Nouvelle Terre

   

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L'ÉVEIL DE LA CONSCIENCE/ECKHART TOLLE
Extraits de son livre NOUVELLE TERRE, p. 220-236
Ariane Éditions, 2005
La chose la plus importante à réaliser est la suivante: votre vie a une raison d'être intérieure et une raison d'être extérieure. La raison d'être intérieure est primordiale et concerne l'Être. La raison d'être extérieure est secondaire et concerne le faire… Celles-ci sont si entremêlées qu'il est presque impossible de parler de l'une sans parler de l'autre.
Votre raison d'être profonde, c'est de vous éveiller. Aussi simple que ça ! C'est la raison d'être que tous les humains de cette planète ont en commun puisque c'est la raison d'être de l'humanité. Cette raison d'être fait essentiellement partie de la raison d'être du Grand Tout, de l'univers et de son intelligence. Quant à votre raison d'être extérieure, elle peut changer avec le temps et varier beaucoup d'une personne à l'autre. Trouver sa raison d'être profonde et se syntoniser sur elle est ce qui nous permet de manifester notre raison d'être concrète. Sans cette syntonisation, vous pouvez certes accomplir un certain nombre de choses par l'effort, la détermination, la combativité, le travail acharné ou la ruse. Mais, aucune joie n'émane de ces accomplissements, qui finissent invariablement par la souffrance sous une forme ou une autre.
L’éveil
L’éveil est un basculement de la conscience, au cours duquel la pensée et la conscience se dissocient. Chez la plupart des gens, ce basculement ne se manifeste pas sous la forme d'un événement mais d'un processus. Même les rares êtres qui connaissent un éveil soudain et puissant, apparemment irréversible, passent eux aussi par un processus au cours duquel le nouvel état de conscience se met en place graduellement et transforme tout ce qu'ils font, pour ainsi finir par faire intégralement partie de leur vie.
Dans cet état, au lieu d'être perdu dans vos pensées, vous vous reconnaissez comme étant la présence qui se trouve justement derrière les pensées. Ces dernières cessent d'être une activité autonome prenant possession de vous et régentant votre vie. Dans cet état, c'est au contraire la présence qui prend possession de la pensée. Alors, au lieu de contrôler votre vie, la pensée devient la servante de la présence. Cette présence est en fait le lien conscient que vous entretenez avec l'intelligence universelle. Cette Présence est conscience sans pensée.
Le déclenchement du processus d'éveil est un état de grâce que l'on ne peut provoquer ni mériter, et auquel on ne peut se préparer. Aucune démarche logique n'y mène, même si le mental aimerait bien qu'il en soit ainsi. Point besoin d'en devenir digne auparavant, car il se peut que cet état arrive au pécheur avant d'arriver au saint, mais pas nécessairement… Il n'y a rien que vous puissiez faire pour provoquer l'éveil. En fait, tout ce que vous ferez émanera de l'ego qui veut rajouter l'éveil à sa panoplie et en faire sa possession la plus prisée. De ce fait, il se gonflera encore plus et se donnera davantage d'importance. Au lieu de vous éveiller, vous ne faites qu'ajouter le concept d'éveil au mental ou à l'image mentale que vous avez d'une personne éveillée ou illuminée. Vivre ainsi en fonction de l'image que vous avez de vous ou que les autres ont de vous, c'est vivre faussement. C'est un autre rôle que l'ego adopte.
Alors, s'il n'y a rien que vous puissiez faire pour l'illumination, que cela ce soit déjà produit ou bien pas encore, comment peut-elle être votre raison d'être première dans la vie ? Le terme raison d’être ne sous-entend-il pas que vous avez droit au chapitre ?
Le premier moment d'illumination, le premier aperçu de conscience sans pensée se produit par la grâce, sans que vous fassiez quoi que ce soit… Pour certaines personnes, c'est la lecture de ce livre qui déclenchera le processus d'éveil. Pour d'autres, la lecture de ce livre viendra révéler que ce processus a déjà commencé en eux et l'accélérera. Une autre fonction de ce livre est d'aider les gens à reconnaître l'ego en eux chaque fois qu'ils essaient de reprendre le contrôle et de repousser la conscience. Chez certaines autres personnes, l'éveil se produit quand elles prennent soudainement conscience du genre de pensées qui leur viennent habituellement, en particulier des pensées négatives récurrentes auxquelles elles se sont identifiées toute leur vie. Soudain, une présence est consciente de la pensée, mais n'en fait plus partie.
