Le But De La Vie

01thierry akoun

 

LE BUT DE LA VIE....

Par ces données, la clarté se fait en nous et autour de nous ; notre route se précise : nous savons ce que nous sommes et où nous allons. Dès lors, il ne s'agit plus de rechercher des satisfactions matérielles, mais de travailler avec ardeur à notre avancement. Le but suprême est la perfection ; la voie qui y conduit, c'est le progrès ; elle est longue, et se parcourt pas à pas. Le but, lointain, semble reculer à mesure qu'on avance, mais, a chaque étape franchie, l'être recueille le fruit de ses peines ; il enrichit son expérience et développe ses facultés. Nos destinées sont identiques. Il n'est point de privilégiés, point de maudits. Tous parcourent le même chemin et, à travers mille obstacles, sont appelés, à réaliser les mêmes fins. Nous sommes libres, il est vrai, d'accélérer ou de ralentir notre marche, de nous plonger dans les jouissances grossières, de nous attarder pendant des vies entières dans le vice ou l'oisiveté, mais tôt ou tard le sentiment du devoir se réveille, la douleur vient secouer notre apathie, et nous reprenons forcément notre course. Il n'y a entre les âmes que des différences de degrés, différences qu'il leur est loisible de combler dans l'avenir. Usant de notre libre arbitre, nous n'avons pas tous marché du même pas, et cela explique l'inégalité intellectuelle et morale des hommes ; mais tous, enfants du même Père, nous devons nous rapprocher de lui dans la succession de nos existences, pour ne former avec nos semblables qu'une seule famille, la grande famille des Esprits, qui peuple tout l'univers....

Il n'est plus de place dans le monde pour les idées de paradis et d'enfer éternel. Nous ne voyons dans l'immensité que des êtres poursuivant leur propre éducation et s'élevant par leurs efforts au sein de l'universelle harmonie. Chacun d'eux crée sa situation par ses actes, dont les conséquences retombent sur lui, le lient et l'enserrent. Quand sa vie est livrée aux passions et reste stérile pour le bien, l'être s'abaisse ; sa situation s'amoindrit. Pour laver ses souillures, il devra se réincarner sur les mondes d'épreuve et s'y purifier par la souffrance. Cette purification accomplie, son évolution recommence. Il n'est pas d'épreuves éternelles, mais il faut une réparation proportionnée aux fautes commises. Nous n'avons d'autre juge et d'autre bourreau que notre conscience. Mais celle-ci, lorsqu'elle se dégage des ombres matérielles, devient impérieuse et obsédante. Dans l'ordre moral, comme dans l'ordre physique, il n'y a que des causes et des effets. Ces derniers sont régis par une loi souveraine, immuable, infaillible. Ce que, dans notre ignorance, nous appelons l'injustice du sort n'est que la réparation du passé. La destinée humaine, c'est le paiement de la dette contractée envers nousmêmes et envers la loi. La vie actuelle est donc la conséquence directe, inévitable de nos vies passées, comme notre vie future sera la résultante de nos actions présentes. En venant animer un corps nouveau, l'âme apporte avec elle, à chaque renaissance, le bagage de ses qualités et de ses défauts, tous les biens et les maux accumulés par l'oeuvre du passé...

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Ainsi, dans la suite de nos vies, nous construisons de nos propres mains notre être moral, nous édifions notre avenir, nous préparons le milieu où nous devons renaître, la place que nous devons occuper.Avec la loi de réincarnation, la souveraine justice rayonne sur les mondes. Chaque être, arrivé à se posséder dans sa raison et dans sa conscience, devient l'artisan de ses destinées et forge ou brise à volonté les chaînes qui le rivent à la matière. Les situations douloureuses que subissent certains hommes s'expliquent par l'action de cette loi. Toute vie coupable doit être rachetée. Une heure vient où les âmes orgueilleuses renaissent dans des conditions humbles et serviles, où l'oisif doit accepter de pénibles labeurs. Celui qui a fait souffrir souffrira à son tour. Cependant, l'âme n'est pas attachée pour toujours à cette terre obscure. Après avoir acquis les qualités nécessaires, elle la quitte pour des mondes plus éclairés. Elle parcourt le champ des espaces semé de sphères et de soleils. Une place lui sera faite au sein des humanités qui les peuplent. Progressant encore dans ces milieux nouveaux, elle ajoutera sans cesse à sa richesse morale et à son savoir. Après un nombre incalculable de morts et de renaissances, de chutes et d'ascensions, délivrée des réincarnations, elle jouira de la vie céleste, dans laquelle elle participera au gouvernement des êtres et des choses, en contribuant par ses oeuvres à l'harmonie universelle et à l'exécution du plan divin. Tel est le mystère de Psyché, l'âme humaine...

