cosmique - Le Nombre 2 – Chapitre VI-I

 

La Tête Blanche et la Tête Noire - I

 

Un passage du Zohar décrit Dieu comme une tête très belle, très noble, avec une barbe et de longs cheveux blancs. Cette tête blanche se reflète dans une étendue d’eau, et ce reflet inversé apparaît comme une tête noire grimaçante. Que nous enseigne cette figure ? Que ce que nous appelons le mal, le diable, n’est que le reflet, l’ombre de Dieu dans la matière. C’est pourquoi lorsque certaines religions présentent le diable comme l’adversaire de Dieu, et un adversaire contre lequel Il doit sans cesse lutter, elles sont dans l’erreur. Dieu ne lutte pas contre le diable, cela voudrait dire qu’Il lutte contre Lui-même.

 

Comment se fait-il que des religions qui se prétendent monothéistes aient des théories et un comportement qui contredisent leurs bases mêmes ? Elles opposent à Dieu un ennemi, le Diable, tout aussi puissant que Lui, comme si Dieu n’était pas le seul Maître. Mais qu’est-ce que c’est ces religions dont le Dieu a un ennemi qu’Il n’arrive même pas à terrasser ? Et ce sont les humains, tellement faibles et chétifs, qui doivent Lui venir en aide ! C’est ainsi qu’on comprend la grandeur et la toute-puissance de Dieu ? Ces religieux rabaissent Dieu en Le présentant comme incapable de renverser son adversaire. Y avez-vous pensé ?

 

Et leur mauvaise compréhension ne s’arrête pas là, malheureusement. Cet adversaire de Dieu, ils le voient partout en train de s’infiltrer chez les humains sous toutes sortes de formes. Et alors, que font-ils ? C’est chez les humains qu’ils essaient de le combattre en les traitant de suppôts de Satan, de fils du diable, et ils n’ont de cesse de les massacrer en appelant sur eux la damnation éternelle. Mais ces ignorants doivent apprendre qu’il n’y a pas de damnation éternelle, du moins telle qu’ils l’imaginent.

 

Lorsqu’un être se complaît dans le mal et s’obstine à travailler consciemment contre les projets de Dieu, contre la lumière, il se charge tellement, il s’obscurcit tellement qu’à la fin il se produit une séparation entre son âme humaine et son âme divine : l’âme divine, sous forme d’étincelle, le quitte et retourne dans l’océan de la lumière originelle. Privée de cette étincelle, l’âme humaine se désagrège et disparaît. Sinon, quels que soient les péchés et les transgressions commis, l’âme humaine (mais ce que nous appelons « âme » est composé en réalité de plusieurs âmes(1)) peut se purifier grâce à l’âme divine qui est liée à elle et qui cherche toujours à l’entraîner vers la lumière.

 

Quant à ceux qui persécutent les autres sous prétexte de prendre le parti du Seigneur, ils se font en réalité les auxiliaires du diable qu’ils ne cessent de renforcer. Pourquoi partir en guerre contre le diable ? Je vous l’ai dit, le diable est un serviteur de Dieu, il a un rôle à jouer, Dieu se sert de lui pour aiguillonner les humains, les pousser à avancer ; Il n’a pas besoin que les humains L’aident à le combattre, Il sait très bien se débrouiller tout seul, Il l’utilise. Tout comme le chien du berger qui doit ramener les vaches dans leur pré, le diable doit nous ramener dans les jardins du Seigneur ; il faut savoir cela, et même, quand on le rencontre, il faut le remercier. Il est temps que tous ces grands « soldats de Dieu » changent leur conception des choses : le jour où ils comprendront que le diable est l’auxiliaire de Dieu, ils cesseront de se faire eux-mêmes les auxiliaires du diable !