Quel est le lien entre présence et pensée? La présence est l'espace dans lequel les pensées existent lorsque l'espace est devenu conscient de lui-même.
Lorsque vous avez votre premier aperçu de conscience ou de Présence, vous le savez immédiatement. Ce n'est plus un concept mental. Vous pouvez alors faire le choix conscient d'être présent plutôt que de donner libre cours à des pensées inutiles. Vous pouvez inviter la Présence dans votre vie, lui faire de la place, car la grâce de l'éveil fait appel à la prise de responsabilité. Certes, vous pouvez faire comme si rien ne s'était passé. Ou bien, vous pouvez en réaliser la signification et la considérer comme la chose la plus importante pouvant vous arriver. Alors, accueillir cette conscience émergente et la faire briller en ce monde devient la raison d'être principale de votre vie.
" Je veux connaître l'esprit de Dieu, disait Einstein. Le reste n'est que détail. " Qu'est l'esprit de Dieu ? La conscience. Que veut dire " connaître l'esprit de Dieu "? Être conscient. Conscient de quoi? Des détails externes, de tout ce qui se produit concrètement, de votre raison d'être extérieure. Alors, pendant que vous attendez que quelque chose de significatif se produise dans votre vie, vous ne réalisez peut-être pas que la chose la plus significative pouvant arriver à un être humain s'est déjà produite en vous, que le processus de dissociation de la pensée et de la conscience est déjà entamé.
Nombreux sont ceux se trouvant aux premières étapes de ce processus à ne plus être certains de leur raison d'être sur le plan concret. Ce qui mène le monde n'a plus d'emprise sur eux. En voyant si clairement la folie de la civilisation, ils se sentent en marge de la culture dans laquelle ils vivent. Certains ont l'impression de vivre dans un no man's land situé entre deux mondes. Ils ne sont plus menés par l'ego, mais la conscience en herbe n'est pas totalement intégrée dans leur vie. Les raisons d'être intérieure et extérieure ne se sont pas encore harmonisées.
Dialogue sur la raison d'être intérieure
… Une chose est vraie pour vous quand elle entre en résonance avec votre être le plus profond et l'exprime, quand elle s'aligne sur votre raison d'être intérieure. C'est la raison pour laquelle je dirige toujours l'attention des gens sur leur raison d'être première, celle qui est intérieure.
Q. Je ne sais pas comment, mais je veux changer ma vie… Je veux faire quelque chose qui fasse une différence dans le monde. Mais si vous me demandez ce que je veux exactement, je dois vous avouer que je ne le sais pas. Pouvez-vous m'aider à trouver ma raison d'être dans la vie?
R. Votre raison d'être, c'est d'être assis ici et de me parler, puisque c'est là où vous êtes et c'est ce que vous faites. Jusqu'au moment où vous ferez autre chose. Alors, cette autre chose deviendra votre raison d'être... Vous n'êtes pas dans votre bureau en ce moment. Alors, ce n'est pas votre raison d'être. Quand vous êtes assis dans votre bureau et vaquez à vos occupations, alors c'est votre raison d'être. Pas pour les trente années à venir, mais dans le moment…
Aussi longtemps que vous serez inconscient de l'être, vous chercherez une signification seulement dans la dimension du faire et du futur, autrement dit dans la dimension du temps. Et toute signification ou satisfaction se transformera en déception à un moment donné et sera invariablement détruite par le temps. La signification que nous trouvons sur ce plan n'est que relativement et temporairement vraie.
Par exemple, si l'éducation de vos enfants donne un sens à votre vie, que se produira-t-il lorsque ceux-ci n'auront plus besoin de vous ou ne vous écouteront plus ? Si le fait d'aider les autres donne un sens à votre vie, vous dépendez des autres plus que de vous pour continuer à donner un sens à votre vie et à vous sentir bien. Si c'est le désir d'exceller, de faire et de réussir qui donne un sens à votre vie, que se passera-t-il si vous ne réussissez jamais ou si votre bonne étoile vous abandonne un jour, comme cela se produira probablement? Il vous faudra alors recourir à vos souvenirs et à votre imagination, compensation bien maigre pour donner un sens à votre vie. "Réussir" dans un domaine quelconque n'a de sens que si des milliers ou des millions de gens ne réussissent pas. Il faut donc que d'autres êtres humains échouent pour que votre vie ait un sens.