L'âme porte, gravée en elle, la loi de ses destinées. Apprendre à en épeler les préceptes, à déchiffrer cette énigme, voilà la véritable science de la vie. Chaque étincelle arrachée au foyer divin, chaque conquête sur elle-même, sur ses passions, sur ses instincts égoïstes, lui procure une joie intime, d'autant plus vive que cette conquête lui a plus coûté. Et c'est là le ciel promis à nos efforts. Ce ciel n'est pas loin de nous : il est en nous. Félicités ou remords, l'homme porte au plus profond de son être sa grandeur ou sa misère, conséquence de ses actes. Les voix, mélodieuses ou sévères, qui s'élèvent en lui, sont les interprètes fidèles de la grande loi, d'autant plus puissantes qu'il est monté plus haut sur la voie du perfectionnement. L'âme est un monde, un monde où se mêlent encore les ombres et les rayons, et dont l'étude attentive nous fait marcher de surprise en surprise. Dans ses replis, toutes les puissances sont en germe, attendant l'heure de la fécondation pour s'épanouir en gerbes de lumière. A mesure qu'elle se purifie, ses perceptions s'accroissent. Tout ce qui nous charme dans son état présent, les dons du talent, les éclairs du génie, tout cela est peu, comparé à ce qu'elle acquerra un jour, quand elle sera parvenue aux suprêmes altitudes. Déjà elle possède d'immenses ressources cachées, des sens intimes, variés et subtils, sources de vives impressions, dont notre grossière enveloppe entrave presque toujours l'exercice. Seules, quelques âmes d'élite, détachées par anticipation des choses terrestres, épurées par le sacrifice, en ont ressenti les prémices en ce monde. Mais elles n'ont point trouvé d'expressions pour décrire les sensations qui les avaient enivrées. Et, dans leur ignorance de la véritable nature de l'âme et des trésors qu'elle contient, les hommes ont ri de ce qu'ils appelaient illusions et chimères...

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Le but de l'existence étant fixé, plus haut que la fortune, plus haut que le bonheur, toute une révolution se produit dans nos vues. L'univers est une arène où l'âme lutte pour son élévation ; elle l'obtient par ses travaux, par ses sacrifices, par ses souffrances. La souffrance, soit physique, soit morale, est un des éléments nécessaires de l'évolution, un puissant moyen de développement et de progrès. Elle nous apprend à nous mieux connaître, à dominer nos passions et à mieux aimer les autres. Ce que l'être doit chercher dans sa course, c'est à la fois la science et l'amour. Plus on sait, plus on aime, plus on s'élève. La souffrance nous oblige à étudier, pour les combattre et pour les vaincre, les causes qui la font naître, et la connaissance de ces causes éveille en nous une sympathie plus vive pour ceux qui souffrent. La douleur est la purification suprême, l'école où s'apprennent la patience, la résignation, tous les austères devoirs. C'est la fournaise où fond l'égoïsme, où se dissout l'orgueil. Parfois, aux heures sombres, l'âme éprouvée se révolte, renie Dieu et sa justice ; puis, quand la tourmente est passée et qu'elle s'examine, elle voit que ce mal apparent était un bien ; elle reconnaît que la douleur l'a rendue meilleure, plus accessible à la pitié, plus secourable aux malheureux. Tous les maux de la vie concourent à notre perfectionnement. Par l'humiliation, les infirmités, les revers, lentement, le mieux se dégage du pire. C'est pourquoi il y a ici-bas plus de souffrance que de joie. L'épreuve trempe les caractères, affine les sentiments, dompte les âmes fougueuses ou altières...

La douleur physique a aussi son utilité. Elle dénoue chimiquement les liens qui enchaînent l'esprit à la chair ; elle le dégage des fluides grossiers qui l'enveloppent, même après la mort, et le retiennent dans les régions inférieures82. Ne maudissons pas la douleur ; elle seule nous arrache à l'indifférence, à la volupté. Elle sculpte notre âme, lui donne sa forme la plus pure, sa plus parfaite beauté. L'épreuve est un remède infaillible à notre inexpérience. La Providence procède envers nous comme une mère prévoyante envers son enfant indocile. Quand nous résistons à ses appels, quand nous refusons de suivre ses avis, elle nous laisse subir déceptions et revers, sachant que l'adversité est la meilleure école où s'apprenne la sagesse. Tel est le destin du plus grand nombre ici-bas. Sous un ciel parfois sillonné d'éclairs, il faut suivre le chemin ardu, les pieds déchirés par les pierres et les ronces. Un esprit vêtu de noir guide nos pas : c'est la douleur, douleur sainte que nous devons bénir, car elle seule, en secouant notre être, le dégage des vains hochets dont il aime à se parer, le rend apte à sentir ce qui est vraiment noble et beau...

