Loi De La Vie Intérieure

Hazrat inayat khan

 

 

Le mysticisme est un moyen en vue d'une fin. Le mysticisme n'est pas le but, mais par son intermédiaire, on arrive au but. Si on me demande: "Qu'est-ce que le Soufisme? Est-ce une philosophie, est-ce mysticisme?", je répondrai "Il est l'un et l'autre".

On peut reconnaître le côté mystique du Soufisme comme une façon de voir et d'entendre : voir plus loin que ce qu'on voit, entendre plus finement ce qu'on entend. En d'autres termes, voir ce que les yeux ne peuvent pas voir, entendre ce que les oreilles ne peuvent pas entendre. Cette expérience donne à l'homme la faculté de voir sans les yeux et d'entendre sans les oreilles.

Il n'y a pas de doute que pour le mystique, voir et entendre - ces deux mots - ont une signification différente. Quand nous disons voir, nous voulons dire ce que nous voyons par les yeux et quand nous disons entendre, nous voulons dire ce que nous entendons par les oreilles. Pour le mystique, on peut voir non seulement par les yeux, mais même sans les yeux. Pour le mystique, on peut entendre non seulement par les oreilles, mais aussi sans les oreilles. Dans le langage courant, il existe le mot "voyant" pour désigner une personne qui peut voir avec les yeux et sans les yeux.

La question suivante se pose maintenant: s'il existait une telle façon de voir et d'entendre, toute âme serait bien heureuse de l'acquérir, car ce serait comme avoir des ailes pour voler. Qui ne l'aimerait pas? Tout le monde l'aimerait. Si une façon de voir et d'entendre est possible, comment se fait-il que tout le monde ne cherche pas à l'acquérir? C'est parce que tout le monde n'y croit pas: tout le monde ne croit pas en ces choses qui ne peuvent être atteintes que par la foi et jamais sans elle. Donc une chose que toute âme recherche est mise en doute par chaque âme.

Si une âme le croit, il faut alors se demander si elle a suffisamment de patience pour aller jusqu'au bout; car c'est la patience qui est requise dans ce chemin parce qu'une certaine préparation est nécessaire pour acquérir cette faculté d'entendre et de voir. Tout le monde aimerait voir et entendre, mais si une personne était ouverte à cette faculté, serait-elle assez forte pour en supporter les inconvénients? Par exemple, l'homme qui est si prompt à critiquer ses semblables, s'il pouvait voir encore davantage de fautes en eux, que ferait-il? Un homme absorbé dans les intérêts qu'il prend à la vie, s'il voit une chose terrible arriver à lui-même ou à ceux qui lui sont chers, sera-t-il capable de la supporter? Celui qui est prêt à livrer le secret d'une personne à une autre, si, par son pouvoir il connaissait les secrets de ses semblables, quelles choses terribles il pourrait alors faire! Une personne affectueuse qui craint tout mal ou toute atteinte qui toucherait ceux qui lui sont chers, si elle les voyait venir, serait nerveusement brisée.

Nous voyons par conséquent que bien qu'il existe une possibilité de voir et d'entendre dans chaque âme et que chaque âme serait ravie de parvenir à ce pouvoir, toutes ces âmes cependant ne sont pas prêtes à le posséder, et que de plus, cela ne leur serait pas bon. C'est pour cette raison que, tout naturellement, cela est appelé mysticisme. S'il y a là un secret quelconque, c'est seulement celui-ci: avant qu'une personne n'ait développé sa compréhension, elle ne doit pas entendre, elle ne doit pas voir. Par conséquent, ce n'est pas pour la faire voir et entendre mais pour la faire changer de compréhension que le Maître lui donne l'initiation. Quand un élève dit: "Je viens en vue de voir et d'entendre", le Maître lui dit "Vous devez attendre".

Je vais vous raconter ma propre expérience. Avant de me mettre à la recherche de mon Maître, la faculté de voir avait commencé à se développer en moi. C'est cela qui crée le désir de chercher un Maître, car le Maître peut expliquer la Vie. Je ne parlai pas de cette faculté à mon Maître, car j'étais trop impressionné, trop respectueux pour raconter ce que je pouvais voir et entendre. Un jour, cependant, après avoir fréquenté un certain temps mon Maître, je me risquai à en parler. Et quelle fut sa réponse? "Je suis désolé" dit-il, alors que je m'attendais à un mot d'encouragement. Sur quoi il ajouta: "Ce n'est pas de voir et d'entendre. C'est d'y prêter attention qui empêche de progresser".