Je ne dis pas qu'aider les autres, prendre soin de vos enfants ou viser l'excellence soient des choses sans valeur. Pour bien des gens, ces activités constituent une importante partie de leur raison d'être dans le monde concret. Mais cette raison d'être extérieure est toujours relative, instable et impermanente. Cela ne veut pas dire qu'il faut vous abstenir de vous engager dans ces activités. Cela veut dire que vous devez les harmoniser avec votre raison d'être première et intérieure pour donner un sens plus profond à ce que vous faites.
Si vous ne vous alignez pas sur votre raison d'être première, tout objectif que vous vous donnerez, même si c'est de créer le paradis sur Terre, sera un produit de l'ego et sera détruit par le temps. Tôt ou tard, il mènera à la souffrance. Si vous ne tenez pas compte de votre raison d'être profonde, peu importe ce que vous ferez, même si cela a l'air de nature très spirituelle, l'ego s'immiscera dans le comment et le moyen viendra corrompre la fin... Autrement dit, ce ne sont ni vos activités ni vos objectifs qui sont primordiaux. C'est l'état de conscience dont ils émanent qui l'est. L’accomplissement de votre raison d'être première jette les bases d'une nouvelle réalité, d'une nouvelle Terre. Une fois que les bases sont là, votre raison d'être extérieure prend une forte coloration spirituelle étant donné que vos objectifs et intentions ne font qu'un avec la pulsion évolutive de l'univers.
La dissociation de la pensée et de la conscience, élément central de notre raison d'être, s'effectue quand on élimine le temps. Bien entendu, je ne parle pas ici du temps qui sert à prendre des rendez-vous ou à planifier un voyage. Je ne parle pas du temps-horloge, mais du temps psychologique, cette habitude profondément ancrée du mental à chercher la plénitude de la vie dans le futur, où elle ne peut être trouvée, et d’ignorer le seul point d’accès à cette plénitude : le moment présent…
Q. … Ma peur est de rester pris à faire de petites choses pour le restant de mes jours... De ne pas actualiser mon potentiel.
R. C'est à partir des petites choses que l'on honore et dont on prend soin que les grandes choses naissent. La vie de chacun n'est vraiment faite que de petites choses. La grandeur est une abstraction mentale, le fantasme favori de l'ego. Il y a un paradoxe qui veut qu'honorer les petites choses du moment présent, au lieu de poursuivre l'idée de grandeur, serve de fondation à la grandeur. Le moment présent est toujours petit dans le sens où il est toujours simple. Mais au fond de lui se cache le plus grand des pouvoirs. Le moment présent ressemble à l'atome. Il est une des plus petites choses existant, mais qui détient un pouvoir énorme. C'est seulement lorsque vous vous syntonisez sur le moment présent que vous avez accès à ce pouvoir. Ou, plus justement dit, c'est lui qui a accès à vous, et par vous, au monde…
L’anxiété, le stress et la négativité peuvent vous couper de ce pouvoir. Et l'illusion que vous êtes dissocié de ce pouvoir régissant l'univers tout entier refait surface. De nouveau, vous vous sentez seul, à vous battre contre quelque chose ou à essayer d'accomplir ceci ou cela. Mais pourquoi l'anxiété, le stress et la négativité sont-ils apparus? Parce que vous vous êtes détourné du moment présent. Et pourquoi avez-vous fait cela? Parce que vous avez pensé que quelque chose d'autre était plus important. Vous avez oublié votre raison d'être première. Une petite erreur, une mauvaise interprétation créent un monde de souffrance…
Alors, soyez loyal envers la vie en étant loyal envers votre raison d'être intérieure. Dès que vous devenez présent et, par conséquent, total dans ce que vous faites, vos gestes se dotent d'une force spirituelle. Au début, il n'y aura pas de changement notable dans ce que vous faites. Il y en aura seulement dans le comment. Votre raison d'être première est maintenant de permettre à la conscience de transpirer dans ce que vous faites. Alors que la notion de raison d'être était auparavant toujours associée au futur, une raison d'être plus profonde apparaît qui peut seulement être trouvée dans le présent, par la négation du temps.