 

La première religion monothéiste a été la religion juive. Moïse a voulu former un peuple qui connaîtrait cette vérité du Dieu unique. Et même dans les Initiations de certaines religions polythéistes, on enseignait l’existence d’un seul Dieu, les autres dieux étaient présentés comme des personnifications des forces de la nature. En dehors du Dieu unique, tout devient insensé, tout s’écroule. Rien ne peut s’expliquer en dehors de l’unité.

 

Vous direz : « Mais alors, le diable n’existe pas ? » Cela dépend de la réalité que l’on met sous le mot « diable ». Le diable n’existe pas en tant qu’entité individuelle, s’opposant à Dieu comme un égal. Ceux qui prétendent qu’il leur est apparu n’ont fait que l’imaginer. Comme il existe des esprits de la lumière, il existe des esprits des ténèbres, et c’est cette collectivité d’esprits ténébreux qu’on appelle le diable. La Tête blanche et son reflet obscur représentent en réalité deux mondes peuplés de créatures. Mais le diable n’existe pas comme une entité séparée de Dieu et qui s’opposerait à Lui, le diable est une force collective qui est nourrie, renforcée par les pensées, les sentiments et les actes négatifs des humains. Le diable est une fabrication des humains qui n’ont pas compris la question du bien et du mal.

Mario dugay

 

On peut dire aussi que le diable est une partie de l’homme lui-même, son moi inférieur. (2) Comment s’est-il formé ? C’est l’homme qui, au cours de ses réincarnations, n’a cessé de l’alimenter par ses faiblesses et ses vices, s’obstruant ainsi la route du Ciel. Mais il existe aussi en l’homme une entité lumineuse, son Moi supérieur, qu’il a formée grâce à des pensées, des sentiments et des actes inspirés par la bonté, la générosité, l’amour, le sacrifice. Si les humains s’efforçaient de mettre de l’ordre dans leur vie intérieure, le diable disparaîtrait, il ne resterait que les deux forces antagonistes du positif et du négatif, du masculin et du féminin, ces deux plateaux de la balance cosmique avec lesquels ils doivent apprendre à travailler.

 

Le mal, le vrai mal, c’est l’ignorance des humains, le manque d’amour, de bonté, et aussi le fait de ne pas considérer comme utiles toutes les forces qui circulent dans l’univers. Le diable est une création des humains ignorants, et c’est une création d’autant plus terrible qu’ils sont plus ignorants. Mal et bien sont, eux, des forces créées par Dieu, et si le mal représente pour nous le diable, c’est parce que nous ne savons pas agir avec lui.

 

Vous direz : « Mais donnez-nous au moins une méthode pour savoir comment agir avec le mal. » Je vous raconterai une histoire. Un sage était dans son jardin en train de cueillir des cerises. (Mais oui, pourquoi un sage ne cueillerait-il pas des cerises ? Le Maître Peter Deunov disait un jour que c’est le seul arbre de la terre qui se trouvait au Paradis). Soudain, il entend du bruit et voit un homme courir : « Mais où vas-tu comme ça ? lui demande-t-il. – Mon voisin me poursuit avec un fusil : il prétend que c’est moi qui ai mis le feu à son grenier. – Va-t-en vite, je vais arranger ça. » Arrive l’autre homme: « Mais où cours-tu ainsi ? lui dit le sage, tu as l’air bien essoufflé. Tu ne veux pas t’asseoir un instant avec moi ? Regarde ces cerises, elles sont délicieuses, goûte-les. » L’homme s’assied et se régale avec les cerises, tandis que le sage lui fait admirer les fleurs du jardin, le ciel bleu, etc. Cette petite halte change son humeur, il renonce à poursuivre son voisin et propose même au sage de l’aider à cueillir ses cerises.

