Un Sage Dit...

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Un Vieux  Sage Dit... L'Homme Jeune Marche Plus Vite Que L'ancien,Mais L'ancien Connaît la Route...

Un sage prit la parole et dit : « Pour entendre la musique de l'Âme du monde, nous avons besoin de silence. Si notre esprit est sans cesse préoccupé, agité, actif, il ne pourra avoir accès à sa source profonde. Accordons à notre esprit chaque jour des moments de calme. De ce profond silence jailliront les plus beaux fruits de l'âme : paix, douceur, joie, amour, compréhension, lumière. Le recueillement est la respiration de l'âme. Car notre esprit a autant besoin de silence que notre corps a besoin d'air. Combien d'âmes étouffent dans la vie moderne trépidante et ne peuvent trouver l'espace et le calme nécessaires à leur équilibre et à leur croissance ! » 

Un sage prit la parole et dit : « Cultivez le contentement et la sobriété. Peu de choses suffisent au bonheur de l'homme. Or nous sommes devenus esclaves de notre convoitise qui nous fait désirer toujours plus. L'exaspération du désir rend l'homme perpétuellement insatisfait. Apprenez à vous contenter de ce que vous avez déjà et débarrassez-vous de tout ce qui est superflu. Retrouvez le goût des choses simples et ne cherchez pas à posséder ce que les autres possèdent. Voilà une des grandes clés du bonheur ! » Un sage dit...

Un sage prit la parole et dit : « Cultivez la gratitude. Remerciez la vie pour tout ce qu'elle vous donne de bon. La santé, l'amour, l'amitié, le travail. Et lorsque vous perdez ces choses précieuses, remerciez encore la vie des obstacles qui vous sont envoyés pour vous faire grandir, pour vous apprendre l'humilité ou le détachement, pour vous faire voir ce que vous ne vouliez pas voir. Vivre dans la gratitude, c'est vivre le coeur grand ouvert, en résonance avec l'Âme du monde. Alors tout est grâce. 

Le sage et le guerrier

Un sage prit la parole et dit : « Un soir, un vieux sage s'adresse à son petit-fils en ces termes : “Mon enfant, il y a une lutte entre deux loups à l'intérieur de chacun de nous. L'un est mauvais et l'autre est bon.” 
Le petit-fils réfléchit quelques instants, puis demande à son grand-père : “Quel loup va gagner ? 
— Celui que tu nourris.” » 
Un sage prit la parole et dit : « Nourris ce qu'il y a de bon, de juste, de lumineux en toi. Affame ce qu'il y a de mauvais, de négatif, d'obscur. Car c'est en pratiquant la vertu qu'on devient vertueux et c'est en développant nos mauvais penchants qu'on devient vicieux. Plus nous vieillissons, plus il devient difficile de nous transformer, d'éliminer les poisons qui nous détruisent ou de développer les qualités qui sommeillent en nous. Alors ne tardez pas, ô enfants des hommes ! Prenez dès à présent, et chaque jour, bien soin du jardin de votre âme. Arrosez-le, cultivez-le, enlevez les mauvaises herbes avant qu'elles n'envahissent tout. Restez attentifs à faire pousser les bonnes graines, aussi petites soient-elles. Soyez patients et persévérants. Bientôt vous en récolterez les fruits. » 

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Un sage prit la parole et dit : « Cultivez la prudence. Ne soyez pas téméraires, impulsifs. Réfléchissez avant d'agir et mesurez les conséquences de vos actes. Mais la prudence n'est ni l'absence d'audace ni la frilosité. Être prudent signifie simplement faire preuve de lucidité et de responsabilité avant d'agir. Ce qui peut éviter bien des déboires. » 
Un sage prit la parole et dit : « Cultivez la tempérance, cette juste mesure dans les plaisirs des sens. Évitez les deux extrêmes de l'ascétisme et de la débauche. L'ascète et le débauché ne respectent pas leur corps. Le premier le détruit par le manque et le second par l'abondance. » 

Un sage prit la parole et dit : « Cultivez la patience. La vie nous éduque à la patience. Elle nous apprend à savoir attendre le bon moment pour agir, la maturation du temps pour récolter, la vertu de l'attente. La brûlure de l'impatience nous fait commettre bien des erreurs et nous plonge dans un état d'agitation intérieure qui trouble notre esprit. De même, cultivez la persévérance, c'est-à-dire la patience dans le travail et dans l'effort. Agissez avec constance jusqu'au but que vous vous étiez fixé et ne cédez pas au moindre obstacle ou découragement. » 


Un sage prit la parole et dit : « Cultivez l'esprit de service. Il n'y a aucune honte à servir les autres. Au contraire, l'homme noble aime servir le monde. Il aime mettre ses dons et ses capacités au service d'autrui et de la vie. Mais fuyez l'esprit de domination qui maintient l'homme dans l'esclavage de son ego. Celui qui aime dominer détruit son âme car il la nourrit du malheur d'autrui, de l'asservissement du monde et de la destruction de la vie. Un ancien Maître de la sagesse disait : “À quoi sert à l'homme de conquérir l'univers, s'il vient à perdre son âme ?” » 

Un sage prit la parole et dit : « Cultivez le pardon et la miséricorde. Il est difficile d'être toujours juste, vrai, bon, fidèle, vertueux. Nous chutons parfois et avons du mal à mettre en acte nos principes. Il nous arrive de blesser les autres et nous avons besoin de leur pardon pour permettre à la relation de continuer de grandir. Apprenons de même à pardonner et donnons toujours une chance à celui qui regrette son acte. La vie agit de même pour nous. Elle est miséricordieuse et nous donne toujours plusieurs chances. Le pardon et la miséricorde ouvrent encore plus notre coeur. Une blessure transformée par l'amour du pardon devient source d'une vie nouvelle. » 