Cette façon d'entendre et de voir, quand elle existe, les gens l'appellent clairaudience, clairvoyance. Comme ces mots sont mal employés aujourd'hui! Tout homme qui a l'esprit troublé, qui veut en savoir plus sur son avenir et qui en parle, est appelé clairvoyant. Il est bien surprenant d'entendre quelqu'un dire: "Je suis clairvoyant".

En vérité, ce don de voir et d'entendre est un don de l'Être Divin. Une personne qui a ce pouvoir est une personne qui s'est vu confier le secret de la vie. Plus elle le proclame, plus elle attire de gens, et plus grand est le péché qu'elle commet contre la loi divine. Il doit être compris que quand cette faculté de voir et d'entendre apparaît, dès cet instant une initiation est donnée, et l'homme devient responsable des secrets qui lui sont révélés.

De plus, si un homme n'est pas préparé, s'il n'a pas atteint un certain point, que peut-il gagner? Un jour j'ai été amusé d'entendre quelqu'un dire: "La condition de notre pays? Nous avons tant de liberté que nous ne savons pas qu'en faire". Il en est de même avec la personne qui peut voir et entendre, elle découvre qu'il y a tellement à voir qu'elle ne sait plus qu'en faire. Le Soufi, par conséquent, est reconnaissant pour ce qu'il voit et entend et reconnaissant pour ce qu'il ne voit ni n'entend. Il apprend la résignation dans le chemin du voyage divin.

On pourrait demander: "Quelle sorte de préparation devrait-on faire?". La réponse est que c'est une préparation morale, non pas dans le sens que nous donnons au mot moral dans la vie quotidienne, car nous lui donnons un sens égoïste, parce que nous jugeons un autre selon notre loi, au lieu de le considérer selon sa loi. La morale selon le point de vue soufi, spécialement dans cette préparation, est quelque chose de différent: c'est le fait de tenir compte des règles de l'amitié, de la relation avec un aîné ou un supérieur, avec un plus jeune ou un subalterne. Bien que ce soit une chose simple d'estimer l'amitié, il est extrêmement difficile de la pratiquer. Si on connaît le principe de l'amitié, on n'a plus besoin de la morale du monde. Quand, au lieu de son profit et de ses lois, un homme prend en considération le profit et les lois d'un autre, alors il commence à voir l'âme de cet autre. Tant qu'il voit l'autre comme un être, séparé, différent de lui-même, il le voit de façon fausse.

Ce que le Soufisme offre, par conséquent, c'est un moyen d'être averti de ces idées. Et une fois qu'on l'est, l'âme se dévoile naturellement et, comme conséquence naturelle de ce dévoilement de l'âme, graduellement on entend et on voit de plus en plus...

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Ceux qui vivent la vie intérieure découvrent peu à peu une loi cachée au commun des mortels. La loi de la nature est connue en tant que science, celle de la vie est appelée loi morale; mais au-delà de la science et de la morale, il y a une autre loi; on peut l'appeler loi occulte ou encore loi intérieure. C'est une loi que peuvent comprendre un cœur ouvert et une âme éveillée.Cette loi se manifeste au voyant sous des formes nombreuses et variées, quelquefois elle apparaît sous une forme toute contraire à l'effet qu'elle montrera plus tard en se manifestant. L’œil du voyant devient une épée qui tranche pour ainsi dire toutes choses, même les cœurs des hommes; et il voit clairement à travers tout ce qu'ils contiennent; mais trancher dans ce cas est en même temps guérir.

 

Il est dit dans le Coran: "Il a instruit l'homme par l'habileté de sa plume!" Qu'est-ce que cela veut dire? Cela signifie que, pour l'homme dont la vie est la vie intérieure tout ce qu'il voit devient des caractères tracés, et tout ce monde visible devient un livre. Il le lit aussi facilement qu'une lettre écrite par son ami. En outre, il entend une voix intérieure qui devient, pour lui, un langage. C'est un langage intérieur, il ne ressemble pas au langage extérieur. C'est une langue divine, sans paroles, qu'on ne peut guère appeler qu'une voix; et, pourtant, elle joue le rôle d'un langage. Elle est comme la musique qui est aussi intelligible au musicien qu'un langage. L'amateur jouit de la musique, mais seul le musicien sait exactement ce qu'elle dit, ce qu'est chaque note, comment elle est exprimée, et ce qu'elle révèle. Pour lui, chaque phrase musicale a un sens, chaque morceau est un tableau. Mais ceci, je le dis seulement du vrai musicien.

