Conscience Divine

 

Ramana maharshi arunashala 3 copie 1

 

 

 

Approche de L'union Mystique......Ramana Maharshi...


L'être humain est composé d'une personnalité qui n'est qu'un assemblage temporaire de composantes matérielles et psychiques et par ailleurs d'une conscience individuelle, c'est-à-dire d'une âme immuable, qui est le Moi suprême de chacun, et qui participe pleinement à l'intemporalité bienheureuse de l'Absolu, dont il est une facette inaffectée par les vicissitudes de l'existence.
Chaque homme se trouve englué dans l'ignorance, ignorance qui lui fait croire : je suis cet homme qui vit, qui pense, qui agit, s'identifiant à l'homme, la conscience s'attache aux jouissances éphémères qu'éprouve ce dernier, par cet attachement, cette soif de vivre, cette peur de la mort, elle se trouve enchaînée à l'ego et méconnaît sa véritable nature. La réalisation spirituelle consiste donc à briser les attaches qui emprisonnent la conscience, à dissiper l'illusion dont elle est la proie, et à connaître notre unité avec l'Absolu.
Il est fondamental de comprendre que nous ne sommes pas l'homme. Notre moi véritable, notre moi suprême, est partie indissoluble de l'Absolu, de l'Esprit Divin, éternel contemplateur et seigneur de l'univers. C'est pourquoi nous devons parvenir à transcender la conscience égotique, pour vivre au niveau de notre nature véritable, qui est la Conscience Divine.

Tel est le but de la réalisation spirituelle, vers laquelle tendent toutes les religions, et par laquelle les immensités de la, béatitude nous seront connues.
Les passions et les craintes étant ce qui enchaîne notre conscience à la condition humaine, il faut obtenir un complet détachement vis-à-vis des choses terrestres.

Plus les passions, les désirs et les appétits de l'individu sont puissants, plus la conscience est fortement identifiée à l'ego, rivée à la matière, aveugle aux réalités suprêmes plus il lui est difficile de parvenir à l'union transcendantale avec l'absolu. Le chemin de l'union mystique passe donc par le détachement, mais le détachement à lui seul n'est pas capable de dissoudre l'écueil le plus redoutable, celui de l'égoïsme. C'est par l'amour, l'amour du seigneur, l'amour d'autrui et le don de nous-mêmes que nous pourrons dissiper le nuage noir de l’égoïsme. Inutile de songer à libérer notre conscience des attaches de l'ego, tant que ce dernier connaîtra cette enflure pléthorique qu'est l’égoïsme.
Que dire de l'orgueil ! De même que l’égoïsme c'est une obésité du moi, ceci se conçoit aisément : en l'orgueil, l'individualité ne se contente pas de s'identifier faussement au moi humain, elle se glorifie de cette identification !
Ainsi le comble de l'absurde est atteint.

Il faut être détaché des contenus de l'ego pour pouvoir le dépasser ; et le dépasser c'est cesser de s'identifier à lui, pour s'identifier à notre véritable nature, qui est la conscience intemporelle de l’Être Divin. Nous identifiant à notre véritable nature nous découvrons le caractère transcendant de notre essence, une grave erreur, lorsque l'on a intuitivement perçu le caractère transcendant de notre nature ultime, consiste à considérer celle-ci comme étant une sorte de super-ego, dans lequel se retrouverait notre personnalité magnifiée et immortalisée. Celui qui s'imagine cela peut aboutir au culte d'un soi-même déifié et s'attribuer dialectiquement les prérogatives de l'Esprit Éternel en déclarant : « je suis Dieu ». Rien de tel pour gonfler l'ego humain d'une importance démesurée ; et bloquer tout cheminement vers une réalisation spirituelle véritable. Laquelle ne consiste pas à s'asseoir sur un trône théologique, mais à avancer vers un dépouillement intérieur progressif, grâce auquel le superficiel cesse de dissimuler l'originel.

Certes nous sommes Dieu, ou plutôt, notre véritable nature est identique et inséparable de celle de Dieu. Mais rien de ce que nous sommes en tant qu'homme n'est Dieu. Tous les éléments qui composent le moi humain sont la résultante de processus divers relevant du domaine de la nature, et tous sont impermanents.

Ceci est vrai non seulement pour les éléments physiques, mais également pour les psychologiques et psychiques, pour les pensées, les sentiments, les aspirations. La personnalité n'est qu'un assemblage passager qui ne contient rien d'éternel, et qui est absolument vide de notre nature véritable. En notre moi suprême nulle trace d'ego, nulle trace du moi humain. Nulle trace de celui qui écrit, et de celui qui lit. Nulle trace des tendances, goûts, aspirations, et aptitudes caractéristiques qui composent la personnalité.

En la Transcendance de notre véritable nature, nulle place pour une espèce de personnalité surhumaine, doter de pouvoirs et d'attributs extraordinaires.
Transcendant veut dire par-delà toute qualification, et donc bien au-delà de toute espèce d'individualisme, fut-il surhumain ou super-surhumain. C'est précisément parce que notre nature individuelle ultime dépasse toute qualification personnalisante qu'elle est une avec la nature éternelle, universelle, intemporelle et transcendante de Dieu.

Unité ne veut pas dire équivalence. Notre conscience est indissociable de la conscience de Dieu. Leur nature est identique, mais notre conscience n'est pas la conscience divine en sa totalité. Notre conscience est Dieu en tant que fragment, la nature d'un fragment est identique à la nature de la Totalité ; mais Dieu englobe et dépasse la totalité des fragments de conscience ; ou si l'on préfère la multitude de foyers de consciences individualisées qu'il contient intrinsèquement.

La preuve de cette non-équivalence se trouve dans le raisonnement suivant : si ma conscience était celle de Dieu, au lieu d'être simplement indissociable de la conscience Divine je percevrais la totalité de l'univers. Or ce que je perçois, ce dont j'ai conscience, n'est qu'un fragment de l'univers. Je suis donc conscience individualisée tandis que Dieu qui perçoit la totalité de l'univers est conscience universelle.

Je suis un avec l’Être divin au niveau de mon essence ; mais je suis distinct de lui au niveau de mon individualité.

Nous sommes en notre essence transcendante l’Être Divin, et nous ne le savons pas.

De par cette ignorance métaphysique, nous sommes séparés de Lui, inconscients de Sa Réalité.

L'initiation et le travail spirituel de chacun dissipent cette ignorance. De par la dissipation de l'ignorance, l'inconscience transcendantale se trouve remplacée par la Conscience transcendantale ; et à la séparation mystique, à cause de laquelle l’homme était en quelque sorte exilé de son origine, se substitue l'union mystique, par laquelle la brisure qui séparait la partie du tout se trouve comblée.

D'un autre point de vue notre union avec Dieu est chose déjà faite. Nous sommes, nous avons toujours été, et nous serons toujours unis à Dieu, puisque tout est inséparable de Lui.

Réaliser l'union mystique ce n'est donc pas créer un nouvel état d'être.
Réaliser l'union mystique, c’est prendre conscience de l'existence de cette inaltérable union. Or c'est en prenant conscience de son existence qu'à notre niveau nous la rendons effective, car si nous sommes inconscients de l’indissociable union qui nous relie à Dieu, cette union n'existe pas pour nous...

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