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Un sage prit la parole et dit : « Cultivez la tolérance. Ne soyez pas convaincus que vous seuls possédez la vérité. Le monde est divers, les sensibilités sont variées et ce qui est bon pour l'un ne l'est pas forcément pour l'autre. De même, ce qui est tenu pour vrai dans telle culture n'est pas forcément vrai dans telle autre. L'esprit de tolérance nous permet d'élargir notre compréhension de la vie et du monde. Il ne signifie pas pour autant que tout se vaut. La démocratie vaut mieux que la tyrannie, la justice que l'injustice, l'amour que la haine. Mais il y a parfois des manières différentes de vivre et de comprendre certaines vérités universelles, sans pour autant les contredire. Quant aux vérités ultimes, celles qui concernent Dieu ou l'Absolu, nul ne peut en avoir une claire compréhension, nul ne peut prétendre les posséder, car elles échappent à notre entendement. Ce qui est transmis dans chaque culture ou civilisation n'est toujours qu'un point de vue partiel et limité. Ceux qui sont enfermés dans une posture dogmatique sont sûrs du contraire et leur coeur ne peut accueillir la vie avec humilité et autrui dans un véritable respect. » 

Un sage prit alors la parole et dit : « Écoutez, ô enfants des hommes, le sixième noble enseignement sur le juste comportement. Vivre est un art. Il faut apprendre à vivre. Adopter les attitudes justes pour progresser et se réaliser pleinement. 
Fuyez les extrêmes. La sagesse est dans la mesure et dans la subtilité. Le monde n'est ni à conquérir ni à mépriser ; la vérité n'est ni blanche ni noire ; le corps et la matière ne doivent être ni adulés ni rejetés. Comme disait un ancien maître de la sagesse : “La vertu réside dans le juste milieu, entre deux extrêmes.” 

Un sage prit la parole et dit : « C'est ainsi qu'il faut concevoir notre relation aux personnes et aux choses : un juste équilibre entre attachement et détachement. Il est tout à fait naturel que nous nous attachions à ceux que nous aimons. Il n'y a pas d'amour sans attachement. Mais il nous faut aussi apprendre à cultiver l'esprit de détachement, qui nous rappelle que nul être ne nous appartient, que chaque personne suit sa propre destinée. Ne laissons jamais le poison mortel de la possessivité envahir notre âme. Si nous ressentons de la jalousie, ce qui est aussi naturel, travaillons sur le détachement. Et acceptons l'idée de la séparation. Demain, celui ou celle que nous aimons devra peut-être nous quitter ou mourir. Il nous faut donc apprendre à nous attacher de tout notre coeur aux êtres qui nous sont chers, tout en cultivant le détachement de l'esprit, qui crée une certaine distance avec nos émotions et nous rappelle sans cesse que tout est impermanent, éphémère, que nul ne nous appartient. Gardons aussi à l'esprit que nous sommes seuls, que nous sommes nés seuls et que nous mourrons seuls. Ne cherchons pas à fuir cette solitude existentielle en nous attachant de manière excessive, dans une sorte de fusion, avec un autre être. Sachons que nous devrons tôt ou tard être séparés et apprenons à aimer en nous attachant de manière juste. 

Il en va de même pour tout : profitons de ce que la vie nous donne d'agréable – santé, maison, travail, honneur – mais ne nous y attachons pas de manière excessive. Soyons prêts à perdre ce qui nous a été donné. Cette attitude juste procure ce qu'on appelle l'“équanimité” : une distance sereine face aux événements de la vie, agréables ou douloureux. Celui qui parvient à cette équanimité est le plus libre des hommes. Rien ne peut atteindre sa sérénité. Il pourra certes ressentir tristesse et colère, plaisir et déplaisir, crainte et espoir, mais plus rien ne troublera le fond de son âme, qui demeure dans la paix. Plus aucune émotion ne le submergera au point de lui faire perdre cette joie et cet amour qui le relie à l'Âme du monde. “Un conquérant sans pitié ni scrupules s'avançait avec ses troupes dans un pays ravagé. Tous les habitants fuyaient devant lui. Ceux qui restaient, trop malades ou trop vieux pour se déplacer, les envahisseurs les massacraient, faisant partout place vide. Le conquérant franchit la porte d'un monastère abandonné, traversa la cour, entra dans plusieurs cellules inoccupées et soudain s'arrêta. Un moine d'une cinquantaine d'années se tenait là, assis en lotus, immobile et calme, les yeux mi-clos. Le conquérant s'avança alors vers le moine qui semblait ne pas le voir, tira son sabre, en plaça le tranchant sur la gorge du moine et lui dit : `Tu cherches à me braver ? Tu prétends ne pas avoir peur ? Ne sais-tu pas qui je suis ? Ne sais-tu pas que je peux te transpercer avec ce sabre sans même cligner de l'oeil ?' 
Le moine ouvrit les yeux, regarda tranquillement l'homme redoutable et lui dit : `Et toi ? Ne sais-tu pas qui je suis ? Ne sais-tu pas que je peux me laisser transpercer par ton sabre sans même cligner de l'oeil ?'” » 

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Un sage prit la parole et dit : « Cultivez l'émerveillement. Ne cessez jamais d'admirer la beauté, l'harmonie et la bonté du monde. Ne cessez jamais, tels d'éternels enfants curieux de tout, de vous interroger. “L'étonnement est le début de la sagesse”, disait un ancien maître de la sagesse, car il nous conduit à nous interroger et à découvrir l'invisible derrière les choses visibles. Il nous mène à la vérité. Il nous transporte jusqu'à l'Âme du monde. Fuyez au contraire l'indifférence à vous-mêmes, aux autres et au monde. Fuyez l'insensibilité, ne soyez jamais blasés, satisfaits ou repus. Car alors votre esprit s'endormira. Il se satisfera de quelques certitudes et ne saura plus questionner le monde. Il sera telle une vieille souche sans sève et votre vie sera sans saveur, sans intelligence et sans joie. » 

