La Science Des sages

 

LA SCIENCE DES SAGES...


Il y a en fait peu de sages dans notre monde occidental et sans doute dans la terre entière, car la Sagesse requiert des qualités de maîtrise, d'équilibre dont la réalisation parait fort difficile.Le monde d'aujourd'hui nous donne le spectacle du désordre dans les esprits et de l'inquiétude dans les âmes. Une hypertrophie du cerveau tend à annihiler toutes les autres facultés humaines. Pour les Occidentaux, après l'espoir de conquêtes fracassantes dont on espérait qu'elles apporteraient aux hommes un bonheur du moins matériel, nous pouvons constater une faillite aussi grande que furent les espérances.
Si l'homme voit croître ses biens, il voit croître aussi ses besoins ; s'il possède le néces­saire et souvent plus que le nécessaire, cela n'a point terrassé en lui ce terrible défaut qu'est l'envie sous toutes ses formes, l'envie génératrice de presque tous les fléaux qui torturent l'Humanité...


A cause de cette alchimie qui finit par rendre amères toutes les possessions et toutes les conquê­tes matérielles, scientifiques ou sociales, les hommes, dont un grand nombre pourraient s'estimer comme comblés, ne sont pas plus heureux.
Tourmentés, inquiets, Lis fuient à la fois devant leurs découvertes et devant les responsabili­tés qu'engendrent ces découvertes.
Aimant la nature, les exodes citadins le prouvent, ils détruisent ou mutilent les forêts, suppriment les jardins par lesquels respiraient les cités, empoisonnent les sources et les rivières, rendant inhumain leur habitat.Aimant le silence, se plaignant sans cesse d'en être privés, ils se soumettent pourtant sans révolte au fracas des publicités, aux cacophonies radiopho­niques, aux bourrages de crânes commerciaux.Aimant la paix, car ils croient l'aimer, ils admettent pourtant que la guerre soit inévitable. Ils la craignent et ne font que bien peu de choses pour l'éviter, renforçant au contraire sa possibi­lité par leur panique devant les perspectives que la guerre suppose.
Dans ces conditions, l'ambiance créée par les hommes étant difficile à surmonter, on peut s'imaginer quelle volonté, quelles vertus il faut dévelop­per pour atteindre cette Sagesse qui est équilibre, détachement et sérénité.
Cette absence de sagesse est-elle le propre de l'Occident et si nous nous tournons vers l'Orient allons-nous la rencontrer ? Là ne règne pas non plus l'équilibre. Certes, une longue préparation spiri­tuelle qui s'étend sur des millénaires, une possibi­lité d'isolement qui n'existe pas en Occident, permettent à quelques êtres exceptionnels de pratiquer la sagesse...


Toutefois ceci n'équilibre pas les immenses souffrances qu'éprouvent les peuples qui, pour avoir servi exclusivement l'esprit au détriment des corps, sont livrés aux souffrances d'une misère atroce, où les sages en puissance peut-être sont soumis aux tortures de la faim et aux carences qui y sont attachées.D'autres peuples de cet Orient vers lequel bien des occidentaux ont tourné leur espérance sombrent ou vont sombrer dans un matérialisme pire que le nôtre.Si nous sommes sans parti pris d'aucune sorte, il nous faut penser que ni l'Orient, ni l'Occident ne possèdent la Sagesse, ni l'un ni l'autre n'ont en effet réalisé un équilibre entre la manifestation extérieure de l'être et la force qui crie en l'homme pour se faire entendre.Qu'est donc cette science des Sages susceptible de nous apporter la paix du coeur et la sérénité de l'âme ? Que le mot "science" ne nous égare pas. Il no s'agit pas des conquêtes des savants, et bien peu de sages ont désiré approfondir cette science !


Au risque d'étonner les lecteurs de cette revue, et s'ils ont lu Barbarin, seront-ils étonnés quand nous affirmerons hardiment que la Sagesse est la Science du Bonheur ?Il faut donc que nous définissions ici ce qu'est en réalité le Bonheur. Nous allons essayer à la lumière de ce que nous avons appris sur les hommes, de trouver quels sont les caractères du bonheur, de quoi il est fait, comment il est si difficile à réaliser et quelles pourraient être les conditions qui nous permettraient de le conquérir.Je pense qu'il est fait en premier lieu de sta­bilité. Qu'est un bonheur dont on sait qu'il va finir ? Les êtres les plus remuants, ceux qui paraissent les plus instables ne peuvent vivre s'ils n'ont pas la possibilité de s'accrocher à quelque chose qui dure, ceci pouvant être suivant la person­nalité : stabilité matérielle, affective ou morale. Il nous faut une ancre sans laquelle il est impossi­ble de parler de bonheur.Il nous faut aussi la paix. De quel bonheur peut-on jouir dans l'agressivité et la bagarre ? Même si notre nature nous porte à l'opposition, il faut un coin de nous-même où règne la paix...


Et enfin et surtout, il nous faut l'Amour. Nous en avons faim et soif, même si ce que nous appelons l'amour n'en est que la caricature. N'est-ce pas une de nos gentilles chanteuses "Yé-Yé" qui susurre "mais vivre sanstendresse, non, non, non" ?
Où donc le sage va-t-il trouver ces conditions idéales du Bonheur ?La stabilité d'abord. Nous n'entendons parler que d'instabilité : instabilité monétaire, instabi­lité de l'emploi, instabilité de la famille, et j'en passe.Tant que nous nous tournerons vers l'extérieur, cette condition du bonheur semble bien difficile à réaliser. Le Sage, lui, se tourne vers l'intérieur, et là, il rencontre l'Ami. Là, pas d'impermanence. Il nous attend, il désire sans cesse nous aider pour peu que nous l'en sollicitions. Rien des contingences multiples dont est faite notre vie ne peut nous sépa­rer de Lui.Rencontrer l'Ami, c'est abolir l'inquiétude et trouver la stabilité.La Paix ? On en parle, mais on parle plus souvent de la guerre, de dangers atomiques, des ambitions, des appétits, des concurrences, de jalou­sie, de médisances. Qui peut trouver la Paix en se tournant vers l'extérieur ?

 

Le Sage, lui, dans ce fracas, se tourne vers l'Ami. Là, règne le silence, l'harmonie. Dans ce merveilleux lieu secret les conflits s'apaisent et tout reprend sa véritable place.L'Amour ? Qu'est un Amour qui doit finir ? Si l'homme a besoin d'éternité, c'est bien quand il pense à l'amour? Dans le cas contraire, l'inquiétude le ronge et ce qui devrait être la source de ses délices n'est que la plus raffinée de ses tortures.Pour définir l'Amour, nous pouvons feuilleter "le Règne de l'Amour", un des plus merveilleux livres de Barbarin. Nous saurons ainsi que pour connaître l'Amour dans l'Absolu celui auquel tous nous aspirons, il faut aussi se tourner vers l'intérieur.
Voilà donc la Science des Sages. Elle est un retournement de notre pensée vers le plus profond de nous-même. Elle ne dépend ni de la physique nucléaire, ni de la cybernétique, mais de la valeur de l'âme de l'individu...ANDRÉE  NASCHITZ - ROUSSEAU

 

 

 

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