Quand vous rencontrez des gens, au travail ou ailleurs, accordez-leur votre attention totale. Vous n'êtes plus principalement là en tant que personne, mais en tant que champ de conscience, de Présence vigilante. La raison qui vous a originellement fait entrer en contact avec l'autre personne (acheter ou vendre quelque chose, demander ou donner des renseignements, etc.) devient secondaire. Le champ de conscience créé entre vous deux devient la principale raison d'être de l'interaction. Cet espace de conscience devient plus important que ce dont vous parlez, plus important que les objets ou les pensées. L’être humain devient plus important que les objets de ce monde. Cela ne veut pas dire que vous négligez ce qui doit être fait sur le plan pratique. En réalité, le faire se déroule non seulement plus facilement, mais plus puissamment lorsque la dimension de l'être est reconnue. Le faire devient ainsi secondaire. L’avènement de ce champ unifié de conscience entre les êtres humains est le facteur le plus essentiel dans les relations sur la nouvelle Terre.
Q. La notion de succès n'est-elle qu'une illusion de l'ego? À quoi pouvons-nous mesurer le véritable succès?
R. Dans le monde, on vous dira que le succès, c'est réaliser un objectif que l'on s'est donné. On vous dira que le succès, c'est gagner, et qu'obtenir la reconnaissance des autres ou d'être prospère sont les ingrédients essentiels de la réussite. Les éléments que je viens de mentionner sont habituellement des dérivés de la réussite, pas la réussite en tant que telle. La notion conventionnelle de succès vise le résultat. Certains disent que le succès est le résultat d'une combinaison de travail acharné et de chance, ou de détermination et de talent, ou d'à-propos et de coïncidence. Bien que ces facteurs puissent être déterminants pour le succès, ils n'en sont pas l'essence. Ce que l'on ne dit pas, parce qu'on ne le sait pas, c'est que vous ne pouvez pas devenir quelqu'un qui réussit, vous pouvez seulement être quelqu'un qui réussit. Ne laissez pas un monde de folie vous dire que la réussite est autre chose qu'un moment présent réussi. Et qu'est-ce que cela? C'est un moment où vous sentez de la qualité dans ce que vous faites, même dans le geste le plus banal. La qualité exige soin et attention, éléments qui viennent avec la conscience. La qualité exige votre Présence.
Disons que vous êtes une personne d'affaires et qu'après deux années de grand stress et d'efforts, vous finissez par lancer un produit ou un service qui se vend bien et qui rapporte. Réussite ? Peut-être dans le sens conventionnel du terme. En réalité, vous passez deux ans à polluer votre corps et la Terre avec une énergie négative, à vous rendre vous et vos proches malheureux, et à avoir un impact sur de nombreux autres inconnus. La supposition inconsciente derrière tout cela est que la réussite est un événement futur et que la fin justifie les moyens. Mais la fin et les moyens ne font qu'un. Et si les moyens ne contribuent pas au bonheur humain, la fin n'y contribuera pas non plus. Le résultat, qui est indissociable des actes qui l'ont engendré, est déjà contaminé par ces actes et créera encore plus de misère. C'est le cycle de la roue karmique, la perpétuation du malheur.
Comme vous le savez déjà, votre raison d'être secondaire ou extérieure se trouve dans la dimension temporelle, alors que votre raison d'être principale est inséparable du moment présent et, par conséquent, exige la négation du temps. Comment les réconcilier ? En réalisant que votre périple de vie se résume finalement au pas que vous faites en ce moment. Il n'y a toujours que ce pas. Vous devez donc lui accorder votre attention totale. Cela ne veut pas dire que vous ne savez pas où vous allez, seulement que ce pas est primordial et la destination secondaire. Et ce qui vous attend à la destination dépend de la qualité de ce pas. Autrement dit, ce qui vous attend à l'avenir dépend de votre état de conscience dans le moment présent.
La réussite, c'est quand le faire est imbibé de la qualité intemporelle de l'être. Si l'être n'infuse pas le faire, si vous n'êtes pas présent, vous vous perdez dans ce que vous faites. Vous vous perdez aussi dans les pensées et dans les réactions aux événements.