Un sage prit la parole et dit : « Cultivez l'effort. Travaillez sans cesse à vous améliorer et à réaliser quelque chose qui vous transforme. OEuvrez pour vous-mêmes, pour les autres et pour le monde. Créez, agissez, ne laissez jamais passer une journée sans avoir accompli la moindre tâche, fût-elle tout intérieure. Prenez garde à la paresse ! Le repos est nécessaire après l'activité. Mais la paresse n'est pas le repos : c'est l'absence de force et de motivation. C'est le refus de l'effort qui donne l'illusion du bien-être et du repos. Quel mensonge ! Notre corps et notre âme ont besoin d'activité, de travail, d'action pour s'épanouir. La paresse fatigue plus qu'elle ne repose. Elle nous alourdit et nous décompose. Sans action, sans effort, sans réflexion et sans activité, nous pouvons parfois encore être de quelque utilité, mais plus pour nous-mêmes. Nous avons cessé de croître et de prospérer. Nous nous sommes résignés au déclin de notre être et nous survivons en attendant la mort, sans même la désirer. » 

Un sage prit la parole et dit : « Cultivez la douceur. Soyez doux et tendres envers vous- mêmes et envers les autres. Les fruits de la douceur sont la paix du coeur et la paix du monde. Ne répondez jamais à la violence par la violence, à l'insulte par l'insulte, à la colère par la colère. La violence conduit à la destruction de soi-même et du monde. Parfois, il est juste que vos colères puissent s'exprimer. Mais apprenez à les maîtriser, à les arrêter au bon moment. Ne vous laissez pas posséder par elles, car elles pourront vous conduire à des actes que vous regretterez amèrement. » 

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Un sage prit la parole et dit : « Cultivez la bonne humeur, la gaieté, l'humour ! Rien n'est pire qu'un homme sans humour, qui ne voit dans l'existence que le sérieux, le tragique ou l'utile. L'humour ne sert à rien, mais il n'y a rien de plus indispensable à une existence heureuse. L'humour ne nie pas le tragique, mais le détourne, crée un recul avec la douleur, et peut transformer les larmes en rire. Essayez de rire chaque jour, à commencer de vous-mêmes ! La bonne humeur et la gaieté entretiennent un regard positif sur la vie et nous permettent de mieux accueillir les événements difficiles qui surviennent. 

Une mère sermonne son garçon : “Écoute, si tu es sage, tu iras au ciel, et si tu n'es pas sage, tu iras en enfer.” Le garçon réfléchit quelques secondes : “Et qu'est-ce que je dois faire pour aller au cirque ?” » 
Un sage prit la parole et dit : « Cultivez la foi et la confiance. Ce sont les deux bâtons sur lesquels vous appuyer pour avancer dans la vie. S'il n'avait foi et confiance en sa mère, le petit enfant ne pourrait prendre aucun risque. Il ne pourrait grandir intérieurement, il ne saurait se confronter au monde. Adultes, nous pouvons considérer que l'Âme du monde est notre mère. Elle veille sur nous avec bienveillance et nous donne la force pour avancer. Ayons foi en elle, ayons confiance en la vie, et prenons le risque de connaître, de marcher, de partir, de changer. La vie nous guidera toujours vers le meilleur. Chassons de notre esprit l'inquiétude qui le paralyse et nous empêche de grandir. Chassons l'anxiété qui nous ronge l'âme. Chassons le doute qui nous rend incapable de faire confiance à nos propres capacités ; qui nous rend incapables de nous appuyer sur les autres et de saisir les mains tendus ; qui détruit la foi spontanée que tout enfant a en la vie et qui est un don si précieux. » 

Un sage prit la parole et dit : « Cultivez la générosité. Soyez généreux envers la vie et la vie sera généreuse envers vous. Un ancien Maître de la sagesse disait : “Il y a plus de joie à donner qu'à recevoir.” Découvrez cette loi profonde du coeur humain : plus vous serez ouverts et généreux, plus vous serez heureux. À l'inverse si vous êtes mesquins, avares, égoïstes, votre coeur se fermera. Vos possessions et vos richesses ne vous apporteront aucun bonheur profond, aucune joie véritable. » 

Un sage prit la parole et dit : « Cultivez le courage et la force. Apprenez à dépasser vos peurs. Confrontez-vous à elles et, petit à petit, vous apprendrez à les vaincre. Certaines disparaîtront totalement, d'autres subsisteront mais ne vous paralyseront plus. Vous découvrirez que vous êtes plus forts qu'elles. » 

Un sage prit la parole et dit : « Cultivez la bienveillance et la bonté. Il y a des forces de bonté enfouies dans le coeur de tout être humain. Réveillez-les ! Voyez comme elles sont puissantes ! La bonté transforme toute amertume en douceur et toutes ténèbres en lumière. Ne jugez pas les autres. Soyez compréhensifs et patients. Voici l'histoire d'un homme très religieux et d'une prostituée qui vivent dans la même rue. Lui prie sans cesse, mène une vie pieuse et austère et enseigne le chemin de Dieu. Il croit être un saint. Un jour, il vient sermonner la prostituée qui vend son corps pour survivre. “Tu es une grande pécheresse. Ton destin sera terrible.” La pauvre femme supplie Dieu de lui pardonner. Mais elle doit continuer à exercer son métier, n'ayant pas d'autre moyen de subsistance. L'homme religieux et la prostituée meurent le même jour. Les anges viennent chercher la femme et l'emportent au ciel tandis que les démons réclament l'âme du religieux. 