Ces enseignements font perdre à la mort, tout caractère effrayant ; elle n'est plus qu'une transformation nécessaire, un renouvellement. En réalité, rien ne meurt. La mort n'est qu'apparente. La forme extérieure seule change ; le principe de la vie, l'âme, demeure en son unité permanente, indestructible. Elle se retrouve au-delà du tombeau, elle et son corps fluidique, dans la plénitude de ses facultés, avec toutes les acquisitions : lumières, aspirations, vertus, puissances, dont elle s'est enrichie durant ses existences terrestres. Voilà les biens impérissables dont parle l'Évangile, lorsqu'il dit : « Ni les vers ni la rouille ne les rongent, et les voleurs ne les dérobent point. » Ce sont les seules richesses qu'il nous soit possible d'emporter avec nous, d'utiliser dans la vie à venir. La mort et la réincarnation, qui la suit dans un temps donné, sont deux formes essentielles du progrès. En rompant les habitudes étroites que nous avions contractées, elles nous replacent dans des milieux différents ; elles donnent à nos pensées un nouvel essor ; elles nous obligent à adapter notre esprit aux mille faces de l'ordre social et universel. Lorsque le soir de la vie est venu, lorsque notre existence, semblable à la page d'un livre, va se tourner pour faire place à une page blanche, à une page nouvelle, le sage passe en revue ses actes. Heureux celui qui, à cette heure, peut se dire : Mes jours ont été bien remplis ! Heureux celui qui a accepté avec résignation, supporté avec courage ses épreuves ! Celles-ci, en déchirant son âme, ont laissé s'épancher au-dehors tout ce qu'il y avait en elle d'amertume et de fiel...

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Repassant dans sa pensée cette vie difficile le sage bénira les souffrances endurées. Sa conscience étant en paix, il verra sans crainte s'approcher l'instant du départ. Disons adieu aux théories qui font de la mort le prélude du néant ou de châtiments sans fin. Adieu, sombres fantômes de la théologie, dogmes effrayants, sentences inexorables, supplices infernaux ! Place à l'espérance ! Place à l'éternelle vie ! Ce ne sont pas d'obscures ténèbres, c'est une lumière éblouissante qui sort des tombeaux. Avez-vous vu le papillon aux ailes diaprées dépouiller l'informe chrysalide où s'est enfermée la chenille répugnante ? Avez-vous vu l'insecte qui, jadis, rampait sur le sol, maintenant libre, affranchi, voltiger dans l'air ensoleillé, au milieu du parfum des fleurs ? Il n'est pas de plus fidèle image du phénomène de la mort. L'homme aussi est une chrysalide, que la mort décompose. Le corps humain, vêtement de chair, dépouille misérable, retourne au laboratoire de la nature ; mais l'esprit, après avoir accompli son oeuvre, s'élance vers une vie plus haute, vers cette vie spirituelle qui succède à l'existence corporelle, comme le jour succède à la nuit, et sépare chacune de nos incarnations...

Pénétrés de ces vues, nous ne redouterons plus la mort. Comme nos pères, les Gaulois, nous oserons la regarder en face, sans terreur. Plus de craintes ni de larmes, plus d'appareils sinistres ni de chants lugubres. Nos funérailles deviendront une fête, par laquelle nous célébrerons la délivrance de l'âme, son retour à la véritable patrie.La mort est la grande révélatrice. Aux heures d'épreuves, quand il fait sombre autour de nous, parfois nous nous sommes demandé : Pourquoi suis-je né ? Pourquoi ne suis-je pas demeuré dans la profonde nuit, là où l'on ne sent pas, où l'on ne souffre pas, où l'on dort de l'éternel sommeil ? Et, à ces heures de doute, d'angoisse, de détresse, une voix montait jusqu'à nous, et cette voix disait : Souffre pour t'agrandir et pour t'épurer ! Sache que ta destinée est grande. Cette froide terre ne sera pas ton sépulcre. Les mondes qui brillent au front des cieux sont tes demeures à venir, l'héritage que Dieu te réserve. Tu es pour jamais citoyen de l'univers ; tu appartiens aux siècles futurs comme aux siècles passés, et, à l'heure présente, tu prépares ton élévation. Supporte donc avec calme les maux par toi-même choisis. Sème dans la douleur et dans les larmes le grain qui lèvera dans tes prochaines vies ; sème aussi pour les autres, comme d'autres ont semé pour toi ! Esprit immortel, avance d'un pas ferme dans le sentier escarpé vers les hauteurs d'où l'avenir t'apparaîtra sans voile. L'ascension est rude, et la sueur inondera souvent ton visage ; mais, du sommet, tu verras poindre la grande lumière, tu verras briller à l'horizon le soleil de vérité et de justice ! La voix qui nous parle ainsi est celle des morts, celle des âmes aimées qui nous ont devancés au pays de la véritable vie. Bien loin de dormir sous la pierre, elles veillent sur nous. Du fond de l'invisible, elles nous regardent et nous sourient. Adorable et divin mystère ! elles communiquent avec nous. Elles nous disent : Plus de doutes stériles ; travaillez et aimez. Un jour, votre tâche remplie, la mort nous réunira...Léon Denis

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