 

Vous direz que c’est là une histoire invraisemblable. Prenez-la tout de même au sérieux, et réfléchissez. Le sage savait que s’il se mettait en travers du chemin en disant à l’homme en colère : « Arrête-toi! » l’autre l’aurait bousculé sans vouloir rien entendre et il aurait été obligé d’employer la force. Voilà le mal. Alors, qu’a-t-il fait ? Il a détourné son attention en lui offrant des cerises. Voilà le bien. Ces cerises ne sont évidemment qu’une image, ç’aurait pu être des noisettes, ou un verre de bon vin, ou autre chose. Cela signifie que, pour empêcher les humains de faire le mal, il vaut mieux essayer de détourner leur énergie que de s’opposer à eux. Ce sont des méthodes que les bons pédagogues savent employer avec les enfants. Et ce sont aussi des méthodes que vous pouvez employer pour vous-même : lorsque vous vous sentez poussé dans une direction dangereuse, essayez d’orienter votre attention et vos énergies dans une direction plus favorable. Il y aura toujours des impulsions «pas très catholiques» pour vous visiter, mais à vous de savoir les diriger sur une autre voie.

 

Oui, croyez-moi, il est possible de faire disparaître le diable par une meilleure compréhension des choses et par une vie en accord avec cette compréhension. Le diable disparu, que deviendront le bien et le mal ? Ils subsisteront, en l’homme et hors de l’homme, comme deux forces complémentaires qui travaillent ensemble parce qu’elles sont la polarisation de Dieu Lui-même.

Blake ancient of days

 

Gardez présente en vous l’image de la Tête blanche, dont la Kabbale dit que chaque cheveu, chaque poil de la barbe représente une vertu, ainsi que son reflet ténébreux, en sachant que ce reflet ne peut pas être véritablement un ennemi puisqu’il n’est pas une réalité, mais une illusion, une ombre qui existe grâce à la lumière et qui prouve la réalité de la lumière. Comment sortir alors du domaine des reflets, des illusions ? En s’élevant par la pensée jusqu’à la Tête blanche de Dieu. Dès qu’on s’éloigne de cette Tête blanche pour descendre dans son reflet ténébreux, on change d’état de conscience et là on est obligé de faire l’expérience du mal, des souffrances et… du diable !

 

C’est grâce à cette compréhension des choses que Jésus a pu dire : « Bienheureux ceux qui pleurent car ils seront consolés. » Il a dit aussi : « Si quelqu’un te frappe sur la joue droite, présente-lui aussi l’autre », (3) et « Si quelqu’un veut prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau. » Combien ont trouvé ces conseils insensés ! Oui, pour celui qui est privé de la lumière de l’Initiation, les paroles les plus sublimes paraissent ridicules. Mais si Jésus a laissé ces mots sortir de sa bouche, c’est parce qu’il se fondait sur l’unité, sur la Tête blanche de la Kabbale, la Tête de Dieu. Lorsqu’on connaît ce principe unique, aucune contradiction ne subsiste, et, moi aussi, c’est vers cette unité que je vous conduis...Omraam Mikhaël Aïvanhov

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Notes
1. Cf. La vie psychique : éléments et structures, Coll. Izvor n° 222, chap. III : « Plusieurs âmes et plusieurs corps ».
2. Cf. Nature humaine et nature divine, Coll. Izvor n° 213, chap. II : « La nature inférieure, reflet inversé de la nature supérieure ».
3. Cf. Le véritable enseignement du Christ, Coll. Izvor n° 215, chap. VIII : « Si quelqu’un te frappe sur la joue droite… ».

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La Balance Cosmique – le nombre 2 – Chapitre VI-II

 

La Tête Blanche et la Tête Noire - II

 

Celui qui a compris combien il est important de mettre l’unité comme idéal dans sa vie, sent que des amis lumineux du monde invisible commencent à venir lui chuchoter : «C’est bien, continue, nous voulons t’aider. » Cela ne veut pas dire que des entités ténébreuses ne s’approcheront pas aussi pour le tenter, mais il faudra qu’il sache leur répondre.