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Un sage prit la parole et dit : « Cultivez l'esprit de vérité. Chassez les ténèbres de l'ignorance par la recherche sincère de ce qui est vrai. Ne mentez pas, car le mensonge est un des principaux poisons de l'âme. Il détruit en vous le sens du vrai ; il fausse toute relation et vous empêche de progresser. Parfois, cependant, l'amour peut conduire à taire des vérités trop douloureuses qui blesseraient inutilement un être. Mais soyez attentifs à ne pas vous servir de ce juste prétexte pour vivre dans le mensonge, ou surprotéger des personnes qui préféreraient connaître la vérité, sur leur état de santé, sur une infidélité ou un état amoureux, par exemple. 
N'ayez pas peur de la vérité, même si elle vous fera parfois souffrir. La vérité vous conduira vers des pays inconnus, vers des horizons nouveaux. Il vous faudra quitter le confort de vos habitudes mentales et de vos certitudes. Mais la vérité libérera votre esprit de toutes ses servitudes. » 


Un sage prit la parole et dit : « Cultivez la souplesse. La vie est en devenir permanent. La souplesse vous permet de vous adapter au mouvement de la vie. Elle vous permet de réagir avec justesse à un événement imprévu, à une attitude d'autrui qui vous surprend. Soyez souples comme le roseau, qui sait plier lorsque le vent est fort, mais qui ne rompt jamais. La rigidité, au contraire, vous rend inaptes au flux de la vie. Elle vous fixe dans des attitudes et des principes qui peuvent parfois se révéler inappropriés aux circonstances ou à l'évolution de votre être. » 

Un sage prit la parole et dit : « Cultivez la justice, cette vertu suprême sans laquelle rien ne vaut. Car quelle valeur a le courage d'un tyran ? La justice sous-tend toute action morale. Sans justice, aucune vie commune n'est possible. Sans règles qui apparaissent comme moralement justes, qui se veulent équitables et bien appliquées, sans discernement du vrai et du faux et sans sanction de la faute, aucune société n'est viable. Rien, sans doute, ne nous met plus en colère que l'injustice. Tant enfant qu'adulte. Car nous ressentons toujours l'injustice comme inacceptable. Mais distinguons bien l'injustice qui vient des hommes et contre laquelle nous devrons toujours combattre de toutes nos forces, de l'injustice que nous percevons de la vie. La vie nous apparaît en effet parfois injuste : telle personne est mieux lotie par le destin que telle autre ; nous avons fait un travail formidable et il n'est pas reconnu ; un homme mauvais va avoir une longévité et une chance incroyables, alors qu'un homme bon mourra précocement ou sera durement frappé par le sort. Il y a bien, en effet, une injustice apparente dans la vie. Mais pour nous qui croyons en l'immortalité de l'esprit, nous pensons que nul ne peut savoir ce qui est peut-être advenu dans une vie passée et ce qui adviendra certainement dans une vie future. Nous croyons que la justice de la vie ne peut se mesurer à l'aune de cette seule existence terrestre. » 

Un sage prit la parole et dit : « Cultivez l'humilité. Être humble, ce n'est pas avoir une mauvaise opinion de soi, c'est avoir une juste opinion de soi-même et être à sa place. Être humble, c'est savoir qu'on est toujours perfectible, qu'on a encore besoin de progresser, qu'on a besoin des autres. L'orgueilleux, au contraire, pense n'avoir besoin de personne. Il se croit supérieur aux autres et a une fausse image de lui-même. Bien souvent, l'orgueilleux commet de grandes erreurs de jugement, car il est aveuglé par le soleil de son ego. L'orgueilleux est ridicule. » 

Un sage prit la parole et dit : « Cultivez la tempérance, cette juste mesure dans les plaisirs des sens. Évitez les deux extrêmes de l'ascétisme et de la débauche. L'ascète et le débauché ne respectent pas leur corps. Le premier le détruit par le manque et le second par l'abondance. » 

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Un sage prit la parole et dit : « Lorsque l'âme se relie à sa source, elle peut entrer en dialogue avec elle de nombreuses manières : ce que les religions appellent “prière”. Le dialogue avec la source peut prendre la forme de l'adoration pour les croyants qui vénèrent un Dieu personnel. Cette reliance au divin nourrit et fortifie l'âme des croyants, plus que tout rituel ou acte religieux extérieur. La prière peut aussi prendre la forme de demande ou de louange. Elle peut rester aussi un “coeur à coeur” silencieux dans lequel l'homme savoure l'amour qui émane de l'Âme du monde, quel que soit le nom qu'il lui donne. Nul besoin de croire en Dieu ou en une quelconque divinité pour prier, pour remercier, pour demander, pour sentir son coeur vibrer à l'unisson du Coeur du monde. Toute parole, toute pensée, tout regard adressé à la force mystérieuse qui anime l'univers nous relie à l'Âme du monde et porte des fruits. » 

Un sage prit la parole et dit : « Lorsque vous êtes relié à l'Âme du monde, celle-ci vous inspire des idées soudaines que nous appelons “intuitions”. L'intuition est là pour nous guider au-delà de la logique rationnelle. Lorsque cette dernière est insuffisante pour évaluer une situation, l'intuition peut nous avertir d'un danger, nous guider dans une voie nouvelle, nous indiquer le caractère positif ou négatif d'une rencontre. L'intuition peut prendre aussi la forme d'une inspiration artistique ou intellectuelle. L'Âme du monde inspire à l'artiste ou au penseur une forme ou une idée. Apprenez à développer ce sens intérieur en vous reliant à votre source. Accueillez les inspirations créatrices. Laissez-vous guider par votre intuition. Vérifiez-la sur de petites choses et vous apprendrez progressivement à la reconnaître et à l'écouter. Vous pourrez alors l'utiliser pour des choix plus essentiels. » 

Un sage prit la parole et dit : « Soyez vigilants, ô enfants des hommes, à toutes vos pensées. Elles sont aussi importantes que vos actions. Les pensées créent une énergie et expriment une intention. Cette énergie et cette intention ne sont jamais sans effet, tant à l'intérieur de vous-même, que dans l'univers. Une mauvaise pensée contre une personne, par exemple, a des répercussions, tant pour elle que pour vous-même. La personne peut être atteinte et blessée sans qu'aucun acte n'ait été posé, ni aucune parole prononcée. De même votre âme sera assombrie par l'énergie négative produite par la pensée. À l'inverse, une pensée aimante et positive pourra aider une personne à distance et rendra votre âme plus lumineuse. Les pensées que vous formulez à l'égard de vous-même ou de votre vie ont les mêmes effets positifs ou négatifs. Plus vous “broyez du noir”, et plus votre vie ira mal. Mais développez des pensées positives, optimistes, confiantes, et votre existence s'embellira, des événements heureux surgiront, des difficultés se résoudront. » 