 

Certains font profession de clairvoyance et de clairaudience et très souvent, ils induisent en erreur par leurs fausses prédictions. Mais l'homme dont la vie est la vie intérieure n'a pas besoin de faire de prédictions, il n'éprouve pas le besoin de dire aux autres ce qu'il voit et ce qu'il entend. Non seulement il n'est pas enclin à le faire, mais il n'en voit pas la nécessité; d'ailleurs, il ne lui est pas possible de s'exprimer pleinement. Combien il est difficile de traduire parfaitement une poésie dans une autre langue! Il ne s'agit, pourtant, que d'interpréter une pensée née sur un coin de la terre pour les hommes d'un autre coin de cette même terre. Combien, donc, plus difficile ce doit être de traduire ou d'interpréter la pensée du monde divin pour le monde terrestre! Dans quels termes peut-on la transmettre, dans quelles phrases? Et, même si on pouvait la rendre en mots et en phrases, qui la comprendrait? C'est le langage d'un autre monde. C'est pourquoi, lorsque les prophètes et les sages ont, au cours des âges, apporté à l'humanité un Message et une Loi, ils n'ont donné qu'une goutte de l'océan qu'ils avaient reçu dans leur cœur. Et même cela est d'une grande difficulté, car cette goutte est inintelligible.

 

Tous les chrétiens comprennent-ils la Bible, tous les musulmans le Coran, ou tous les hindous le Vedânta? Non pas; ils peuvent savoir les mots des versets, mais ils n'en connaissent pas toujours le sens exact. Il y a des musulmans qui savent tout le Coran par cœur, mais cela ne suffit pas pour le comprendre. La nature tout entière est un livre dont le sens est caché; pour le Voyant, toutefois, c'est un livre ouvert. Comment peut-on le traduire? Comment peut-on l'interpréter? Il en est comme d'essayer d'apporter l'océan sur terre: on le peut, mais dans quelle mesure?La compréhension de cette loi donne au voyant une vue très différente de la vie qui l'incline davantage à apprécier tout ce qui est bon et beau, à admirer tout ce qui mérite d'être admiré, à jouir de tout ce qui en vaut la peine, à faire l'expérience de tout ce qui en est digne. Cela éveille dans le voyant la sympathie qui le pousse à aimer, a tolérer, à pardonner, à supporter et à comprendre; il se sent porté à soutenir, à protéger, à aider ceux qui sont dans le besoin. Mais peut-il exprimer ce qu'il ressent vraiment, et comment il le ressent? Non, il ne peut même pas se le dire à lui-même.

 

Ainsi, l'homme qui vit la vie intérieure est tout: il est comme un médecin qui possède des connaissances qu'un médecin ne peut avoir, il est comme un astrologue qui en sait beaucoup plus qu'un astrologue; comme un artiste qui sait ce qu'un artiste ne pourrait savoir, comme un musicien qui connaît ce qu'un musicien ne connaît pas; il est un poète qui connaît ce qui n'est pas perceptible au poète; car il est l'artiste de l'univers entier, le chantre de l'hymne divin. Il devient un astrologue de tout le cosmos qui est caché à la vue de l'homme. Il n'a pas besoin de montrer qu'il connaît la vie éternelle: sa vie même est l'évidence de l'éternité. La mort est pour lui une ombre, un changement; mourir c'est tourner la face d'un autre côté. Pour lui, tout a un sens, chaque vibration, le mouvement de l'eau, de l'air, de l'éclair, du tonnerre et du vent, chaque mouvement a pour lui un message et lui apporte un signe. Pour quelqu'un d'autre, c'est seulement le tonnerre, ce n'est que l'orage; mais pour celui dont la vie est la vie intérieure, chaque phénomène a son sens particulier. Et lorsque son évolution le conduit plus haut, non seulement chaque mouvement a une signification qui lui est propre, mais sur chaque mouvement il a imprimé sa direction. C'est alors qu'il devient maître.