Q. Que voulez-vous dire exactement par " vous vous perdez" ?
R. La conscience est l'essence de ce que vous êtes. Quand la conscience (vous) devient complètement identifiée à la pensée et qu'elle oublie par conséquent l'essence de sa nature, elle se perd dans les pensées. Quand elle devient identifiée aux constructions mentales et émotionnelles, entre autres le désir et la peur, principales forces de motivation de l'ego, elle s'y perd. La conscience se perd également quand elle s'identifie aux actions et aux réactions. Chaque pensée, chaque désir, chaque peur ou chaque action contient un faux sentiment de soi qui n'a pas la capacité de ressentir la joie simple de l'être et qui cherche donc le plaisir et parfois même la douleur. Quand on vit ainsi, on vit en oubliant l'être, en oubliant qui on est. Le succès n'est rien d'autre qu'une illusion éphémère. Quoi que vous accomplissiez, vous serez de nouveau malheureux. Ou bien un nouveau problème ou dilemme viendra absorber toute votre attention.
Q. Après avoir réalisé quelle est ma raison d’être profonde, comment dois-je m'y prendre pour découvrir ce que je suis sensé faire sur le plan concret?
R. La raison d'être extérieure varie d'une personne à l'autre et ne dure jamais éternellement. Elle est assujettie au temps et toujours remplacée par une autre raison d'être extérieure. La mesure selon laquelle votre dévouement à votre raison d'être profonde (1'éveil) modifie les circonstances extérieures varie grandement. Pour certaines personnes, il s'agit d'une coupure soudaine ou graduelle avec leur passé : leur travail, leur condition de vie, leurs relations subissent tous une transformation profonde. Certains de ces changements seront effectués par les gens eux-mêmes, non pas suite à un lourd processus de prise de décision, mais plutôt suite à une réalisation soudaine que c'est ce qu'ils doivent faire. La décision se prend pour ainsi dire toute seule. Elle est le produit de la conscience, pas de la réflexion mentale. Vous vous réveillez un matin et vous savez ce que vous devez faire. Alors, avant de découvrir ce qui est juste pour vous sur le plan extérieur, avant de découvrir ce qui fonctionne, ce qui est compatible avec la conscience en éveil, il vous faudra d'abord peut-être découvrir ce qui n'est pas juste, ce qui ne fonctionne plus, ce qui est incompatible avec votre raison d'être profonde.
Des changements se produisent soudainement à l'extérieur de vous. Une rencontre fortuite vous ouvre de nouvelles portes et suscite de l'expansion dans votre vie. Un vieil obstacle disparaît ou un conflit se règle. Soit vos amis vous accompagnent dans cette transformation, soit ils disparaissent de votre vie. Certaines relations se rompent, d'autres s'approfondissent. Soit on vous remercie de vos services, soit vous devenez un agent de changement positif au travail. Soit votre conjoint vous quitte, soit vous atteignez ensemble un nouveau niveau d'intimité. Il est possible que certains changements semblent négatifs en apparence. Mais vous réaliserez bien vite que de l'espace est ménagé dans votre vie pour accueillir la nouveauté.
Il y aura peut-être une période d'insécurité et d'incertitude. Qu'est-ce que je devrais faire? Comme l'ego ne mène plus votre vie, le besoin psychologique de sécurité extérieure, qui est de toute façon illusoire, diminue. Vous pouvez vivre avec l'incertitude, l'apprécier même. Une fois que vous êtes à l'aise avec l'insécurité, d'infinies possibilités s'ouvrent à vous. La peur n'est plus le facteur dominant dans ce que vous faites et elle ne vous empêche plus de passer à l'action pour amorcer le changement. Le philosophe romain Tacite fit observer que " le besoin de sécurité bloque la voie à toute grande et noble entreprise ". Si l'incertitude vous est inacceptable, elle se transformera en peur. Si elle vous est acceptable, elle se transformera en une plus grande vitalité intérieure, en vigilance et en créativité.
Il y a de cela de nombreuses années, à la suite d'une forte intuition, je délaissai complètement ma carrière de professeur, une carrière que bien des gens auraient qualifiée de prometteuse. Je la délaissai pour entrer dans l'incertitude la plus totale. Puis, plusieurs années plus tard, je me retrouvai dans la peau d'un enseignant spirituel. Bien plus tard, quelque chose de similaire se produisit de nouveau. J'eus l'intuition que je devais laisser ma maison en Angleterre et que je devais m'installer sur la côte ouest de l'Amérique du Nord. Je suivis cette intuition même si je n'en connaissais pas la raison. De cette démarche dans l'incertitude naquit Le pouvoir du moment présent, ouvrage dont la plus grande partie fut écrite en Californie et en Colombie-Britannique alors que j'étais sans domicile fixe. Je n'avais quasiment aucun revenu et vivais de mes économies qui fondaient comme neige au soleil. Mais, tout se mit en place en beauté. Mes économies s'épuisèrent au moment où j'étais sur le point de finir la rédaction de mon livre. Par ailleurs, j'achetai un billet de loterie et gagnai 1000 $, ce qui me permit de vivre pendant un autre mois.