 

Un sage prit la parole et dit : « Une jeune fille, effrayée par la violence du courant, n'ose pas traverser la rivière à gué. Un vieux moine lui propose de la porter sur l'autre rive, sous les yeux réprobateurs d'un jeune moine. La jeune fille accepte. À la fin de la journée, lorsqu'ils arrivent en vue du monastère, le jeune moine dit à l'ancien : “Ce que tu as fait est honteux et interdit par notre règle ! 
— Qu'est-ce qui est honteux ? Qu'est-ce qui est interdit ? 
— Comment ? Tu as oublié que tu as porté une belle jeune femme ? 
— Ah oui..., se souvient le vieux moine en riant. C'est vrai. Mais il y a plusieurs heures que je l'ai laissée sur l'autre rive, tandis que toi, tu la portes toujours sur ton dos !” » 
Un sage prit la parole et dit : « Si nos pensées sont puissantes, nos paroles le sont aussi. Elles peuvent produire des dégâts et des miracles. Une seule parole peut anéantir une vie, comme lui redonner sens. La puissance du verbe est telle que des hommes qui savent le dominer peuvent entraîner des foules à leur suite, soulever des peuples entiers, bouleverser ou asservir des âmes. Apprenez, ô enfants des hommes, à maîtriser vos paroles. Pensez aux conséquences de vos propos.

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Un homme rend visite à un vieux sage : “Maître, je dois te raconter comment se conduit ton disciple. 
— Je t'arrête tout de suite ! interrompt le sage. As-tu passé ce que tu veux me dire à travers les trois tamis ? 
— Trois tamis ? dit l'homme étonné. 
— Tes propos doivent passer par les trois tamis. Le premier est celui de la vérité. As-tu vérifié si ce que tu veux me dire est vrai ? 
— Non, je l'ai entendu dire et... 
— Bon, alors tu as certainement fait passer tes propos à travers le deuxième tamis, celui de la bonté. Si ce n'est pas tout à fait vrai, ce que tu veux me dire est sans aucun doute quelque chose de bon ? 
— Non, bien au contraire... 
— Hum, passons tes propos au troisième tamis : est-ce que ce que tu as à me dire est utile... 
— Utile ? Pas vraiment... 
— Eh bien, conclut le vieux sage en souriant, si ce que tu as à me dire n'est ni vrai ni bon ni utile, je préfère ne pas l'entendre. Et quant à toi, je te conseille de l'oublier.” » 

Un sage prit la parole et dit : « Soyez donc vigilants à vos pensées et à vos paroles, mais efforcez-vous aussi d'avoir des actes et un mode de vie justes. Car bien des hommes ont des pensées justes et tiennent de bonnes paroles, mais ne parviennent pas à conformer leurs actions à leurs pensées et à leurs paroles. Il est plus facile d'être sages en esprit qu'en actes. Il n'y a sans doute rien de plus difficile que de mettre parfaitement en cohérence nos pensées, nos paroles et nos actes. Soyez donc vigilants et interrogez-vous chaque soir : “Ai-je agi aujourd'hui en conformité avec mes convictions, mes intentions, mes principes de vie ?” Interrogez-vous aussi sur votre manière de vivre : “Est-elle bonne, juste, équilibrée ?” Quelle place accordez-vous chaque jour aux nécessaires soins du corps et de l'âme ? Au partage avec les autres ? » 
Un sage prit la parole et dit : « Un vieux roi vient de mourir. Son fils unique monte sur le trône pour lui succéder. Conscient de son ignorance, il convoque les hommes les plus savants du royaume. Il leur demande de voyager à travers le monde pour rapporter toute la science et toute la sagesse connues à cette époque. Ils reviennent seize ans plus tard chargés de livres de toutes langues. Le roi réalise qu'une seule vie ne pourrait lui suffire pour tout lire, tout apprendre, tout comprendre. Il demande donc aux érudits de lire ces livres à sa place, puis d'en tirer l'essentiel et de rédiger pour chaque science un ouvrage accessible.
Seize années passent encore avant que les savants constituent pour le roi une bibliothèque faite des seuls résumés de toute la science et de toute la sagesse humaine. Le roi devenu vieux comprend qu'il n'aura pas le temps de lire et d'intégrer tous ces ouvrages. Il prie donc les savants d'écrire un article par science, en allant à l'essentiel. Huit années passent. Fatigué et malade, le roi demande à chacun de résumer rapidement son article en une phrase. Quatre années furent encore nécessaires pour cette tâche. ..

À la fin, un seul livre est écrit qui contient une seule phrase sur chacune des sciences et des sagesses du monde. Au vieux conseiller qui lui apporte l'ouvrage, le roi mourant murmure : “Donne-moi une seule phrase qui résume tout ce savoir, toute cette sagesse. Juste une seule phrase avant que je ne meure ! 
— Sire, dit le conseiller, toute la sagesse du monde tient en deux mots : Vivre l'instant.” » 

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Un sage prit la parole et dit : « Aucune expérience n'est profitable si elle n'est pas vécue avec attention dans l'instant présent. Les défauts d'attention entraînent des difficultés physiologiques, émotionnelles et nous limitent dans notre développement spirituel. Entraînez-vous à maîtriser votre attention : soyez présent à tout ce que vous faites. Cette vigilance à vivre “ici et maintenant” réglera bien des problèmes physiques et émotionnels, mais ouvrira aussi vos coeurs, améliorera vos relations avec les autres, vous fera vivre des expériences spirituelles fortes. Car la qualité d'attention que nous mettons en oeuvre se répercute sur les rythmes électriques du cerveau, ce qui a des répercussions sur tout l'organisme : tension musculaire, rythmes cardiaque et respiratoire... mais aussi perception, mémoire, bien-être. 