 

En outre, tous les événements de la vie terrestre, individuels ou collectifs, qui sèment le trouble, le désespoir ou la dépression ou qui apportent joie, plaisir et distraction, son regard les pénètre tous. Il en connaît le pourquoi, il sait d'où ils viennent, ce qu'ils cachent, ce qui les a causés, et, derrière la cause apparente, il voit la cause cachée. Et, s'il voulait remonter de cause en cause, il arriverait à la Cause Première, car vivre sur le plan de la vie intérieure, c'est vivre avec la Cause Première, c'est ne faire qu'un avec Elle. Ainsi, pour celui qui vit la vie intérieure, en d'autres termes, qui vit la vie de Dieu, Dieu est en lui et il est en Dieu...La Loi De La Vie Intérieure...Chapitre 6 /Hazrat Inayat Khan

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Inayat Khan a défini dix principes qui forment les fondements de son Soufisme Universel...


1...Il y a un Dieu; l'Eternel, l'Unique Présence; Rien n'existe sans lui.
2...Il y a un maître ; l'esprit guidant toutes les âmes qui conduit constamment tous ceux qui le suivent vers la lumière.
3...Il y a un livre saint; le manuscrit sacré de la nature, la seule écriture qui peut éclairer le lecteur.
4...Il y a une religion; le progrès inébranlable dans la bonne direction vers l’Idéal, qui comble le but de la vie de chaque âme.
5...Il y a une loi; la loi de réciprocité, qui peut être observée par une conscience désintéressée, avec un sens éveillé de la justice.
6...Il y a une fraternité;la fraternité humaine qui unit les enfants de la terre sans discrimination en tant qu'enfant de Dieu.
7...Il y a une morale; l'amour qui surgit de l'abnégation et éclot en actes de bienveillance.
8...Il y a un objet de prière; la beauté qui réjouit le cœur de son adorateur à travers tous les aspects du visible et de l'invisible.
9...Il y a une vérité; la connaissance véritable de nos existences, en nous et à l'extérieur de nous, qui est l'essence de la sagesse.
10...Il y a une voie; la destruction du faux ego dans le réel, qui élève le mortel à l'immortalité, dans laquelle réside la perfection...

 

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Dans le mot Soufi comme dans le mot grec sophia, la sagesse est implicitement contenue. La sagesse ne peut être ni d'Orient ni d'Occident, elle n'appartient pas en particulier à une race, une nation ou une croyance. La sagesse est universelle et c'est l'héritage de l'humanité, un héritage divin. Nous confondons souvent sagesse avec intellect; nous appelons parfois sage une personne intellectuelle et parfois habile une personne sage. Pourtant la personne sage est différente de la personne habile. La personne habile est sage dans les affaires du monde, elle est partiellement sage; il y a une part de sagesse qui lui manque: cette part qui ne peut pas être acquise par l'étude ni par la recherche. Ce qui peut être acquis grâce à ce que nous étudions et apprenons est la partie intellectuelle de la sagesse, mais il y a un autre moyen d'obtenir la sagesse, c'est de la puiser en soi-même. Nul doute que cela ne veuille rien dire à celui qui pense que seule la partie intellectuelle de la sagesse peut être acquise, en revanche, celui qui, au-delà des sens physiques, voit quelque chose de secret, caché à nos yeux, celui-là le comprend. Il peut apprendre aussi bien de ce qui est au-dehors que de ce qui est au-dedans de lui. La nature humaine a tendance à pencher d'un seul côté, soit matériel, soit spirituel, et en raison de cette tendance, l'homme découvre dans tous les aspects de sa vie qu'il y a quelque chose d'incomplet. Dans la connaissance qui lui vient de l'extérieur - apprise dans les livres ou par l'expérience - une personne, aussi avancée soit-elle, éprouve parfois une impression d'obscurité et de vide à cause de l'absence d'une autre connaissance qui aurait fait d'elle un être complet, à la satisfaction de son âme.

Au cours de mes voyages en Orient et en Occident, j'ai rencontré d'innombrables âmes désirant toutes connaître ce qui pouvait être appris du monde extérieur. Mais j'ai toujours perçu chez elles la présence de quelque chose qui était continuellement en quête d'une autre forme de connaissance dont le manque leur était parfois connu et parfois inconnu. Une telle connaissance existe-t-elle? Quelle est la nature, le caractère de cette connaissance? D'où vient-elle?