Ce n'est cependant pas tout le monde qui passe par des changements extérieurs radicaux. Au contraire, certaines personnes restent exactement là où elles sont et continuent de faire ce qu'elles faisaient auparavant. Pour elles, c'est seulement le comment qui change, pas le quoi. Ce n'est ni la peur ni l'inertie qui les mène. En fait, ce qu'elles font est déjà un outil parfait pour permettre à la conscience d'advenir en ce monde. Elles n'en ont pas besoin d'autre. Elles aussi participent à l'avènement de la nouvelle Terre.
Q. Ne devrait-il pas en être ainsi pour tout le monde? Si l'accomplissement de la raison d’être profonde est de ne faire qu'un avec le moment présent, pourquoi devrait-on sentir le besoin de quitter un travail ou un lieu de vie ?
R. Ne faire qu'un avec ce qui est ne veut pas dire ne plus devoir prendre d'initiative pour changer les choses ni être incapable de passer à l'action. La seule différence, c'est que vous passez à l'action à partir d'un plan plus profond, pas à partir de la peur ou du désir de l'ego. Quand vous alignez ce plan profond sur le moment présent, votre conscience s'ouvre et s'aligne sur le Grand Tout, dont le moment présent fait intégralement partie. Alors, le Tout, la vie dans sa totalité agit par vous.
Qu'entendez-vous par le Grand Tout?
R. D'un côté, le Grand Tout comprend tout ce qui existe. C'est le monde, le cosmos. Toutes les choses faisant partie de l'existence, des microbes aux galaxies en passant par les êtres humains, ne sont pas des entités dissociées. Elles font partie d'un réseau de processus multidimensionnels interconnectés.
Il y a deux raisons pour lesquelles nous ne voyons pas cette unité et que nous voyons tout comme distinct. Une de ces raisons est la perception, qui réduit la réalité à ce qui nous est accessible par le biais limité de nos sens, donc par ce que nous voyons, entendons, sentons, goûtons et touchons. Mais quand nous percevons sans interpréter ni étiqueter, c'est-à-dire sans ajouter de pensée à nos perceptions, nous pouvons en fait sentir le lien profond qui unit tout ce que nous percevons comme étant dissocié.
L’autre raison, plus sérieuse, qui crée l'illusion de division, c'est la pensée compulsive. C'est quand nous sommes pris dans l'incessant flot des pensées compulsives que l'univers se désintègre pour nous et que nous perdons la capacité de sentir ce lien entre tout ce qui existe. La pensée découpe la réalité en fragments inertes. Et c'est à partir d'une réalité fragmentée que les humains posent des gestes extrêmement inintelligents et destructifs.
Cependant, il existe un niveau encore plus profond que ce lien entre toutes choses, un niveau où toutes les choses ne font qu'un. C'est le niveau de la Source, de la vie non manifestée dans son unicité. C'est le niveau de l'intelligence intemporelle qui se manifeste en tant qu'univers se déployant dans le temps.
Le Tout est fait d'existence et d'être, de manifesté et de non manifesté, de monde et de Dieu. Alors, quand vous vous syntonisez sur le Tout, vous devenez une partie consciente de ce lien dans le Tout ainsi que sa raison d'être, qui est l'avènement de la conscience dans ce monde. Quand vous vous syntonisez sur le Tout, il se produit de plus en plus d'événements divers dans votre vie: circonstances spontanées propices, rencontres fortuites, coïncidences, événements synchrones. Carl Jung a qualifié la synchronicité de " principe liant acausal ". Ceci veut dire qu'il n'y a aucun lien causal au niveau de la réalité concrète entre des événements synchrones. Il s'agit plutôt de la manifestation de l'intelligence sous-jacente au monde des apparences et de celle d'un lien profond sous-jacent que le mental ne peut comprendre. Nous pouvons participer consciemment au déploiement de cette intelligence, à l'avènement de la conscience…
Amener une nouvelle dimension dans ce monde en vivant dans une unité consciente avec le Tout et en nous alignant consciemment sur l’intelligence universelle, telles sont notre raison d’être et notre destinée.