La qualité de notre présence au monde est déterminante pour tout notre équilibre émotionnel, psychologique et spirituel. Et c'est aussi en étant vraiment là, absorbé dans la rencontre avec les autres ou avec le monde, que l'on savoure l'Âme du monde. Être attentif, dans l'instant présent, à ce que nous faisons, à ce que nous ressentons, avec qui nous sommes : voilà une des clés les plus importantes de la vie bonne. » 

Un sage prit la parole et dit : « Écoutez, ô enfants des hommes, le septième noble enseignement sur l'acceptation de ce qui est. L'attitude la plus importante, la voie royale, celle qui est le couronnement de la sagesse, c'est d'acquiescer à la vie. C'est d'accepter le réel. Ne pas refuser ce qui se présente. Certaines choses peuvent et doivent être changées. Mais commençons par dire “oui” à la vie. Une maladie survient : acceptons-la et faisons ce qu'il faut pour guérir. Nous pouvons à juste titre ressentir colère et tristesse, mais dépassons-les. Nous n'aimons pas tel trait de notre physique ou tel défaut de notre caractère ? Commençons par nous accepter et nous aimer tels que nous sommes, tels que la vie nous a dotés. Mettons ensuite en oeuvre ce qu'il est possible de faire pour changer ce trait disgracieux ou améliorer ce défaut. Parfois nous sommes impuissants, car certaines choses ne dépendent pas de nous. Cela nous pousse à apprendre le “lâcher-prise”, à ne pas vouloir tout contrôler, à grandir dans la confiance, dans le détachement, dans l'humilité, dans la sérénité, dans l'amour. » 

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Un sage prit la parole et dit : « Bien souvent, nous rejetons la vie et nous croyons que c'est elle qui nous rejette. Lorsqu'une maladie ou une épreuve survient, nous sommes en colère contre la vie. Pourtant il arrive parfois que cette difficulté soit la conséquence de nos propres actes ou qu'elle nous soit envoyée pour nous faire bouger. C'est parce que nous nous sommes fermés à la vie, au changement, au réel, que bien des obstacles surgissent. Ils sont là pour nous faire évoluer. Pour nous faire prendre conscience que quelque chose n'est pas juste dans notre existence. Que nous avons refoulé dans notre inconscient un événement que nous refusons d'admettre. Mais au lieu de lire ces obstacles comme des signes de la vie, trop souvent nous nous fermons dans le refus et la crispation. Alors la souffrance ne fait qu'empirer. » 

Un sage prit la parole : « Un ancien maître de la sagesse a dit : “Ne demande pas que les événements arrivent comme tu le souhaites, mais souhaite-les comme ils arrivent et tu seras heureux.” » 

Un sage prit la parole et dit : « Ce ne sont pas les éléments extérieurs qu'il faut chercher à changer, mais nos pensées et nos croyances qui conditionnent en grande partie ce qui nous arrive. “Nous sommes ce que nous pensons”, disait un ancien Maître de la sagesse. Nos croyances et nos pensées influent de manière décisive sur le cours de notre existence. Bien souvent, ce que nous croyons ou ce que nous pensons devient notre réalité. Et nous filtrons aussi le réel en ne percevant en lui que ce qui vient confirmer nos croyances. Un homme pessimiste voit partout dans le monde des signes négatifs qui confirment son pessimisme. Un homme optimiste voit partout des signes d'espoir qui confirment son optimisme. Et la force de nos croyances ira jusqu'à produire des événements qui les confirmeront. Un homme craintif a beaucoup plus de chance de se faire agresser qu'un homme sans peur. Un homme complexé de se faire rejeter qu'un homme sûr de lui. C'est notre vision de nous-mêmes et du monde qui conditionne une bonne part des événements qui nous arrivent. 

Un homme imbu de lui-même fait couvrir de miroirs les murs et le plafond de sa chambre. Aimant s'y enfermer pour y contempler son image, il en ressort chaque fois plein d'assurance, prêt à affronter le monde. Un matin, il quitte la pièce en oubliant de refermer la porte. Son chien y entre. Voyant d'autres chiens, il les renifle, grogne, menace ; comme les reflets le menacent aussi, il se rue sur eux en aboyant furieusement. Combat violent : les batailles contre soi-même sont les plus terribles ! Le chien meurt d'épuisement. Un sage passe par là tandis que le maître du chien, attristé, fait condamner la porte de la chambre. “Laissez ouverte cette pièce, lui dit-il. Elle a beaucoup à vous apprendre. 
— Que voulez-vous dire ? 
— Le monde est aussi neutre que ces miroirs. Selon que nous sommes admiratifs ou peureux, il nous renvoie ce que nous lui donnons. Soyez heureux, le monde l'est. Soyez anxieux, il l'est aussi. Nous y combattons continuellement nos reflets et nous mourons dans la lutte contre nous-mêmes. Écoutez ceci : dans chaque être et chaque instant, heureux ou douloureux, facile ou difficile, nous ne voyons jamais que notre seule image.” 