On peut répondre par la question suivante: "D'où vient le langage? Vient-il d'une personne? Existe-t-il une personne qui ait inventé une langue?" Non, aucune. C'est un résultat naturel quand des gens se parlent, c'est ce qui a construit un langage systématisé qui s'est enrichi et qui a été parlé longtemps. Il en est de même avec la connaissance. Non seulement la connaissance extérieure, mais même la connaissance intérieure est un recueil des expériences immémoriales. Tout cela est dans le Mental Divin. Comment peut-on y puiser? De la même façon que la branche d'un arbre tire sa subsistance des racines, si nous représentons nos âmes comme les branches d'un arbre, nous verrons qu'il n'y a qu'une seule racine: le Mental Divin. Chaque goutte de pluie qui tombe sur les feuilles, l'action du soleil sur les feuilles et les branches, tout a un effet conjugué dans la racine qui est le cœur de l'arbre. De la même façon, toute la connaissance est rassemblée dans un seul Mental, le Mental Divin. Et, c'est de ce Mental que, consciemment ou inconsciemment, l'homme peut tirer cette connaissance qui est, dans une certaine mesure, différente de la connaissance qu'il peut acquérir du monde extérieur.

Il n'est pas difficile d'en trouver la preuve. L'intuition n'est pas une chose peu commune. Dans la nature féminine, l'intuition est plus fine que dans la nature masculine. Pour la raison que la pensée d'une femme ne vient pas seulement de la tête mais également du cœur. Il lui est alors facile, quand la connaissance ne vient pas de la tête, de la puiser au-dedans d'elle-même, dans le cœur. On a constaté d'innombrables preuves dans différents pays d'Europe concernant des mères et des épouses de combattants sur les champs de bataille, qui percevaient différents signes de la condition de leurs êtres chers. Quiconque a de l'affection, qui sait ce que veut dire l'amour, le dévouement, la tendresse du cœur, ne peut pas mal comprendre la chose un seul instant. Une certaine connaissance vient à une telle personne, une connaissance qu'elle n'aurait pas pu recevoir par des moyens extérieurs. Quand nous examinons le problème d'un autre point de vue, nous obtenons la confirmation que, comme la vue n'est complète qu'avec les deux yeux, et l’ouïe avec les deux oreilles, de la même façon c'est la connaissance acquise aussi bien au-dedans qu'au-dehors qui donne une sagesse complète. Et cependant bon nombre de personnes sont si absorbées dans la poursuite de la connaissance puisée à l'intérieur qu'elles rêvent dans la vie, vivent dans les nuages et parlent de choses imaginaires. Mais cela n'est pas notre préoccupation. Ce serait aussi envisager les choses d'un seul côté. La sagesse vient de l'équilibre, la vérité vient de l'équilibre. Une personne qui est largement éveillée aussi bien à la lumière intérieure qu'à la lumière extérieure peut être d'une plus grande utilité et c'est elle qui vit plus pleinement.

Si nous nous interrogeons sur ce qui a conduit le monde moderne au désordre de ces dernières années, et sur la cause qui est à l'origine de tout cela, nous constaterons tôt ou tard que, malgré tous ses progrès, l'humanité a perdu son équilibre.

Il y a ceux qui se sont tenus à leur propre croyance spirituelle. D'autres ont pris une direction nationaliste et, sont-ils heureux? Ils ne le sont pas, car ce qui rend heureux n'existe pas sur terre. Cela existe dans l'espace, on pourrait dire: "cela existe dans les cieux". C'est une chose à laquelle il faut atteindre.

Qu'est-ce qui aide l'homme à l'atteindre? L'homme a perdu la notion de la valeur de l'imagination, de la valeur de la pensée. Qu'y a-t-il à atteindre dans ce monde, auquel nous donnons une si grande importance? Nous imaginons qu'un caillou coûte un sou et un diamant des millions. C'est un effet de notre imagination. L'un est plus brillant que l'autre, mais c'est notre imagination qui a fait de l'un une chose aussi précieuse. Par une observation approfondie, nous voyons que ce n'est rien d'autre que de l'imagination. Parfois, nous pensons que certaines choses peuvent valoir tant, et parfois nous accordons cette valeur à d'autres choses. C'est encore un effet de notre imagination. Nous n'occupons notre imagination qu'avec des choses terrestres, intelligibles à notre esprit.