 

Rappelez-vous comment Jésus a répondu au diable : « Le tentateur s’étant approché de Jésus, lui dit : Si tu es Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains. Jésus répondit : Il est écrit : l’homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. Le diable le transporta dans la ville sainte, le plaça sur le haut du temple et lui dit : Si tu es Fils de Dieu, jette-toi en bas ; car il est écrit : Il donnera des ordres à ses anges à ton sujet ; et ils te porteront sur les mains de peur que ton pied ne heurte contre une pierre. Jésus lui dit : Il est aussi écrit : Tu ne tenteras point le Seigneur, ton Dieu. Le diable le transporta encore sur une montagne très élevée, lui montra tous les royaumes du monde et leur gloire, et lui dit : Je te donnerai toutes ces choses, si tu te prosternes et m’adores. Jésus lui dit : Retire-toi, Satan ! Car il est écrit : Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu, et tu le serviras lui seul. Alors le diable le laissa. Et voici, des anges vinrent auprès de Jésus, et le servaient. »

 

Il y a beaucoup de choses à dire sur ce récit. (1) Pourquoi Jésus n’a-t-il pas congédié le diable avec des invectives ? C’est qu’il connaissait les lois. Il savait que répondre au mal par la violence ne fait que le renforcer. Même les esprits mauvais se montrent prudents et polis les uns envers les autres quand ils se rencontrent, à plus forte raison un esprit de la lumière lorsqu’il rencontre un esprit des ténèbres.

 

On raconte que des disciples de saint Antoine croisèrent un jour un magicien noir, très puissant, et que non seulement ils refusèrent de le saluer mais ils lui lancèrent des injures. Le magicien furieux réagit et il y eut des dégâts. Lorsque saint Antoine apprit cela, que croyez-vous qu’il fit ? Il gronda ses disciples. Quant au magicien venu lui raconter qu’il les avait malmenés, il le félicita : « Tu as bien fait, ils avaient besoin d’une leçon. »

 

Alors, qu’a fait Jésus ? Il a répondu point par point aux suggestions du tentateur, et ses paroles l’ont fait reculer. Devant les réponses de Jésus, il n’a pas insisté. Le texte de l’Évangile dit : « Alors le diable le laissa. » Vous pensez que ce n’est pas ainsi que les problèmes se résolvent pour vous dans la vie quotidienne : lorsque vous êtes tenté, une petite conversation avec le diable ne suffit pas ! Cette conversation est évidemment symbolique. C’est comme si le diable avait mis certains avantages sur un plateau de la balance, et en réponse Jésus en a mis d’autres sur l’autre plateau. Sur la balance cosmique de la lumière et des ténèbres, le diable a mis les biens matériels et Jésus a mis les biens spirituels. Il a répondu exactement. Et puisqu’il a fait peser la balance du côté de l’esprit, les anges sont venus le servir.

 

Vous aussi, sachez répondre aux esprits qui veulent vous écarter de la vérité. Dites-leur que vous êtes enchanté de leur venue, mais pour les accueillir apportez la lumière, allumez toutes vos lampes intérieures : ces visiteurs s’enfuiront parce qu’ils sont laids, mal vêtus et qu’ils ne veulent pas être vus. Alors, comme Jésus, vous resterez avec les anges qui continueront à vous instruire dans la philosophie de l’unité. Les anges sont présents chaque fois que l’homme remporte une victoire intérieure. Chaque fois que vous êtes plus fort que la tentation, vous recevez un supplément de force et de lumière. Parce que vous avez remporté une victoire sur une tentation inspirée par votre nature inférieure, les jours suivants vous disposez d’une force nouvelle.