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Un sage prit la parole et dit : « Accepte les grandes lois de la vie et rien ne te troublera. La première, c'est que tout acte produit un effet : tu récoltes souvent ce que tu as semé. Consciemment ou inconsciemment, par tes actes ou par tes pensées, en cette vie, ou peut-être en une autre. N'accuse pas la vie ou les autres. La seconde, c'est que tout est impermanent, éphémère, en perpétuel changement. Ne te crispe pas sur une illusion de stabilité et de sécurité. Accepte le changement, l'incertitude, la mort. Alors ton coeur sera toujours en paix. » 


Un sage prit la parole et dit : « On ne progresse pas malgré les épreuves et les difficultés quotidiennes, mais grâce aux épreuves et aux difficultés quotidiennes. De la même manière qu'on passe d'un étage à un autre non pas à cause des marches, mais grâce à elles. Les obstacles sont des marches qui nous font monter. Ne soyons pas les victimes des événements extérieurs, mais leurs disciples. » 

Un sage prit la parole et dit : « Apprenez à ne rien refuser de la vie. Le refus apporte bien plus de douleur que l'acceptation. Vous supporterez mieux une souffrance physique en acceptant de la vivre qu'en la rejetant. Coulez-vous dans la souffrance, laissez-vous envahir par elle comme on se laisse envahir par le froid au lieu de lutter inutilement contre lui. Étrangement, la douleur diminuera. Observez aussi la douleur comme faisant partie d'une globalité plus vaste que cette douleur. Accueillez-la, diluez-la dans le vaste vase de la conscience et elle deviendra plus supportable. » 

Un sage prit la parole et dit : « Ne rejetez pas la part d'ombre, de brouillard, de ténèbres, que vous portez en vous. En la niant ou en voulant la maîtriser de manière trop volontaire ou rigide, vous ferez croître sa force. Vous assisterez un jour au retour violent, sous forme d'acte compulsif ou de maladie, de l'obscur et du refoulé. Accueillez tout ce qui est en vous et intégrez-le à votre conscience dans une véritable acceptation de ce qui est. Puis travaillez à vous transformer, dans la confiance et dans l'amour. » 

Un sage prit la parole et dit : « Apprenez à accueillir et à aimer vos fragilités. La faille de l'être, c'est la béance par laquelle la vie nous relie les uns aux autres par l'amour.Ne nous relions pas seulement aux autres par la synergie de nos forces et de nos dons, mais aussi, et surtout, par la complémentarité de nos manques et de nos faiblesses. La vie veut que nous ayons besoin les uns des autres et que nous puissions nous soutenir dans l'amour. L'Âme du monde a fait ainsi : chaque être est doté d'un don qui lui permet d'être un soutien, une consolation ou une lumière pour les autres ; mais aussi d'une faille, d'une fêlure, d'une fragilité, qui réclame l'aide d'autrui. » 

 

Un sage prit la parole et dit : « Une vieille femme possède deux grands pots, chacun suspendu au bout d'une perche qu'elle transporte sur son épaule pour aller chercher de l'eau. À la fin de sa longue marche, du puits vers la maison, l'un des deux pots, fêlé, n'est plus qu'à moitié rempli d'eau. Le pot intact est très fier de lui. Mais le pauvre pot fêlé, lui, a honte de son imperfection, triste de ne pouvoir faire que la moitié de son travail. Au bout de deux années, il s'adresse à la vieille dame, alors qu'ils sont près du puits. “J'ai honte, car ma fêlure laisse l'eau goutter tout le long du chemin vers la maison.” La vieille femme sourit : “As-tu remarqué qu'il y a des fleurs sur ton côté du chemin, alors qu'il n'y en a pas de l'autre côté ? Comme j'ai toujours su ta fêlure, j'ai semé des graines de ton côté du chemin. Chaque jour, sur le chemin du retour, tu les as arrosées. Pendant deux ans, grâce à toi, j'ai cueilli de superbes fleurs pour décorer ma table.” » 

Un sage prit la parole : « “Le monde, vase spirituel, ne peut être façonné. Qui le façonne le détruira, qui le tient le perdra”, a dit un ancien maître de la sagesse. L'homme moderne a la prétention de vouloir totalement contrôler sa vie et son environnement. Or c'est en voulant dominer le monde que le monde lui échappe et se révolte à travers maints désordres naturels. Et c'est en voulant tout maîtriser de sa vie que sa vie lui échappe à travers le développement de nombreuses maladies physiques et psychiques. » 
Un sage prit la parole et dit : « Ne recherchons jamais la souffrance, comme le font certains hommes religieux à travers diverses mortifications du corps. Elle viendra tôt ou tard à nous. L'attitude qui consiste, inversement, à tout faire pour éviter la souffrance est aussi négative, car elle nous empêche de vivre pleinement. Nous ne prenons aucun risque. Nous évitons tout ce qui peut nous blesser. Nous ne faisons aucun effort coûteux. Notre vie devient alors étriquée et la joie de vivre disparaît. Beaucoup d'hommes sont malheureux parce qu'ils préfèrent rester dans un malheur confortable et indolore que d'accepter certains sacrifices, efforts ou choix douloureux sur l'instant, qui leur permettraient d'accéder à un bonheur beaucoup plus grand. De même qu'un malade doit parfois accepter de subir une opération pénible ou boire un remède amer pour obtenir la guérison de son corps, de même l'homme doit comprendre que les obstacles de la vie peuvent être des remèdes envoyés par le destin pour guérir ou fortifier son âme. » 

Un sage prit la parole et dit : « Il n'y a pas de métamorphose sans douleur. Pour vivre de grandes joies, il faut prendre le risque de traverser de grandes peines. » 
Un sage prit la parole et dit : « Notre vie est tissée de fils visibles et invisibles. Nous n'en voyons que les fils visibles et nous nous insurgeons parfois contre la malchance ou le destin. Mais si nous pouvions en saisir la trame invisible, nous découvririons que tout événement qui nous apparaît défavorable porte de manière cachée un sens profond qui peut nous être bénéfique. Et bien des événements que nous jugeons malheureux nous apparaîtraient comme des chances si nous avions la connaissance de la trame invisible du destin. » 