Quant au monde intérieur, nous n'y prêtons guère attention. Nous disons: "Il peut exister comme il peut ne pas exister. Quelle importance?" Mais à la longue, c'est important. C'est important quand il s'agit de vie ou de mort, car alors, toutes les choses autour de nous importent moins que notre propre être.

Alors apparaît peut-être la recherche de soi-même, et l'homme s'interroge: "Qu'est-ce que mon moi si la mort peut l'emporter? Si le moi est plus important et plus grand, je veux découvrir ce qu'il est, y être de plus en plus attentif et parvenir à cette connaissance qu'on peut obtenir de l'intérieur".

Et la question se pose: "Comment cela peut-il être obtenu?" On répondra: en regardant à l'intérieur de soi. Nous avons l'habitude de regarder à l'extérieur. Quand les yeux d'un homme sont ouverts, son attention est attirée par tout ce qui se présente et il n'est pas conscient de ce qui existe au-dedans de lui-même. Quand il est fatigué de tout ce qu'il y a à l'extérieur, il ferme les yeux et alors devant eux se présente tout ce qui a été recueilli dans son mental. De cette façon, simplement en fermant les yeux, le monde intérieur de ses yeux vient à lui. Si cela est vrai, on peut facilement se rendre compte qu'on doit plonger profondément au fond de soi. Ainsi, la sagesse que le message Soufi présente au monde est acquise par cette méthode qui consiste à établir une communication avec le monde intérieur.

Le message Soufi ne donne au monde ni grands principes ni doctrines, il n'apporte pas à l'Occident de nouvelles conceptions; il aide seulement les gens à se découvrir, à trouver l'équilibre et à l'établir dans tout ce qui peut arriver. Point de promesse de richesse ni de santé. Il ne conduit pas aux miracles, aux phénomènes, aux prodiges ; il n'apporte pas une nouvelle voie pour la piété ni pour la spiritualité; il ne fonde pas une communauté ni une nouvelle religion. C'est une façon bien plus large de voir la vie, un point de vue, une attitude. Je pense qu'à la fin le bonheur qui peut être obtenu au fond de soi est le meilleur chemin vers cette paix qui est l'accomplissement de la vie...
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Source...http://www.soufi-inayat-khan.org/present/qu_est/qu_inter.htm


Dans la vie quotidienne , nous sommes confrontés à un millier de problèmes que nous ne sommes pas toujours suffisamment évolué pour répondre, puis que le silence peut nous aider. Car s'il n'y a aucune religion, s'il y a une pratique de la religion, il doit tenir compte pour le plaisir de Dieu en ce qui concerne le plaisir de l' homme. L'essence de la religion est de comprendre. Et cette religion nous ne pouvons pas vivre sans avoir le pouvoir sur le mot, sans avoir réalisé la puissance du silence. Il y a tellement de très nombreuses occasions où nous nous repentons après blesser desamis, qui auraient pu être évitées s'il y avait eu le contrôle de nos mots. Le silence est le bouclier de l'ignorant et la protection des sages. Pour les ignorants ne prouve pas son ignorance s'il garde lesilence, et l'homme sage ne ​​jette pas des perles devant les pourceaux s'il connaît la valeur du silence. Ce qui donne le pouvoir sur les mots? Ce qui donne la puissance qui peut être atteint par lesilence? La réponse est: il est la volonté de puissance qui donne le contrôle sur les mots; il est lesilence que l' on donne la puissance du silence. Il est l' agitation quand une personne parle trop.Plus les mots sont utilisés pour exprimer une idée, les moins puissants qu'ils deviennent. Il est bien dommage que l' homme pense si souvent de pièces de monnaie d' épargne et pense d'épargner lesmots jamais. Il est comme sauver des cailloux et de jeter des perles. Un poète indien dit: «Pearl-shell, ce qui vous donne vos précieux contenu? Silence; pendant des années mes lèvres ont été fermées. Pendant un moment , il est une lutte avec soi - même; qu'il contrôle une impulsion; mais ensuite la même chose devient une puissance...