 

Ce qui est difficile, bien sûr, c’est de conserver cet état de grâce. Tant que nous sommes sur la terre, nous ne pouvons pas nous maintenir longtemps sur les sommets auxquels nous sommes parvenus à nous élever. Nous devons lutter chaque fois pour les reconquérir. Lorsque nous quitterons le monde physique pour aller dans le monde spirituel, nous n’aurons plus besoin de lutter, car nous ne serons plus soumis aux tentations. Mais tant que nous sommes sur la terre, nous devons travailler jusqu’à la dernière minute. Il en est comme de la nutrition et de la respiration. Nous avons mangé aujourd’hui, il faut encore manger demain. Nous avons respiré, mais il faut encore respirer. Une expérience nous a fait comprendre le sens de la vie, mais pour ne pas le perdre, nous devons en faire une autre, et puis encore une autre… Nous avons vaincu une tentation, nous serons de nouveau tentés, et de nouveau nous devrons essayer de remporter la victoire. Dans le monde de la polarisation, rien n’est jamais définitif... Omraam Mikhaël Aïvanhov

 

Notes...1. Cf. L’arbre de la connaissance du bien et du mal, Coll. Izvor n° 210, chap. VI : « Les trois grandes tentations »

 

 

Apocalypse2

 

 

Extrait de /La Balance Cosmqiue...La Balance du zodiaque est un reflet de la Balance cosmique, cet équilibre des deux principes opposés mais complémentaires, grâce auxquels l'univers est apparu et continue à exister. Le symbole de la Balance, que l'on retrouve aussi dans l'Arbre séphirotique, domine toute la création.Lorsque, le 23 septembre, le soleil entre dans le signe de la Balance, c'est l'équinoxe d'automne. Après la phase ascendante (du Bélier à la Vierge), commence la phase descendante (de la Balance aux Poissons). La Balance est le septième signe sur le cercle du zodiaque. Pourquoi y a-t-il une balance dans le ciel, et que nous apprend-elle? Au milieu de cette succession de créatures vivantes, êtres humains et animaux, que représente le zodiaque, la Balance seule est un objet, et même plus exactement un instrument de pesée; comme si, avec ses deux plateaux, elle tenait en équilibre les puissances de la lumière et celles des ténèbres, les puissances de la vie et celles de la mort. La Balance du zodiaque est un reflet de la Balance cosmique, cet équilibre des deux principes opposés mais complémentaires, grâce auxquels l'univers est apparu et continue à exister. Le symbole de la Balance, que l'on retrouve aussi dans l'Arbre séphirotique, domine toute la création...

Le Printemps - sous l’influence de Raphaël, archange de Hod

Les quatre saisons sont placées sous l’influence de quatre archanges : Raphaël préside au printemps, Ouriel à l’été, Mikhaël à l’automne et Gabriel à l’hiver. Quand approche l’équinoxe de printemps, tous les esprits et les forces de la nature travaillent sous la conduite de Raphaël pour ranimer la vie partout dans l’univers. Ce renouveau dans la nature est pour les humains synonyme de régénération, donc aussi de guérison. Sur l’Arbre de la Vie, Raphaël est l’archange de la séphira Hod, région où les kabbalistes ont placé la planète Mercure. Or, le dieu Mercure (Hermès dans la mythologie grecque) a pour attribut le caducée qui est encore aujourd’hui l’emblème de la médecine. Et le nom Raphaël signifie « Dieu a guéri ». Pour les chrétiens, Pâques est la grande fête du printemps : dans toute la nature elle célèbre la résurrection du Christ qui est aussi la résurrection de toutes les créatures. C’est pourquoi, quand arrive le printemps, il y a pour chacun un grand travail à faire, c’est le moment de se débarrasser de tout ce qui est intérieurement vieux et caduc. Adressez-vous à l’archange Raphaël, demandez-lui de vous rendre réceptif aux vertus cachées des arbres, des fleurs, des herbes, afin d’entrer en communion avec ce grand courant qui vient du cœur de l’univers et qui apporte la nouvelle vie...Omraam Mikhaël Aïvanhov

Source...http://www.prosveta.fr/le-printemps-sous-l-influence-de-rapha%C3%ABl-archange-de-hod_2014-03-21?bc=index

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Source...http://www.prosveta-canada.com/la-balance-cosmique-le-nombre-2

 

 

 

 

 

 

 

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