Un sage prit la parole et dit : « Voici l'histoire d'un roi dont l'excellent serviteur a pour manie de dire en toute circonstance : “Tout est pour le mieux”, ce qui agace le roi. Un jour, le roi se blesse au doigt en coupant une branche. Voyant cela, son serviteur ne peut s'empêcher de dire : “Tout est pour le mieux, ô mon roi.” 
Exaspéré, le roi l'emmène près d'un puits à sec. 
— “Je m'en vais te jeter dans ce puits, hurle-t-il, qu'en penses-tu ? 
— Tout est pour le mieux”, répond le serviteur, imperturbable.” Fou de rage, le roi le jette dans le puits. Bientôt, il se retrouve cerné par un groupe de sauvages, adorateurs d'une redoutable déesse à laquelle ils ont coutume d'offrir des hommes en sacrifice. Le roi est attrapé, ligoté et traîné jusqu'au temple de la déesse pour y être sacrifié. Le prêtre du temple remarque la plaie au doigt du roi et déclare qu'ayant une blessure, le roi est souillé et ne peut être sacrifié. Heureux d'être encore vivant, le roi se souvient des paroles de son serviteur et rebrousse chemin pour l'aider à sortir du puits où il l'avait jeté. Une fois le serviteur tiré d'affaire, il lui confie son aventure et approuve son “tout est pour le mieux” car, sans son doigt blessé, il serait déjà dans l'autre monde. Il est toutefois saisi d'un doute. 
— “Sage serviteur, ton `tout est pour le mieux', s'est révélé exact pour moi. Mais comment le justifies-tu pour toi ? 
— Sire, si vous ne m'aviez pas poussé dans le puits, j'aurais été capturé par ces sauvages et sacrifié à la déesse. Voilà pourquoi, pour moi aussi, tout est pour le mieux.” » 

Un sage prit la parole et dit : « Nous ne pouvons pas nous libérer du monde, mais nous pouvons nous libérer de notre monde : la prison de nos croyances et de notre ego. Nul ne peut changer la vie, mais chacun peut changer ses croyances et son vécu. Le bonheur et le 136 

malheur sont à l'intérieur de nous. Le paradis et l'enfer n'existent qu'en nous. » 

Un sage prit la parole et dit : « Un vieux sage est assis sur le bord de la route, les yeux fermés, les jambes croisées, les mains sur les genoux. Soudain, sa méditation est interrompue par la voix puissante et agressive d'un guerrier. “Vieil homme ! Dis-moi à quoi ressemblent le paradis et l'enfer.” Le sage ne manifeste d'abord aucune réaction. Puis, peu à peu, il ouvre les yeux et esquisse un sourire, face au guerrier planté devant lui, de plus en plus impatient et agité. 
“Tu désires connaître les secrets du paradis et de l'enfer ? Toi, avec ton allure misérable, avec tes bottes et tes vêtements boueux ? Avec tes cheveux hirsutes, ton haleine fétide, ton épée rouillée ? Toi qui es si laid, tu oses me demander de te parler du paradis et de l'enfer ?” 
Ivre de colère, le guerrier jure méchamment, sort son épée et la lève au-dessus de la tête du vieil homme. Son visage est cramoisi, les veines de son cou sont gonflées par la haine, alors qu'il s'apprête à trancher la tête du sage. 
“Cela, c'est l'enfer”, lui dit doucement le vieil homme. Le guerrier arrête net son geste et reste bouche bée de stupéfaction, de respect, de compassion, devant cet homme qui a risqué sa vie pour lui prodiguer cet enseignement. Ses yeux s'emplissent de larmes d'amour et de gratitude. “Et cela, c'est le paradis !”, conclut le sage. » 
Un sage prit la parole et dit : « Écoutez, ô enfants des hommes, la grande vérité de la sagesse éternelle : le chemin consiste à passer de la conscience égotique à la conscience universelle. La conscience égotique est duelle : il y a “moi” et “le monde”. Toute ma vie, je m'efforce de rechercher ce qui nourrit et satisfait mon ego et à fuir ce qui lui déplaît. La conscience universelle est non duelle : il n'y a plus de séparation entre moi et le monde. Dès lors, je quitte la loi mécanique de l'attraction et de la répulsion pour entrer dans la voie libre de l'acceptation de ce qui est. Je dis “oui” à l'être, au réel, à la vie. Je ne recherche plus mon intérêt égoïste dans le monde, je me sens partie intégrante du monde. Je ne dis plus : “Si le monde était bien fait, il répondrait à tous les désirs”. Mais je dis : “Mon seul désir est d'être pleinement présent et ouvert au monde tel qu'il est.” Le lâcher-prise ultime, qui se réalise dans l'attention de chaque instant, c'est celui de l'ego. Je vis alors dans la pulsation de l'Âme du monde. 
Celui qui atteint en cette vie – et de manière stable – cet état d'être devient ce que les spiritualités du monde appellent un “délivré vivant”, un “éveillé”, un “sage” ou un “saint”. L'amour devient l'unique force qui meut sa vie. La crainte a disparu. L'espoir et le temps n'existent plus. Il vit dans l'éternel instant de ce qui est. Il n'y a plus que la joie d'être. Et d'être relié à tous les êtres. L'Âme du monde oeuvre pour que toutes les âmes accèdent un jour à cet état de réalisation. » 
Un sage prit la parole et dit : « Tout le chemin de la vie, c'est de passer de l'ignorance à la connaissance, de l'obscurité à la lumière, de l'esclavage des sens à la liberté de l'esprit, de l'inaccompli à l'accompli, de l'inconscience à la conscience, de la peur à l'amour. 
Cette quête, c'est la plus belle aventure qui soit : l'aventure intérieure de la sagesse. Pour cela, peu importe que tu sois riche ou pauvre, humble ou puissant, petit ou grand. La sagesse est offerte à tous. Elle se donne gratuitement. Il suffit juste de la désirer. Et toute la vie t'apparaîtra comme ce qu'elle est : un voyage initiatique. Allons, mets-toi en marche et va vers toi-même ! Alors l'univers te sourira. » 

 

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Source/ Extrait/L'Âme du Monde/Frédérick Lenoir...☀νℯ 

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