 

Où est la parole de Dieu a entendu? En silence. Les voyants, les saints, les sages, les prophètes, les maîtres, ils ont entendu cette voix qui vient de l'intérieur en se rendant silencieux. Je ne veux pas dire par là que parce qu'on a le silence un sera parlé; Je veux dire qu'une fois que l'on est silencieux on entendra le mot, qui est constamment à venir de l'intérieur. Quand l'esprit a été fait encore, une personne communique également avec tous ceux qu'il rencontre. Il n'a pas besoin de mots: lorsque le regard rencontre qu'il comprend. Deux personnes peuvent parler et discuter toute leur vie sans jamais comprendre. Deux autres avec des esprits tranquilles regardent les uns les autres et en un instant une communication est établie entre eux.D'où viennent les différences entre les gens viennent? De l'Intérieur. À partir de leur activité. Et comment un accord vient? Par le silence de l'esprit. Il est le bruit qui empêche une voix que l'on entend de loin, et ce sont les eaux troubles d'une piscine qui nous empêche de voir notre propre image reflétée dans l'eau. Lorsque l'eau est encore il faut une réflexion claire; et quand l'atmosphère est encore alors que nous entendons cette voix qui ne cesse de venir au cœur de chaque personne...Extrait/Purification Mentale,Silence...

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Si quelqu'un vous demande: «Qu'est-ce que le soufisme Quelle religion est-il?", Vous pouvez répondre:

"Soufisme est la religion du cœur, la religion dans laquelle la chose la plus importante est de chercher Dieu dans le cœur de l'humanité."Il y a trois façons de chercher Dieu dans le cœur humain. La première est de reconnaître Dieu le divin en chaque personne, et de prendre soin de chaque personne avec qui nous entrons en contact, dans notre pensée, de parole et d' action. La personnalité humaine est très délicate. Plus vivant le cœur plus sensible qu'elle est; ce qui provoque la sensibilité est l'élément de l' amour dans le cœur, et l' amour est Dieu. La personne dont le cœur est pas sensible est sans sentiment; son cœur ne vit pas, mais il est mort. Dans ce cas , l'esprit divin est enterré dans son cœur. Une personne qui est toujours préoccupé par ses propres sentiments est si absorbé par lui - même qu'il n'a pas le temps de penser à une autre. Toute son attention est repris par ses propres sentiments: lui - même, les inquiétudes au sujet de sa propre douleur pitié, et est jamais ouvert à sympathiser avec les autres. Celui qui prend connaissance du sentiment d' une autre personne avec qui il vient dans les pratiques de contact du premier moral essentiel du soufisme. La prochaine façon de pratiquer cette religion est de penser à la sensation de la personne qui ne sont pas à l'heure actuelle devant nous. On se sent pour une personne qui est présente, mais on néglige souvent dese sentir pour quelqu'un qui est hors de la vue. On parle bien d' une personne à son visage, mais si l' on parle bien de quelqu'un quand il est absent, qui est plus grande. On sympathise avec la peine de quelqu'un qui est devant l' un pour le moment, mais il est plus à sympathiser avec celui qui est loin. La troisième façon de réaliser le principe soufi est de reconnaître dans son propre sentiment le sentiment de Dieu un, et réaliser toute impulsion qui monte dans son cœur comme une direction de Dieu. Réalisant que l' amour est une étincelle divine dans son cœur, on souffle cette étincelle jusqu'à ce qu'une flamme peut augmenter pour éclairer le chemin de la vie...Hazrat Inayat Khan

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Le symbole de l'Ordre soufi, qui est un coeur avec des ailes, est symbolique de son idéal. Le cœur est à lafois terrestre et céleste. Le cœur est un réceptacle sur la terre de l'esprit divin, et quand il  tient l'esprit divin , il monte en flèche vers le ciel; les ailes picture son lever. Le croissant au cœur symbolise la réactivité; il est le cœur qui répond à l'esprit de Dieu qui monte. Le croissant est un symbole de la réactivité car il pousse plus complète en répondant de plus en plus au soleil àmesure qu'il progresse. La lumière , on voit dans le croissant est la lumière du soleil. Il obtient plus delumière avec l' augmentation de la réponse, de sorte qu'il devient plus complète de la lumière du soleil.L'étoile au cœur du croissant représente l'étincelle divine reflétée dans le cœur humain comme l' amour, ce qui aide le croissant vers sa plénitude. Le message soufi est le message de la journée. Il ne met pas desthéories ou des doctrines à ajouter à celles déjà existantes, ce qui casse l'esprit humain. Ce que le monde a besoin aujourd'hui est le message de l' amour, l' harmonie et la beauté, dont l'absence est la seule tragédie de la vie. Le message soufi ne donne pas une nouvelle loi. Il se réveille dans l' humanité l'esprit de fraternité, avec une tolérance de la part de chacun pour la religion de l'autre, et avec le pardon de chacun pour la faute de l'autre. Il enseigne la prévenance et la considération, de manière à créer et maintenir l' harmonie dans la vie; il enseigne le service et l' utilité, qui seule peut rendre la vie dans le monde fécond et dans lequel se trouve la satisfaction de chaque âme...Hazrat Inayat Khan
 