Source:Eckhart Tolle

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Vidéo /Sortir de votre Histoire Personnelle

 

Extrait du Livre:La Conscience de L'Être / Echkart Tolle
Même lorsque je rencontre des gens ou que je me promène dans la ville, faisant des choses ordinaires, le monde m'apparaît comme des frémissements à la surface de l'être. Au dessous du monde des perceptions sensorielles et de l'activité mentale, il y a l'immensité de l'être. Il y a une vaste étendue, une vaste immobilité, et une petite activité frémissante à la surface, qui n'est pas séparée, tout comme les vagues ne sont pas séparées de l'océan.
Je ne perçois donc aucune séparation. Il n'y a pas de séparation entre l'être et le monde manifesté, entre le manifesté et le non-manifesté. Mais le non-manifesté est tellement plus vaste, profond et grand que ce qui se passe dans le manifesté. Chaque phénomène dans le manifesté est de si courte durée et si fugutif qu'effectivement, dans la perspective du non-manifesté qui est l'être ou la présence au-delà du temps, on peut presque dire que tout ce qui se produit dans le domaine du manifesté ressemble à un jeu d'ombres. C'est comparable à de la vapeur ou de la brume, où de nouvelles formes surgissent et disparaissent sans cesse. Pour celui qui est profondément enraciné dans le non-manifesté, le manifesté pourrait très facilement être qualifié d'irréel. Je ne le qualifie pas d'irréel car il ne m'apparaît pas comme étant séparé de quoi que ce soit.
Tout ce qui est réel est l'être lui-même. Seul existe la conscience, la conscience pure.
L'essence de toute forme est ce qui est immortel. Même l'essence d'un brin d'herbe est l'immortel. C'est pour cette raison que le monde des formes est sacré. Le domaine du sacré n'est pas exclusivement l'être ou le non-manifesté car même le monde de la forme, je le considère comme sacré.
Le monde est une manifestation temporaire du réel.
Pour la personne non éveillée, le monde est tout ce qui existe. Il n'y a rien d'autre. Ce mode de conscience temporel s'accroche au passé pour son identité et a un besoin désespéré du monde pour son bonheur et sa plénitude. Le monde est donc source d'une promesse énorme mais aussi d'une grande menace. C'est tout le dilemme de la conscience non-éveillée : elle est tiraillée entre le besoin de chercher une satisfaction dans et à travers le monde et le fait d'être constamment menacée par celui-ci. Une personne espère se trouver elle-même dans le monde mais en même temps, elle a aussi peur que le monde ne la tue, comme il ne manquera pas de le faire. Voilà la situation de conflit permanent auquel est condamnée la conscience non éveillée, celle d'être déchirée en permanence entre le désir et la peur. C'est un destin épouvantable.
La conscience éveillée est enracinée dans le non-manifesté et est ultimement une avec lui. Elle se sait être cela. On pourrait presque dire qu'il s'agit du non-manifesté regardant à l'extérieur. Même pour une chose simple comme de percevoir visuellement une forme, comme une fleur ou un arbre, si vous les percevez dans un état de grande vigilance et d'immobilité profonde, libre du passé ou de l'avenir, à ce moment-là, c'est le non-manifesté. A ce moment-là, vous n'êtes plus une personne. Le non-manifesté se perçoit lui-même dans la forme. Et il y a toujours une sensation de bonté dans une telle perception. C'est de là que surgit tout action et celle-ci est alors d'une toute autre qualité que l'action qui surgit de la conscience non-éveillée - qui a besoin de quelque chose et cherche à se protéger. C'est de là que surgit ces qualités intangibles et précieuses qu'on appelle amour, joie et paix. Elles font corps avec le non-manifesté. 
Extrait du Livre/ La Conscience de L'Être/Echkart Tolle
Nous recherchons tous la plénitude de la vie, ce sentiment de sagesse ou d' auto-réalisation, grâce à un événement futur. Il est impossible d' y arriver. Vous ne pouvez qu'être maintenant. Et vous ne pouvez sentir ce pouvoir qu' au présent, car c' est le pouvoir de votre Être. 
Un être humain qui vit en connexion avec cela et agit ou interagit devient une bénédiction pour la planète, alors que la personne non-éveillée pèse lourdement sur la planète. L'être non-éveillé est lourd, et la planète souffre de millions d'êtres non-éveillés. Le fardeau pour la planète est à la limite du supportable. Je le ressens parfois, comme si la planète disait " assez, ça suffit, pitié...

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