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Le soufisme, comme toute voie spirituelle authentique, se présente en tant que chemin de retour au centre de notre être.
Il a pour finalité la réalisation et le dépassement de l’ensemble des possibilités inhérentes à l’état humain.
Les soufis se singularisent par leur insistance sur l’expérience et la réalisation spirituelle.

Les 3 grands maîtres soufis :

– Ghazâlî (Iran Oriental)
Il insiste sur la prééminence du dévoilement spirituel et de l’inspiration sur la raison et les sciences qui en dépendent : théologie, philosophie, droit…
Dieu ne se prouve pas, Il se « goûte ».

– Ibn ‘Arabî (1165)
Son oeuvre repose sur la doctrine de l’unicité essentielle de l’Être : il n’existe aucune distinction entre le Créateur et sa créature.Dieu crée par amour, et sa créature est la manifestation de cet amour. Tous deux sont donc indissociablement liés par cette énergie. Se découvrir soi-même, c’est découvrir Dieu en soi, et découvrir Dieu, c’est se découvrir soi-même.La réalisation de cette réunion divine par la connaissance de l’amour est le but de toute vie spirituelle pour Ibn ’Arabî.

– Rûmî (le plus connu en Occident)
Il personnifie la voie de l’amour et de l’ivresse.
L’apport majeur de Rûmî est sans doute d’avoir exprimé avec tant de nostalgie le besoin pour l’âme de retourner à la source divine.Tous les soufis observent le « souvenir/invocation » de Dieu, mais Rûmî a donné à cette méthode contemplative une saveur très particulière.
« Élève-toi au-dessus du temps et de l’espace, laisse le monde et sois toi-même un monde pour toi-même. »Mahmûd Shabestarî

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Rûmî,Surnommé aussi Mawlanna, qui signifie maître ou seigneur, est considéré comme le plus grand poète mystique de la langue persane et l'un des plus hauts génies de la littérature spirituelle universelle. Né le 30 septembre en 1207, à Balkh, dans le Khorasan (aujourd'hui en Afghanistan), il vécut la plus grande partie de son existence en Turquie au terme d'une errance de plusieurs années avec sa famille qui avait fui les massacres de Gengis Khan. Son père, théologien et enseignant, assura à son fils une éducation d'érudit. Sa vie durant, Rûmî fut obsédé par le désir de trouver la voie qui aboutirait à la fusion de l'âme en Dieu. Il s'initia aux pratiques du soufisme, à la méditation jusqu'à l'extase. 

Sa vie bascule lorsque le 30 novembre 1244, à Konya, il rencontre un derviche errant, originaire de Tabriz, le moine soufi Shams al-din. Pris d'une véritable passion pour le personnage, Rûmî abandonne tout, famille, enfants, sa fonction, sa maison pour travailler aux côtés de celui qui devint son initiateur, son maître. 

L'aventure passionnelle de Djalâl al-din Rûmî et de Shams fit scandale et il faudra que Shams soit assassiné pour que Djalâl al-din Rûmî redevienne lui-même et mette en ouvre les expériences et les enseignements qu'il a assimilés en créant la confrérie soufie des derviches tourneurs. Aujourd'hui encore, il existe des adeptes de cette discipline codifiée par Djalâl al-din Rûmî où la musique et la danse sont le moyen de parvenir aux Son couvre principale demeure le Mesnevi, recueil de quelque cinquante mille vers. Sa philosophie, sa morale, sa doctrine mystique y sont contenues. Henry Corbin en parle comme du « Coran persan ...Rûmî est mort le 17 décembre 1273, à Konya, où son tombeau fait l'objet d'une grande vénération...
 

Vidéo Audio...Jalâl ud Dîn Rûmî ou les Célébrations de L'Amour...France Culture, Tout un monde /Marie-Hélène Fraïssé
 

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